samedi 31 mars 2018

EDITO PÂQUES 2018


EDITO PÂQUES 2018  - LIEN

La Résurrection du Christ : il y a voir et voir !

Croire en la Résurrection de Jésus n’est pas chose facile ! L’Evangile de Pâques peut nous y aider (Jn 20,1-9). Marie de Magdala se rend au tombeau et voit/constate que la pierre a été enlevée. Simon-Pierre et Jean arrivent à leur tour. Jean, le premier, se penche et voit/constate ("blèpo"): “les bandelettes qui sont là, à plat”. Elles avaient enveloppé le corps de Jésus. Simon-Pierre arrive à son tour: Il voit/examine (avec un autre verbe "théorao", qui a donné "théorie")  les bandelettes et le suaire ; "posées là, en place”. On n’a donc pas enlevé le corps de Jésus. Simon-Pierre se met à chercher le sens de ce qu’il voit. Alors, entre Jean : “Il vit (aurao, qui sous une autre forme a donné "ophtalmo") et il crut” Un troisième verbe est donc utilisé qui signifie voir, mais dans le sens : « Ça y est ! J’ai vu ! J’ai compris !». St Jean, en commentant, utilise le même verbe : “ En effet, ils n’avaient pas encore vu (aurao) l’Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts”.
Voilà donc un chemin de la foi en la Résurrection de Jésus parcouru par Jean. Nous pouvons le faire à notre tour. Il y a d’abord le constat  du tombeau vide et la Résurrection de Jésus, dont les Apôtres ont été témoins pendant 40 jours et qui ont été jusqu’à donner leur vie. Suit la recherche du sens : qu’est devenu Jésus ? Y aurait-il une vie après la mort ? Etc… Enfin  pour croire, il faut voir au-delà du visible dans la prière et grâce aux témoignages de ceux qui croient aujourd’hui que Jésus est vivant en eux et autour d’eux, par leur rayonnement de bonté et de joie. Enfin, bien sûr, grâce à l’Ecriture, qui nous aide à voir/comprendre.
                           

                  


HOMELIE JOUR de PAQUES – Jn 20, 1-9 - 1° avril 2018.


HOMELIE JOUR de PAQUES – Jn 20, 1-9
1° avril 2018.

“Il vit et il crut”.

Croire en la résurrection n’est pas chose facile dans un monde rationnel qui, à l’instar de St Thomas, disciple de Jésus, ne croit que ce qu’il voit.  L’Evangile de ce dimanche nous présente le chemin de l’Apôtre Jean qui apprend à dépasser cette posture pour accéder à la merveilleuse et inattendue découverte de la Vie de Jésus Ressuscité. [Si vous le souhaitez, reportez-vous à l’EDITO du Lien de ce Dimanche de Pâques].

“Il vit et il crut”.
Qu’a-t-il "vu", Jean ? Non pas le corps de Jésus qui avait disparu, mais il a "vu/compris" que Jésus a été relevé d’entre les morts selon ce qu’annonçait les Ecritures …
Qu’a-t-il cru, Jean ? Que la vie, celle de son Maître et Seigneur, était plus forte que la mort.

Jésus, à ceux qui Le croient et accueillent son Esprit, communique le pouvoir de vivre dès maintenant dans la puissance de la résurrection. Comment ?

Comme Il l’a fait Lui-même, dans un compagnonnage avec les hommes:
Ø  Lorsque nous avons de la compassion et du soutien pour toute créature, en particulier, les "petits", ceux qui souffrent physiquement, moralement, affectivement…

Ø  Lorsque nous travaillons à la justice qui libère des situations de mort où gisent tant de femmes et d’hommes : sous-développement, chômage longue durée, exclusion, habitat indécent…

Ø  Lorsque nous acceptons de dépenser notre vie et nos biens pour d’autres.

Ø  Lorsque nous pardonnons comme Jésus, sans attendre de retour…

Ø  Lorsque nous construisons des communautés où l’individualisme fait place à la communion, le “je” au “nous”…

Ø  Lorsque nous renonçons à nous affirmer nous-mêmes, sans les autres ou contre eux, laissant de côté notre recherche d’identité pour être plus solidaires avec les autres hommes de bonne volonté…

Ø  Lorsque, dans les situations d’opposition ou de conflits, nous gardons la joie profonde d’un respect pour l’adversaire en même temps que la conviction qu’il y a une issue possible que le Seigneur connaît…

Ø  Enfin, lorsque dans les cas extrêmes, nous acceptons de donner notre vie librement et par amour, jusqu’à prier pour les assassins mêmes, comme nous en avons été témoins ces derniers jours…

Bien sûr, tout ce “compagnonnage” peut nous faire peur : on ne “voit” pas la Résurrection en oubliant la Croix, nos croix. “Si le grain de blé ne tombe enterre et ne meurt, il ne porte pas de fruit” (Jn 12,24). Alors, nous pourrons témoigner, parfois sans parole, mais toujours avec foi, que la vie est plus forte que la mort : n’est-ce pas ce que le monde, à court d’amour et d’espérance, attend aujourd’hui ?

Que l’Esprit de Jésus vivant, ressuscité nous y aide !

AMEN !

jeudi 22 mars 2018

HOMELIE Dimanche des RAMEAUX et de la PASSION B.-Mc 11,1-10 et 14 et 15 - 25 Mars 2018


HOMELIE Dimanche des RAMEAUX et de la PASSION B.
25 Mars 2018

EVANGILE DES RAMEAUX. Mc 11,1-10

Aujourd’hui, avec le dimanche des Rameaux commence la Semaine Sainte. Elle s’achèvera le jour de Pâques. En ce  jour, nous nous souvenons que  Jésus a d’abord été acclamé par la foule, qui reconnaissait en Lui “Celui qui vient au Nom du Seigneur”. Mais quelques jours après, il sera arrêté, mis en prison, jugé, torturé et mis à mort sur une croix. Et le 3ème jour, Il ressuscitera et se montrera à ses Apôtres.
Dans cet Evangile, St Marc raconte l’entrée triomphale de Jésus  à Jérusalem. Les gens de Jérusalem l’accueillent en le saluant avec des rameaux. Ces rameaux de feuillage toujours verts veulent nous rappeler que la vie ne finit pas. Ils évoquent la victoire de Jésus sur la mort, sa résurrection. Ils criaient : « Hosanna ! » ce qui veut dire, en hébreu : «  Dieu, donne le salut ! »
Jésus demande à ses disciples d’aller chercher un petit âne. Pourquoi ? Le prophète Zacharie avait prédit que le roi d’Israël viendrait à Jérusalem « juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon tout  jeune » (Za 9,9). Jésus non seulement accomplit l’Ecriture, mais se montre plein d’amour pour son peuple : Il ne monte pas sur un cheval qui était un animal puissant, réservé à la guerre, mais sur un âne qui est un animal doux, humble, fidèle, robuste, qui ne fait jamais de mal aux enfants. Les propriétaires de l’âne le comprennent très bien et ils le  prêtent volontiers au Seigneur.
A notre tour acclamons le Seigneur qui est victorieux par son amour immense.







Introduction à la Lecture de la Passion.

Le mot “Passion” vient du latin qui signifie : “souffrir”. Il désigne les épreuves très dures que Jésus a subies avant de mourir sur la croix. Jésus n’avait pas envie de mourir dans de telles souffrances. Mais Il a voulu, jusqu’au bout, être fidèle à sa mission. Devant les chefs de son peuple, Il n’a pas renié qu’Il était Dieu et c’est pour cela qu’ils l’ont condamné. Il a voulu nous montrer jusqu’où Dieu nous aimait en partageant le sort de milliers d’innocents, qui, encore aujourd’hui, sont persécutés et condamnés et exécutés. Il a cru que Dieu son Père ne l’abandonnerait pas dans la mort, même s’il s’écrie en reprenant le début du Ps. 22(21) « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Psaume qui décrit beaucoup d’éléments de la passion du Christ, mais qui s’achève par : « Tu m’as répondu ! Je vais redire ton nom à mes frères… » : C’est ce que, ressuscité, Il fera au jour de Pâques, vivant pour toujours.

A présent, écoutons attentivement ce récit de la Passion que nous donne cette année St Marc. 

Lire : Mc ch. 14 et 15.

(Pas d’Homélie mais quelques instants de silence et de contemplation.)

vendredi 16 mars 2018

HOMELIE 5ème Dimanche CARÊME. B "Qui aime sa vie la perd..." ;– Jn 12,30-33 18 Mars 2018.



HOMELIE 5ème Dimanche CARÊME. B – Jn 12,30-33
18 Mars  2018.

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » Jn 12,24.

Nous comprenons bien que la mort d’une graine en terre n’est pas une fin mais une transformation, un passage vers un autre état. Mais quel rapport avec notre propre vie ?  Bien sûr, je peux comprendre que nous ne faisons rien si nous ne donnons pas de nous-même : alors Jésus poursuit : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache (mot à mot : qui la hait) en ce monde la gardera pour la vie éternelle » Jn 12,25. Mais ne pas aimer sa vie pour s’en détacher en ce monde, il y a de quoi réfléchir et même peut-être de renoncer.

Est-ce vraiment ce que Jésus demande ? Lorsque St Jean rapporte ces paroles de Jésus, pour désigner « sa vie », il utilise le mot « psukè », (que l’on traduit aussi  par « âme ») : ce mot nous fait évidemment penser au mot « psychologie », c’est-à-dire à notre façon de regarder (et parfois juger) les gens et les choses ; à notre manière de nous comporter ; à notre mentalité, qui bien souvent est influencée et même déterminée par notre « moi », notre « ego », notre éducation, notre milieu, les choix que nous faisons, qui ne sont pas toujours dans l’esprit de l’Évangile et nous laisse bien souvent seuls. Jésus nous inviterait donc à quitter cette « vie », cette « psukè » pour qu’en nous détachant d’elle en ce monde, nous la gardions pour la vie éternelle.

Quelle est cette vie éternelle qui entre en concurrence avec notre propre vie ? St Jean n’utilise pas le même mot pour la désigner : ce mot c’est « Zoë ». Il comporte l’idée d’une force qui se manifeste particulièrement à travers le souffle et le sang. Ce qui bouge est dit vivant (l’eau de source qui coule est une « eau vivante »). C’est le même mot que Jésus utilise lorsqu’Il répond à Thomas : « Moi Je suis le Chemin et la Vérité et la Vie » Jn 14,6.
Il est en effet le « Vivant » par excellence et vivre, c’est se laisser envahir par la foi en ce Vivant ; ne plus vivre pour soi-même mais appartenir pour toujours au Seigneur.

N’est-ce pas ce que prophétisait Jérémie et que nous avons entendu dans la première lecture de ce dimanche : « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » Jr 31,33

         Laissons-nous envahir par le souffle de Son Esprit. Cela ne va pas sans bouleversements intérieurs qui peuvent effrayer comme Jésus Lui-même l’a été. Mais en regardant Celui qui a été élevé de terre, nous savons où nous allons et entrons dès à présent dans la vie éternelle.
AMEN !