jeudi 25 février 2021

HOMELIE 2ème Dimanche de Carême B ." La Transfiguration" Mc 9, 2-10 - 28 février 2021

 

HOMELIE 2ème Dimanche de Carême B. La Transfiguration - Mc 9, 2-10

28 février  2021

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-Le ! »

 

En écoutant ce récit de la Transfiguration, serons-nous comme les trois disciples, “qui ne savaient que dire ?”

         Pour mieux comprendre ce magnifique récit, il faut le resituer dans l’Évangile même de Marc d’où il est extrait. Dans le texte original, le récit commence par : « Six jours après… ». Que s’est-il donc passé six jours avant ? Alors que Pierre venait de reconnaître Jésus comme le Messie, Jésus annonce pour la première fois qu’Il doit souffrir sa Passion, mourir à Jérusalem puis ressusciter trois jours après. Mais en même temps, Jésus révèle bien à Pierre que celui qui veut le suivre devra porter sa “croix”. Pas facile à comprendre et accepter, et d’ailleurs Pierre aussitôt réprimande Jésus et se fait traiter  de Satan (mot hébreu qui signifie “adversaire” et qui désigne l’ennemi du genre humain).

         Puis donc, six jours après, Jésus prend avec lui les trois disciples. Il les avait déjà choisis pour être témoins de la résurrection de la fillette du chef de la synagogue de Capharnaüm (Mc 5, 37). Et il leur demandera de nouveau de l’accompagner à Gethsémani pour veiller avec lui avant d’être arrêté : là il ne s’agira plus d’une “transfiguration” glorieuse, mais d’une “défiguration”, tant Jésus est traversé par la frayeur et l’angoisse. Là, comme à la Transfiguration les disciples “ ne sauront que dire” lorsque Jésus viendra chercher un peu de réconfort. Mais comment comprendre ce destin de Jésus avant la pleine révélation de ce qu’Il est en vérité ? 

         L’événement de la Transfiguration va les préparer à traverser les turbulences de la Passion et de la Résurrection de leur maître. Ce récit est rempli d’allusions aux grandes pages de la Bible. La haute montagne où tous les grands hommes de Dieu se sont rendu pour le rencontrer : Abraham, Moïse, Élie ; la nuée, présence de Dieu qui, dans le désert,  reposait sur la tente de la Réunion où se trouvait l’Arche d’Alliance ;  Moïse, qui reçut la Torah ; Élie le prophète qui la rappela à son peuple dévoyé ; les deux “enlevés au ciel”. Jésus s’entretient avec eux : il apparaît

comme le nouveau Moïse,  législateur de la Loi nouvelle et comme le prophète des temps nouveaux. Pierre propose de dresser trois tentes : il ne s’agit pas de camping, mais du geste rituel de la fête des Tentes, Soukkot, qui célèbre l’espérance d’Israël attendant le Messie pour l’accueillir. C’est la voix du Ciel qui va authentifier le Messie comme Fils bien aimé du Père et qui invite les disciples à se ranger sous son autorité, comme le faisait la Torah :     « Écoutez-le ! » Jésus n’est-il pas la Torah définitive, qui est plus qu’un livre, si précieux soit-il, mais le Fils du Père, vivant, nous parlant, venant planter sa tente parmi nous dira St Jean au début de son Évangile (Jn 1,14) et nous introduisant comme enfants adoptés de ce Père : ne nous a-t-il pas demandé de s’adresser à Lui comme “Notre Père” ?

         Les disciples avaient bien écouté Jésus, mais l’avaient-ils compris ? Ils passeront d’une haute montagne glorieuse où le Messie “Ben David” se manifestera, comme lors de son entrée triomphale à Jérusalem (aux Rameaux), à une vallée douloureuse, Gethsémani “jardin du pressoir”, où le Messie “Ben Joseph” (Joseph, fils de Jacob, vendu par ses frères et mené esclave en Égypte avant de devenir l’intendant de pharaon). Oui,  Jésus sera broyé par la souffrance du mal et de la violence d’une humanité loin de son Dieu, comme hélas nous en sommes encore témoins aujourd’hui. Son message d’amour était alors trop fort pour les disciples. Mais Dieu, en leur envoyant son Esprit Saint, à la lumière de Pâque et de Pentecôte, leur fera comprendre que le mal et la mort n’auront pas le dernier mot. Fort de cette lumière et de cette certitude, ils iront porter leurs témoignages, et ils le feront la plupart jusqu’à la mort, comme le Fils de l’Homme qu’ils rejoindront pour entrer dans sa gloire avec Lui.

         Voilà ce qui nous est confié : 

ü Écouter Jésus vivant, ressuscité, pour témoigner de Lui aujourd’hui, Lui qui est venu pour faire de toute personne, et en particulier nos catéchumènes, un enfant bien-aimé du Père.

ü Porter l’immense espérance, particulièrement à ceux qui traversent des épreuves, que l’amour est plus fort que le mal et la mort.

A nous de prendre le relais, non sans prier chaque jour l’Esprit Saint  de nous remplir de sa lumière et de sa force : sinon, “nous ne saurions quoi dire !”

AMEN !

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