jeudi 29 septembre 2016

HOMELIE 27ème Dimanche Ordinaire Année C – Lc 17,5-10 2 Octobre 2016

HOMELIE 27ème Dimanche Ordinaire Année C – Lc 17,5-10
2 Octobre 2016

La foi

Voilà un évangile qui a l’air de parler de deux sujets sans rapport l’un avec l’autre : “La foi, si vous en aviez comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’ il vous obéirait ” Jésus exagère-t-il pas un peu ? ! Il a dû passer un peu plus au sud que Marseille ! Et puis : “Dites-vous ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : (Mot à mot, il est écrit : « Nous sommes des serviteurs non nécessaires : a-kreïosa” privatif ; “kreïos” : indispensable, nécessaire) nous n’avons fait que notre devoir”  Quel degré de détachement demande-t-Il ! De quoi parfois nous décourager ou tout au moins, nous laisser désabusés. Est-ce bien cela que Jésus veux nous faire comprendre ? Certainement pas : cela relèverait d’une forme de spiritualité de massacre qui ne rend pas heureux de servir le Seigneur.

Que veut-Il donc nous faire comprendre et qui nous réconforte ?

Avez-vous remarqué que Jésus s’adresse aux Apôtres, c’est à dire à des personnes qu’Il envoie : n’est-il pas vrai que lorsque nous entendons un appel à se mettre à son service, pour la paroisse par exemple ou pour un témoignage ou pour un service dans la cité, nous avons un peu peur ; nous ne nous sentons pas toujours capables. A la limite, tant mieux : ceux qui se croient capables risquent bien de répondre en ne comptant que sur eux-mêmes : c’est justement ce que Jésus ne veux pas. Si tu acceptes de te mettre à son service ou de témoigner de Lui, ou même de pardonner, de partager, de faire face à une épreuve, saches qu’Il te demande de le faire avec son Esprit-Saint qu’Il donne en abondance [Esprit de sagesse, d’intelligence, de force, de respect du Seigneur…7 dons reçus à la Confirmation…]. Alors, il te suffit d’avoir une foi comme un grain de moutarde, c’est à dire trois fois rien, [une tête d’épingle] ; c’est juste pour dire : “Si tu comptes sur moi, moi, Je compte sur toi !” A le faire ensemble, tu en seras étonné !

Quant au « serviteur inutile », j’avoue qu’au début de mon ministère, j’avais du mal à bien le comprendre, même si cette parole de Jésus m’invitait à ne pas chercher des ‘mérites’ mais à travailler pour Lui gratuitement comme Il me donnait Lui-même gratuitement : c’est toujours sa manière de faire, alors je ne faisais que l’imiter.
Mais, de plus, s’Il demandait de "prier le Père d’envoyer des ouvriers à sa moisson", c’est qu’Il en avait besoin ; donc, il ne s’agissait pas d’être utile ou non, mais de ne pas avoir peur de me lancer parfois dans des tâches inconnues ou qui me paraissaient largement au-dessus de mes forces. Alors, par cette parole, qui rejoint la première sur la foi, je pouvais m’engager à fond, sachant que c’est Lui encore qui travaillait avec moi et je n’avais plus à m’inquiéter si la mission marchait ou non, mais plutôt, si je lui faisais suffisamment confiance ou non. Cette parole de Jésus encore une fois est libératrice et nous permet de Le suivre sereinement et même avec joie, ce qui rend d’ailleurs notre témoignage beaucoup plus acceptable. Ne dit-on pas : “Un saint triste est un triste saint”.

Ne nous préoccupons donc pas de notre niveau de foi : si nous en avons grand comme une tête d’épingle, cela suffit à Dieu pour faire des miracles ou au moins son travail : remercions-le pour son extrême délicatesse et bonté envers nous et renouvelons tranquillement mais sûrement notre confiance en Lui.

AMEN !

vendredi 23 septembre 2016

HOMELIE 26ème Dimanche Ordinaire C, Lazare et le riche - Lc 16, 19-31. 25 Septembre 2016



HOMELIE  26ème Dimanche Ordinaire C, Lc 16, 19-31.
25 Septembre 2016

« Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent ! »

Pourquoi cette parabole très dure de Jésus ?       
      D’abord, elle affirme très clairement qu’il y a un au-delà de la mort et que Dieu veille sur les pauvres que la vie n’a pas gâtés : si le riche n’a pas de nom, le pauvre reçoit un nom : Lazare qui signifie « Dieu a secouru ». Les anges emportent Lazare auprès d’Abraham, le père des croyants. Le riche a droit à un enterrement, mais son sort est terrible : il est dans un lieu de torture et Lazare goûte le bonheur et le bien être auprès des amis de Dieu. Jésus a certainement voulu attirer notre attention sur la façon dont nous vivons aujourd’hui. Si nous sommes aveugles ou indifférents, nous installons en nous une incapacité tragique à accueillir Celui qui est particulièrement attentif à ceux qui sont éprouvés, Dieu Lui-même, qui l’a si bien montré en Jésus son Fils
          Pourquoi ce renversement des situations ?  Ce riche, tout compte fait, n’était pas un mauvais bougre puisque, dans sa torture, il pense à ses frères ! Il est même religieux puisque de façon affectueuse, il s’adresse à “ son père Abraham”. Il pense même qu’un mort revenu à la vie les convaincrait de son message. La réponse d’Abraham est inattendue : « Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent ! » “Moïse et les prophètes”, c’est tout l’enseignement de la première Alliance, que nous désignons par l’Ancien Testament. Autrement dit, ses frères vivants ont tout ce que Dieu leur a recommandé, notamment l’attention et la solidarité avec « l’étranger, la veuve et l’orphelin », catégories des pauvres qui reviennent continuellement dans la Bible.
Le riche insiste alors : « Non, père Abraham, si quelqu’un d’entre les morts vient les trouver, ils se convertiront ». Et la réponse d’Abraham tombe, presque désabusée : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus ».         
N’est-ce pas ce qui s’est passé dans la réalité et qui nous est décrit dans un autre Evangile. Connaissez-vous donc un autre Lazare dans un Evangile ? Dans St Jean, au chapitre 11 ; oui et à quelle occasion ? Lorsqu’on vient annoncer que son ami était mort, Jésus se rend à Béthanie et le rend à la vie. Mais devant ce miracle, les grands prêtres et les pharisiens, loin d’être questionnés par celui qui en est l’auteur,  décident de le faire mourir. Ils persévèreront encore lorsqu’ils apprendront que ce même Jésus qu’ils ont fait périr est ressuscité d’entre les morts et ils persécuteront les premiers disciples de Jésus. « Quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus !».      
Il est bien question de la résurrection et dans ce récit de l’Evangile de Jean, Jésus a un dialogue tout à fait intéressant avec Marthe, la sœur de Lazare : « Ton frère ressuscitera » lui dit Jésus- « Oui je sais qu’il ressuscitera lors de la résurrection au dernier jour » répondit-elle Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
         Nous avons aujourd’hui non seulement “Moïse et les Prophètes”, mais l’Evangile, qui, en mettant en pratique les prescriptions du Seigneur, nous met sur le chemin de la résurrection. Comme Marthe, à l’invitation de Jésus, passons de notre « savoir » qu’il y a une résurrection à un croire en la résurrection. « Crois-tu cela ?"

        
Parabole dure, mais parabole de réveil pour stimuler notre foi en la résurrection en écoutant la Parole du ressuscité qui nous conduit à la vie et nous ouvre un avenir si nous la mettons en pratique.
Ne venons-nous pas justement à la messe pour l’écouter, pour le rencontrer et marcher avec Lui ?

AMEN !

vendredi 16 septembre 2016

HOMELIE 25ème Dimanche Ordinaire– 'L'argent trompeur - Lc 16,1-13 18 Septembre 2016



HOMELIE  25ème Dimanche Ordinaire– Lc 16,1-13
18 Septembre 2016

La plupart des paraboles de Jésus mettent à l’épreuve notre sagesse toute humaine. Pourquoi donc nous présente-t-il en exemple la réaction très étonnante d’un maître trompé et volé par son gérant qui a falsifié les factures des clients de son maître ?
Cet homme riche ne loue pas la malhonnêteté, la rouerie de son gérant, compétent en affaire. Il fait plutôt l’éloge de son habileté. Face à son renvoi, qui le laissera dans le dénuement, le gérant se montre “avisé”.  N’est-ce pas ce que recommande Jésus à ses disciples lorsqu’il les envoie en Mission ?   « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc “avisés ” comme les serpents et candides comme les colombes ». (Matthieu 10, 16). En quoi ce “fils de ce monde” serait-il plus avisé que les fils de lumière ? Il a pris les richesses non comme une fin en elles-mêmes, mais comme un moyen pour se faire des amis lorsqu’elles viendront à lui manquer. Là encore, n’est-ce pas ce que recommande Jésus pour clore cette parabole : « Eh bien! Moi, je vous dis: faites-vous des amis avec l'Argent trompeur pour qu'une fois celui-ci disparu, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. » (Luc 16, 6).
Cependant, Jésus ne parle plus de richesse mais de “l’argent trompeur” et il utilise un terme qui est plein de signification. Le mot argent vient du grec “arguros” désignant également le métal argent. Mais ici, Jésus emploi le mot araméen “Mamôn”. C’est, pour les païens, le dieu de la richesse. La racine de ce mot est “aman”, qui exprime “ce qui supporte, sur lequel on peut s’appuyer ; ce qui est sûr, à qui l’on peut se fier, qui résiste au temps et dure”. Cette racine primaire a donné d’autres mots hébreux : “amen” d’où vient aussi “émouna”, la fidélité et même “émeth”, la vérité, la  sûreté. Jésus associe à Mamôn le qualificatif de trompeur, de malhonnête, l’opposé même de ce que suggère le mot rassurant de Mamôn. Il ne donne en effet qu’une pseudo assurance. Pris comme un dieu, un absolu, il est  comme un leurre puisqu’il peut venir à manquer. Il se montre alors trompeur, faux, et conduit à la désillusion, voire au désespoir si l’on s’y est trop attaché.
Ces propos rejoignent bien d’autres passages de l’Evangile où Jésus met en garde contre les richesses trompeuses et ce tyran qui rend esclave. « Et quel avantage l'homme a-t-il à gagner le monde entier, s'il se perd ou se ruine lui-même ? » (Luc 9,25) et aussi : « Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l'aura?  Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s'enrichir en vue de Dieu. » (Luc 12,20-21).
         Ne croyons pas être si insensibles ou invulnérables face à l’attrait de l’argent. Il fascine comme un faux dieu par toute sorte de chemins : compte en banque, boursicotage, actions, obligations et surtout, jeux d’argent aux gains mirifiques qui ruinent les petits revenus. Et puis, il donne ce sentiment de puissance qui peut tout en achetant tout, parfois même les personnes ! Jésus non seulement nous invite à prendre du recul par rapport aux richesses et à l’argent, mais il est plus radical : il nous dit bien qu’on ne peut servir deux maîtres, si opposés l’un à l’autre : l’AMEN, Dieu qui est éternellement fidèle, juste et bon, présent, et MAMON, le trompeur.
         Que l’argent, certes nécessaire,  reste véritablement pour nous un moyen; que nous en soyons les “gérants” responsables qui alimentent, à la manière d’un “gérant avisé”, notre trésor qui se trouve “dans les tentes éternelles”. Nous irons certes à contre-courant de l’opinion commune. Jésus lui aussi a affronté la dérision et, particulièrement, de ceux dont on s’y attendait le moins. Dans le verset qui suit l’évangile de ce jour, il est dit que les pharisiens, ces hommes religieux, (étymologiquement, “séparés” du peuple parce que observant scrupuleusement les préceptes de la Loi) étaient “amis de l’argent” (philarguroï) et ils se moquaient de Jésus. « Jésus leur dit: " Vous, vous montrez votre justice aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos coeurs: ce qui pour les hommes est supérieur est une horreur aux yeux de Dieu. (Luc 16,15).


AMEN !

vendredi 9 septembre 2016

HOMELIE 24ème Dimanche Ordinaire C, Paraboles de miséricorde - Lc 15,1-32 11 Septembre 2016.



HOMELIE  24ème Dimanche Ordinaire C, Lc 15,1-32
11 Septembre 2016.

Pécheur, oui, mais pécheur pardonné !

« En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter » Lc 15,1
Et que vont-ils apprendre ? « Il y  aura de la joie dans le ciel (ou devant les anges de Dieu) pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion » J’aurai bien voulu voir leurs têtes !

En effet, s’ils sont venus écouter Jésus, ils se savent pécheurs : du moins les pharisiens et les scribes, hommes de la Loi de Dieu, se chargent bien de leur faire comprendre et même de leur dire !

Mais qu’est-ce que pécher ? Pour faire simple, c’est s’éloigner de Dieu, l’ignorer, aller contre ses commandements ou contre sa conscience, bref, un état de relation abimée ou brisée. Cela peut se traduire par ne plus prier ; causer des dégâts ; commettre des injustices ; blesser quelqu’un plus ou moins grièvement : pour pécher, il faut commettre un mal, en être conscient et le vouloir. Comme nous il nous est souvent difficile de reconnaître notre péché ! Soit par orgueil, soit par la complexité de notre acte, soit par une culpabilité mal définie.
 Mais est-ce bien cela qui compte pour Dieu ?
Par les trois paraboles de la brebis perdue et retrouvée, de la pièce d’argent perdue et retrouvée, du fils prodigue et retrouvé, Jésus nous rappelle la chose essentielle, c’est que Dieu ne se résout pas à ce que nous soyons perdus. Il aime chacun d’entre nous et si nous l’avons quitté, Il nous cherche, nous envoie des signes ; Il nous attend, espérant notre retour et lorsque nous serons rentrés, Il nous accueille de nouveau sans condition, au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
C’est par notre humilité, le regard vrai porté sur nos vies et la conversion sincère, qu’il nous est possible de revenir vers Lui. Par les démarches pénitentielles que l’Eglise nous propose dans chaque liturgie, par le sacrement de Pénitence et de Réconciliation, nous sommes invités à faire sans cesse cette démarche.

Alors, le pardon plein de tendresse de Dieu, tel qu’il s’exprime dans la parabole du fils prodigue, nous recrée ; nous passons de la mort à la vie et cette résurrection nous remplit de joie et de reconnaissance. N’est-ce pas cela que nous venons célébrer dans l’Eucharistie, repartant pour la semaine en louant Dieu, en rejoignant nos frères, particulièrement dans les plus fragiles, pour partager ce bonheur ?

Oui ! Reconnaissons humblement que nous sommes pécheurs, mais pécheurs pardonnés !

Pas étonnant qu’il y ait tant de joie dans le ciel puisque Dieu nous a retrouvés.
AMEN !