vendredi 31 mai 2019

HOMELIE 7ème DIMANCHE de PÂQUES. Ac 7,55-60 - Ap 22,14-20 - Jn 17,20-26. 2 Juin 2019.


HOMELIE 7ème DIMANCHE de PÂQUES.
Ac 7,55-60 - Ap 22,14-20 -  Jn 17,20-26
 2 Juin 2019.

« Marana tha ! Notre Seigneur, viens !»

La première lecture de ce dimanche, ne vous a-t-elle pas frappée par la ressemblance de St Étienne avec Jésus ? Comme Lui, Étienne prie, "fixant ses regards vers le ciel" ;  comme Lui, il est exécuté “hors de la ville” ; comme Lui, “Il remet à Dieu son esprit” ; comme Lui, il pardonne à ses bourreaux : « Ne leur compte pas ce péché ».
Étienne avait bien compris que son Seigneur était l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin dont nous parlait l’Apocalypse en deuxième lecture. Il s’était tout donné à Lui. Il s’était identifié à Lui jusqu’à son supplice.

Jésus prie « levant les yeux au ciel » et Il prie pour nous qui, grâce à la parole des disciples réunis à cet instant autour de Lui, croiront un jour en Lui. Que demande-t-Il ? « Que tous soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé ! » Il demande au Père de pouvoir réaliser l’unité entre nous : il en va de sa propre mission.

 Pourquoi cette prière de Jésus à son Père ? Cette union n’est-elle pas le dessein divin de la Création, le sens profond de nos existences ; ce pour quoi et pour qui nous sommes faits, à l’image de la Trinité Sainte : être, nous tous, unis en elle ? Et donc, toute forme d’unité que nous pouvons construire sur terre, en famille, dans le mariage, en communauté paroissiale, dans notre pays et dans le monde entier, a sa source et sa vie en l’unité divine de la Trinité : elle est un don à demander : « Marana tha ! Notre Seigneur, viens ! », Viens la réaliser par le don de ton Esprit Saint.

Il est vrai que cette unité est bien souvent difficile à réaliser tant nous sommes divers, différents, voire opposés, qu’elle nous paraît un doux rêve irréalisable. C’est bien la place de l’Esprit de Dieu que de pouvoir pourtant la faire advenir : s’il en va par moments que nous soyons découragés, ce n’est pas étonnant. Ne sommes-nous pas dans une vie bien chargée, souvent en suractivité ou au contraire, en manque, (en raison de l’âge, de la retraite ou d’un handicap important), poussés par un désir de laisser tomber et de souhaiter être simplement avec Jésus, au repos et en paix ? 

« Alors regardons vers le ciel. » Écoutons de nouveau la voix de Jésus. Quel est le sens de cette unité ? « Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » Voilà quelle a été sa mission, voilà pour qui Il a donné sa vie : nous révéler que nous sommes aimés par le Père comme Il a aimé son Fils !

En cherchant à construire coûte que coûte l’unité autour de nous, par la foi, l’espérance et la charité reçues de Dieu, unis à tous ceux qui croient en Lui ou qui sont de bonne volonté, nous portons témoignage auprès du monde et nous participons à la mission telle que Jésus en parle, en la manifestant aujourd’hui : «  Je leur ai fait connaître ton nom [c’est-à-dire qui tu étais], et le ferai connaître [c’est un futur, donc présent aujourd’hui],  pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux »
L’unité désirée, construite et vécue conduit directement à vivre dès à présent dans l’amour de Dieu. Quelle grâce !
Comment l’en remercier ? En le priant : Alors, oui, "Marana tha ! Notre Seigneur, viens !"

AMEN !

jeudi 23 mai 2019

HOMELIE 6ème Dimanche de PÂQUES "L'Esprit-Saint vous enseignera tout". Jn 14,23-29 - 26 Mai 2019.


HOMELIE 6ème Dimanche de PÂQUES. Jn 14,23-29
26 Mai 2019.

“Le Défenseur, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, Lui vous enseignera tout…” Jn 14,26

En cette période de l’année, les Églises chrétiennes sont en marche vers la fête de la Pentecôte, où elles célèbreront le don de l’Esprit-Saint. Jésus le désigne comme le Défenseur : dans le texte original grec, on le nomme “Paraclet” : mot à mot : “Celui que l’on appelle au côté d’un accusé pour qu’il lui souffle les arguments de sa défense”).  Il peut se traduire également par “Consolateur”. Jésus le promets donc à ses disciples, qui dès le début de leur ministère, ont été victimes de persécutions.
Disciples d’aujourd’hui, l’Esprit-Saint nous est également promis. L’Église, en bientôt 2000 ans d’Histoire, a traversé des périodes troublées, difficiles, tragiques même par les persécutions dont elle a fait l’objet. Il en est encore ainsi aujourd’hui. Mais ces derniers temps, elle doit faire face à des révélations scandaleuses de la part de certains de ses ministres,  largement véhiculées par la plupart des médias. Les responsables de notre Eglise, pape et évêques se sont saisis de ces situations douloureuses qui ont blessé les victimes, leurs familles mais aussi leurs communautés.
N’oublions pas cependant la foule innombrable de laïcs, religieux, religieuses, diacres, pasteurs, prêtres et évêques au service des plus déshérités de la planète ? - Qui est en première ligne dans la lutte contre le sida en Afrique ? Les organismes des Églises - Qui se bat contre les injustices au Brésil, au Soudan, au Congo, en Afrique du Sud ? Les Églises - Qui lutte, chez nous, contre toutes les formes de misère (sans en avoir le monopole, bien sûr !) ? - Le Secours Catholique, le CCFD, la Conférence St Vincent de Paul ; la Fondation de l’Abbé Pierre, l’Ordre de Malte ; Mère de miséricorde, Magnificat, Tom Pouce (pour les mères seules ou en attente d’enfants) ; Foi et Lumière, Communautés de l’Arche et “Chez nous avec toi” (pour les handicapés) ;  et combien d’autres associations, sans compter tous les chrétiens engagés dans des associations laïques venant en aide dans tous les secteurs de pauvreté : “Resto du cœur”, “Mères pour la Paix” en Afghanistan et au Congo, “Alliance pour les Droits de la Vie”,  “Orphelinat de Bethléem” en Palestine, “Croix Rouge”, "Œuvre d’Orient", pour ne citer que celles-là: j’arrête cette énumération qui n’est évidemment pas exhaustive.
Cependant, je ne voudrais pas oublier également tous ceux qui travaillent en toute discrétion dans le cadre de leur fonction ou de leur profession, mais de façon tenace pour la justice, le respect de la vie de ses débuts à sa fin, la paix sociale et religieuse et même en politique, ou tout simplement, en cherchant toutes les occasions pour créer des relations de convivialité entre tous.
Mes sœurs et mes frères, qui lance ces femmes et ces hommes dans ces magnifiques défis, ici ou là-bas ? Une audace folle ? Une foi dans l’humanité, capable de solidarité et de recherche du bien de son semblable ? Sans doute, mais aussi une foi inconditionnelle dans les paroles de Jésus : « Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon Nom… vous enseignera tout et Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Il soutient, défend et console par ses dons : Sagesse et Intelligence, Conseil et Force, Connaissance et respect de Dieu… annonçait déjà le prophète Isaïe (Is 11,2)
Les Apôtres y croyaient tellement, nous le rappelaient la première lecture de ce jour (Ac 15,28), que lorsqu’ils ont dû prendre des décisions graves pour accueillir les païens dans l’Église naissante, eux qui étaient juifs, décrètent, comme si cela allait de soi : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes… ».
Promesse tenue aux Apôtres, promesse tenue aujourd’hui ! Êtes-vous « confirmés » ? Activez ces dons de l’Esprit qui vous ont été faits ; ne l’êtes-vous pas ? Envisagez sérieusement à recevoir ces dons par ce beau sacrement de la foi adulte : cette année 265 Yvelinois recevront ce sacrement des mains de l’évêque au jour de Pentecôte. On s’y prépare tout au long d’une année.
Qui que nous soyons, n’hésitons pas à faire appel à Lui : nous ne serons jamais déçus !
AMEN !

jeudi 16 mai 2019

HOMELIE 5ème Dimanche de PÂQUES. Jn 13, 31-35 - 19 Mai 2019.


HOMELIE 5ème Dimanche de PÂQUES. Jn 13, 31-35
19 Mai 2019.

“Maintenant le Fils de l’Homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il sera glorifié bientôt »” Jn 13,31

         Ces paroles de Jésus, après le lavement des pieds, sont là pour affermir la foi de ses disciples à quelques heures de sa Passion et de sa mort sur la croix : en effet, c’est bien sur la croix, en remettant son dernier souffle au Père, que Jésus accomplit totalement sa mission en révélant jusqu’où son amour pour son Père et pour l’humanité pouvait aller.

         "Glorifié" : ce terme utilisé  5 fois par St Jean exprime cela. Même si parfois le terme paraît un peu désuet ou pompeux, il a pourtant été mis bien en valeur cette semaine, pour nous français, par l’hommage merveilleux qui a été rendu aux deux officiers Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, tués en allant libérer les otages des terroristes au Burkina Fasso. Notre président et leurs frères d’armes, en notre nom, ont proclamé leurs mérites, leur sens du devoir et leur sacrifice.

         Dans la Bible, en hébreu, gloire se dit kavod et lourd se dit kaved. C’est dire que la gloire de quelqu’un évoque le poids de sa présence. Dire que le Fis de l’Homme est glorifié c’est dire qu’en Jésus se manifeste la présence agissante du Père : en Jésus, Dieu est présent dans notre humanité.
         Toute personne qui s’ouvre à cette présence divine et à son amour est entraîné à vivre également en relation avec les autres en les aimant à la façon dont Jésus nous aime.

Voilà notre manière de glorifier Dieu, de le rendre visible Jésus le dit bien : « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » Jn 13,35

Tâche difficile au quotidien si nous ne comptons que sur nous-mêmes. Mais n’est-Il pas présent à nous. Le même St jean n’a-t-il pas écrit dans le passage de l’Apocalypse que nous avons entendu lors de la deuxième lecture : « Il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et Lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu ? » N’est-ce pas d’ailleurs l’autre Nom de Jésus : "Emmanuel" Dieu avec nous !

Qu’Il nous remplisse de son Esprit Saint donné depuis notre baptême. Glorifions Dieu en le rendant présent par son amour qui nous habite !
 

AMEN !

jeudi 9 mai 2019

HOMELIE 4ème Dimanche de Pâques "Le Beau Pasteur" Jn 10, 27-30 – 12 Mai 2019.


HOMELIE  4ème Dimanche de Pâques Jn 10, 27-30
12 Mai  2019.

« Je suis le Bon Pasteur »

Dans les textes liturgiques de ce Dimanche, avez-vous remarqué deux images qui parlent de Jésus-Christ ? L’apocalypse le présente comme l’Agneau qui a donné son sang ; l’évangile de Jean révèle Jésus se présentant Lui-même comme le Bon Pasteur. Y aurait-il contradiction entre ces deux images ?
L’Apocalypse nous donne déjà une réponse, puisque le texte que nous venons d’entendre dit explicitement : « … L’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur Pasteur pour les conduire vers les eaux de la source de vie ».
Les images bibliques, si elles peuvent apparaître déroutantes et même opposées, sont là pour nous aider à approcher la riche réalité des situations ou des personnes. Elles ne fonctionnent pas en : « Ou Jésus est l’Agneau, ou Il est le Pasteur » mais « Jésus est à la fois l’Agneau et le Pasteur ».
Comment ? Le Christ est l’Agneau Pascal qui, selon la foi juive, rachète les hommes au prix de son sang ; Il est aussi le Serviteur de Yahvé, agneau muet qui va au sacrifice, dans le livre d’Isaïe (Is 53). Jésus n’a-t-Il pas vécu sa Passion comme ce Serviteur ? N’est-il pas mort au moment où l’on sacrifiait l’agneau pascal ?
         Mais Il est aussi, comme l’écrit l’évangile, “Beau Pasteur”, kalos, en grec,  au sens de noble, honnête, vrai ; tout différent du mercenaire qui ne travaille que pour de l’argent. Il est beau parce qu’Il connaît chacune de ses brebis, chacun d’entre nous ; Il fait attention à tous. Nous sommes tous uniques pour Lui ; nous Lui  sommes très précieux à tel point qu’Il ne veut pas se séparer de nous : Il nous donne la vie éternelle !
Le Beau/Bon, le vrai pasteur n’est pas pasteur pour lui-même, mais pour son troupeau et, parce qu’Il est uni à Celui qui est à l’origine de toute vie, Il donne vie, puisque tout son être dans son union au Père, guide le troupeau vers ce qui le nourrit, le désaltère.
Ainsi doit-il en être de ceux que l’Église, au nom du Christ, a appelés comme pasteurs. Tellement unis au Christ qu’ils sont aussi agneaux offerts. Ils donnent leur vie pour leur troupeau ; Ils connaissent les membres de ce troupeau, en prennent soin, le conduisent vers ce qui est vital. Ils restent toujours en union avec le seul Pasteur, Jésus-Christ. C’est cela qui permet de discerner une vocation sacerdotale parmi bien d’autres appels non moins nécessaires au peuple de Dieu, mais qui n’est pas la prise en charge du troupeau, comme il est demandé au Pape, à l’évêque ou au prêtre.
Mais comment discerner un appel de Dieu à ce ministère comme, d’ailleurs, à toute autre mission qu’Il voudrait nous confier ?
La première condition me semble la plus nécessaire : faire taire les bruits extérieurs, images, idéologies ou modes qui nous rendent étrangers à nous-mêmes pour trouver un silence habité. Ce silence nous fait voir l’essentiel, c'est-à-dire le dessein de Celui qui nous a fait venir à la vie parce qu’Il nous aime et qu’Il est fidèle. Alors l’envie est  non seulement de ne plus Le quitter mais de Le faire connaître à d’autres. C’est à mon sens le cœur de toute vocation : laïque, sacerdotale ou religieuse, et en tout cas celle à laquelle j’ai répondu pour ma part et à laquelle je réponds encore aujourd’hui.
C’est donc avec une immense humilité et la conscience aigüe de ne rien pouvoir faire sans Lui qu’une femme, un homme peut envisager de s’engager à répondre et à vivre son appel.
Prions pour tous ceux qui y ont répondu.
Prions pour ceux qui pensent y répondre.
Prions aussi pour ceux qui ont du mal à tenir ou qui ont failli.
Prions pour favoriser l’accueil de tels appels dans nos familles et autour de nous,
Remercions le Seigneur de nous adresser son appel et de nous en avoir jugés dignes malgré nos limites et nos faiblesses.
Enfin, prenons des moments de silence où nous rentrons en nous-mêmes pour entendre sa voix.
AMEN !