mercredi 25 août 2021

HOMELIE 22°Dimanche ordinaire B. "Vous laissez le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes" Mc 7,1-8.14-15.21-23 - 29 Août 2021.

 

HOMELIE 22°Dimanche ordinaire B. Mc 7,1-8.14-15.21-23

 29 Août 2021.

 

Dans ce récit évangélique, les pharisiens viennent poser une question rituelle à Jésus qui leur répond vigoureusement : «  Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi ». Pourtant, Jésus n’attaque jamais le mouvement religieux des pharisiens né vers 135 av. JC pour refuser toute compromission politique avec les occupants grecs, païens, et tout laisser-aller dans la pratique religieuse. Il parle même avec certains d’entre eux comme Nicodème (Jn 3) ou Simon (Lc 7).  Mais Il a voulu les mettre en garde contre leurs attitudes de "séparés" (ce que signifie le mot "pharisien") qui les rendaient méprisant envers ceux qui ne faisaient pas comme eux. Ce que Jésus voulait c’était, comme l’écrit si bien St Jacques dans la lecture d’aujourd’hui, « leur donner la vie par la Parole de vérité ». Et sur les recommandations du même apôtre, les inviter à « accueillir cette Parole humblement : parce qu’elle est semée en nous, elle est capable de nous sauver »

         Il en va de même pour nous, si nous ne nous contentons pas seulement de l’écouter et que nous la mettons en pratique. Et cette mise en pratique, c’est la charité à l’égard de ceux qui en ont besoin : St Jacques désigne les orphelins et les veuves dans leur malheur, car c’étaient les catégories sociales les plus vulnérables à son époque. Mais il aurait pu nommer toutes les formes de malheur que nous rencontrons aujourd’hui, des personnes gravement malades aux victimes des guerres et des famines, des cataclysmes, en passant par les personnes âgées abandonnées, les chômeurs de longue durée ou les sans-papiers.

         Reprenons le Psaume : il présente le « juste » qui se conduit selon les commandements du Seigneur dans la vérité de son cœur. Et c’est bien cela que Jésus veut dire aux scribes et aux pharisiens qui croient rendre un culte à Dieu et acquérir la justice en observant des traditions qu’ils ont inventées au lieu de suivre le commandement de Dieu. Il est même obligé d’expliquer clairement à la foule, fascinée et empêtrée dans tous leurs rites, ce qui est pur et ce qui rend impur, c'est-à-dire ce qui est donné à l’homme et ce que l’homme produit du « dedans », c'est-à-dire au fond de lui-même, du cœur. Le cœur dans le langage biblique est le siège de l’intelligence, de la volonté et de l’affectivité. C’est en lui que s’élaborent les pensées et  que se prennent les décisions qui font passer à l’action. Jésus vient guérir les parties blessées de nous-mêmes qui nous détruisent et détruisent les autres. Il nomme ces maladies qui laissent nos cœurs battre au rythme de nos pulsions, de nos désirs ou de nos frustrations et non au rythme de son amour. C’est vraiment le médecin qui nous éclaire par son diagnostic.

        

         Ainsi, toute prière que nous adressons à Dieu, toute rencontre que nous cherchons avec Lui doit se faire dans cet espace de vérité sur nous-même, éclairé et encouragé par sa parole purificatrice. Sinon, « nous l’honorerons des lèvres, mais notre cœur sera loin de Lui » et restera malade.

 

         Que la Parole de Dieu reçue, écoutée et mise en pratique jour après jour, grâce à la prière, grâce à un missel quotidien qui la nourrit comme « Prions en Église » ou « Magnificat », grâce à une Radio Chrétienne comme  Radio-Notre Dame, ou encore grâce à une revue chrétienne ou un journal quotidien comme « La Croix » qui offre tous les jours une méditation de la Parole de Dieu et présente des actions concrètes de mise en œuvre de cette Parole, que cette Parole de Dieu atteigne notre cœur, « notre dedans » et nous accompagne chaque jour en nous faisant porter du fruit.

 

Accueillons de tout notre cœur le « Verbe de Dieu » qui vient maintenant à nous et pour nous dans cette Eucharistie.

 

AMEN !

 

jeudi 19 août 2021

HOMELIE 21° Dimanche ordinaire B. "Cette parole est dure: qui peut l'écouter" - Jn 6, 60-69 - 22 Août 2021

 

HOMELIE 21° Dimanche ordinaire B. Jn 6, 60-69

 22 Août 2021

           

« Cette parole est dure : qui peut l’écouter ? ».

 

Au terme de l’enseignement de Jésus sur le Pain de Vie, que nous avons parcouru aux longs de ces derniers dimanches d’été, il est facile de comprendre l’étonnement et la difficulté des premiers disciples qui avaient commencé à suivre Jésus. Celui-ci, en effet, leur fait le don de Lui-même : « Qui mange ma chair et boit mon sang… » ! Suivre quelqu’un dont les paroles, jusque-là, redonnaient sens et vie à la Loi que Dieu avait donnée à son peuple, c’était  merveilleux ! De plus, Il ne se contentait pas de parler, ce rabbi, mais Il accomplissait des signes et prodiges qui accréditaient ce qu’Il disait : ne venait-Il pas de nourrir des foules et de marcher sur la mer ?

Cet homme était manifestement accompagné de la puissance de Dieu : ne valait-il pas la peine de se mettre à son école, fut-elle exigeante ?

 

Mais voilà : à l’image d’un Dieu fort et qui veille sur son peuple, succède celle d’un “Fils de l’Homme” qui dit se donner à manger, “chair et sang” !

 

Et pourtant, que propose Jésus en vérité ?

De le suivre sur le même chemin que Lui. Ce chemin est fait du don de soi et de l’accueil de l’autre ; d’un amour de service et de partage ; d’un amour de convivialité en ce monde souvent égoïste et intéressé. C’est avant tout l’amour vrai que Jésus nous demande de vivre, de répandre et de protéger, parce que seul l’amour conduit à la vie : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie ».

 

Cela demande de faire un choix.

Choisir, c’est se prononcer pour un acte, un comportement, des valeurs, une personne, qui permet d’avancer ou de stagner, voire régresser.

Dans la première lecture de ce dimanche (livre de Josué ch. 24), Josué (Yehoshua) invite toutes les tribus d’Israël rassemblées à Sichem à faire un choix déterminant. Choisissez entre, d’un côté, le Seigneur qui nous a sortis de l’esclavage ; qui nous a protégés tout au long du chemin de l’Exode et qui donne la vie ; et de l’autre, les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate et qui ne sont rien.

De même, Jésus (Yehoshua) propose un choix aux disciples, sous la forme d’une question de confiance : « Voulez-vous partir, vous aussi ? ».

 

Pierre comprenait-il mieux que les autres ? Ce n’est pas sûr, mais ne voyait-il pas en Jésus quelqu’un qui l’avait appelé personnellement et qui s’engageait totalement envers lui et les hommes pour donner vie, sa vie. Il saisit toute la personne de Jésus dans son mystère et Lui fait une confiance totale : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Sans cette relation intime et forte avec son maître et Seigneur, Pierre aurait-il pu affirmer cela ?

 

Voici qu’il nous est demandé à chacun de vivre dans l’intimité avec Dieu et c’est pourquoi ce même Dieu nous offre dans chaque Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne, d’écouter sa Parole et de s’unir à Lui par le sacrement du don de soi. C’est le choix qu’Il nous demande de faire. Ne craignons pas que cette flamme de vie nous engage dans plus d’amour : elle nous accompagnera et nous protégera.

 

« On ne protège bien un feu qu’en lui permettant de brûler »

 

Que le feu de l’amour de l’Esprit Saint brûle en nos cœurs sans le consumer !

AMEN !

jeudi 12 août 2021

HOMELIE de l’ASSOMPTION. B. "La Visitation " - Luc 1, 39 - 56 - 15 Août 2021

 

HOMELIE de l’ASSOMPTION. B. Luc 1, 39 - 56

15 Août 2021    

 

Cette scène de la Visitation, pleine de grâce, à y regarder de près, a quelque chose d’étonnant, de merveilleux mais peut-être aussi de déconcertant. Deux femmes qui portent chacune la vie d’un enfant, l’une, malgré sa stérilité, l’autre malgré sa virginité, ont défié, par leur accueil du dessein de Dieu, les impossibilités humaines. En effet, là où on ne l’attendait pas, Dieu fait jaillir la vie, et quelle vie ! Celle de Jean-Baptiste, dernier des prophètes de la première Alliance et "le plus grand des enfants des hommes" (Mt 11, 11). Celle de Jésus, le Fils de Dieu. Ce sont deux humbles femmes, l’une toute jeune, l’autre plus âgée, qui bénéficient de cette action divine et se réjouissent ensemble.

         Ne nous étonnons pas que l’Assomption de Marie que les orientaux désignent par la Dormition de Marie, prolonge et épanouisse cette “ligne de vie” tracée par Dieu Lui-même.

 

         Mais l’Assomption de Marie qui en est présentée par l’Église peut en étonner certains: « La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée, corps et âme à la gloire du ciel… » [Catéchisme de l’Église Catholique, n°966]

Et cependant, quelques « enlèvements au ciel » ont déjà été mentionnés dans la Première Alliance (que nous appelons l’Ancien Testament). En Gn 5,24 : « Hénok marcha avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l’enleva » et dans Si 44,16 (Ecclésiastique) : « Hénok plut au Seigneur et fut enlevé, exemple pour la conversion des générations » et en Si 49,14.  Hénok est devenu l’une des grandes figures de la tradition juive. Mais il est également cité dans la Nouvelle Alliance en He 11,5 « Par la foi, Hénok fut enlevé, en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu ».

Le plus célèbre de ces enlèvements fut certainement celui d’Elie, enlevé au ciel sur un char de feu : 2 R 2,11.

Il en est peut-être encore ainsi de Moïse, mort au Mt Nébo, face à la Terre Sainte, dont on n’a jamais retrouvé le tombeau (Dt 34,6) ce qui est, pour le peuple de la Première Alliance le signe que Dieu l’a accueilli.

Enfin, pour Marie, une tradition de Jérusalem, antérieure au IVème siècle, le “Transitus Virginis” ou “Dormitio Mariae”,  présente les derniers instants de la vie terrestre de Marie. (http://www.mariedenazareth.com ).  La mort ne peut retenir celle qui a accueilli et chanté la Vie. Loin d’isoler Marie de notre condition humaine en en faisant un être à part, mi-femme, mi-déesse, l’Assomption est à comprendre comme une grâce accordée par le lien de Marie avec Son Fils et par son lien avec le peuple de Dieu. C’est bien parce que Jésus a été ressuscité par le Père que Marie peut, elle aussi, bénéficier de cette Vie non atteinte par la mort. La première disciple de son Fils, première croyante dans le peuple de Dieu, ne fait qu’anticiper le salut promis à tous les chrétiens. Et ce n’est sans doute pas un hasard si ce dogme fut proclamé en la fête de tous les saints, le 1er Novembre 1950 par Pie XII.     

 

         Il y a en chacun de nous quelque chose qui ne peut pas mourir. En Marie, c’est son adhésion permanente aux desseins de Dieu qui permet l’essentiel. Elle est la servante du Seigneur, la servante de la Vie, tellement accordée à Dieu qu’Il la reçoit dans ses bras.

         Cet avenir, nous le préparons pour nous lorsque nous choisissons d’être ajusté au dessein de Dieu et que nous choisissons de donner notre vie pour les autres. Accueillons la vie : alors nous franchirons à la suite du Christ, après Marie, le mur de la mort.

         C’est un modèle aussi pour l’Église qui, elle aussi, doit se hâter vers la vie, rejoindre les hommes dans leur désir de vivre et leur dire qu’ils ne seront pas déçus en plaçant leur confiance en Celui qui dit : « Je suis la Vie ». Il les conduira là où déjà se trouve Marie.

         Avec elle, réjouissons-nous et louons ensemble le Seigneur pour son merveilleux dessein !         Oui, magnifique est le Seigneur !                                   

AMEN !