jeudi 14 mai 2015

HOMELIE ASCENSION B. Mc 16,15-20 14 Mai 2015



HOMELIE ASCENSION B.  Mc 16,15-20
 14 Mai  2015

« Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle
à toute la Création »

                   Etonnante que cette finale de l’Evangile de St Marc. Une Bonne Nouvelle proclamée, au terme de laquelle la réponse doit être claire et sans appel : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné » et puis tous ces signes extraordinaires qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : comment comprendre cela sans l’associer à une quelconque offre promotionnelle de la Bonne Nouvelle ?
                   Avez-vous remarqué que St Marc n’écrit pas : « Allez proclamer la Bonne Nouvelle “à toutes les nations” ou “à toute l’humanité”. Il écrit : « A toute la création ». Ce mot n’a pas été choisi au hasard. Le Nouveau Testament nous montre l’incarnation du Christ comme une nouvelle création, comme le début du retour à l’harmonie initiale de la Création annoncée pour la fin des temps. Is 11,6-8  Le loup habitera avec l'agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon.  La vache et l'ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits. Le lion comme le bœuf mangera de la paille. Le nourrisson jouera sur le repaire de l'aspic, sur le trou de la vipère le jeune enfant mettra la main.”.  C’est bien le sens des miracles qu’accomplit le Christ: ils ne sont pas tant pour épater ou convaincre mais pour manifester le rétablissement de l’harmonie initiale telle que le Créateur l’a voulu. Gn 1-2.
                   Cette réalisation est encore à venir. St Paul, dans l’épître aux Romains constate cet inachèvement de la création: Rm 8,19
  Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu...v.22. Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement”. Elle sera totale lorsque le Christ reviendra (1ère lecture, finale des Actes des Apôtre).
                   En attendant, le Christ confie à ses Apôtres de continuer cette œuvre de restauration. C’est à nous disciples de « travailler » avec l’Esprit-Saint du Seigneur, non pas en “restant à regarder le ciel” mais en étant présents et actifs dans les réalités de ce monde et de notre société. N’y a-t-il pas des enjeux considérables, notamment à partir des toutes les questions de justice, de paix, de respect de la vie et de toutes les données de la Création ?
                   Plus que jamais la réflexion et le discernement sont à exercer devant des situations nouvelles qui engagent l’avenir et le bien-être et bien-vivre de nos contemporains et successeurs. Une prise de conscience se fait de plus en plus vive et une écologie de la nature doit être accompagnée d’une écologie humaine : Benoît XVI l’a rappelé aux « verts » du Bundestag lors de son dernier voyage en Allemagne.
                   La Bonne Nouvelle a ceci d’universel, c’est qu’elle touche à l’intime du cœur humain et de sa conscience qui le rend responsable. Mais surtout, elle nous met en relation avec notre Créateur qui veut notre bonheur: Il l’a montré en son Fils qui est « assis à la droite de Dieu» mais qui continue de « travailler avec nous en confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient » (finale de l’Evangile).
                    Ces signes ne seraient-ils pas faits aujourd’hui par toute forme de construction fraternelle qui harmonise la création qui nous est confiée ?



AMEN !




HOMELIE 7ème Dimanche de Pâques B. 17 Mai 2015



HOMELIE 7ème Dimanche de Pâques B.
17 Mai 2015

“Ils ne sont pas du monde de même que moi je ne suis pas du monde » Jn 17, 14.

Dans son discours d’adieu à ses disciples, Jésus avant de passer de ce monde à son Père, les confie à son Père. Il a accomplit sa mission qui était de veiller sur eux, malgré la défection de Judas, (preuve qu’Il laissait bien ses apôtres libres de Le suivre). A présent, les disciples, qui ont reçu le don de la Parole du Père, vont continuer sa mission et porter cette Parole au monde. Cela ne va pas être facile, car le monde les a pris en haine parce qu’ils ne sont pas du monde de même que Jésus n’est pas du monde.
Que désigne donc Jésus par “ le monde” ?
Sous la plume de Jean, “le monde” a différentes significations : le terme cosmos, kosmoV” vient de cosmeo kosmew qui signifie : agencer, ordonner. (Cosmétique a la même origine : ce qui orne pour mieux paraître !) Le monde est le lieu où vivent les humains : est-il pour autant si ordonné ? Le Seigneur y envoie ses disciples pour qu’ils soient ses témoins et pour que ce monde soit sauvé et sans doute rétabli, “ordonné”, dans l’harmonie, que lui avait donné son Créateur : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique…Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » Jn 3, 16-17. Mais, dans la Bible, il peut également désigner toutes les forces hostiles à Dieu : « Il est venu dans le monde, mais le monde ne l’a pas reconnu » Jn 1,10. Ces forces du mal sont les opposants à Jésus, ceux qui refusent d’accueillir son message, de voir clair et qui sont sous l’emprise du Mauvais. Jésus prie pour que ses disciples ne soient pas contaminés par eux, qu’ils restent fidèles à Dieu et à son envoyé et qu’ils soient témoins de la Vérité qui est Sa Parole.
                   Ce discours d’adieu s’achève par une consécration. Par sa mort et sa résurrection, Jésus devient le grand prêtre, arkihiéreus l’archi-hiéreus,arciereuV par excellence qui offre sa propre vie, afin que ses disciples soient également consacrés pour offrir à leur tour leurs propres vies. Dans la troisième prière Eucharistique, le prêtre-célébrant, après la consécration, fait cette prière : « Que l’Esprit-Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire… » Et c’est bien ce que nous sommes invités à faire tous les jours en nous conformant aux paroles de l’Evangile. Cette démarche profondément concrète et spirituelle, nous l’exprimons encore à la Messe en nous unissant au Christ et en répondant par l’AMEN à la doxologie : ce mot vient de doxa “doxa” -> ce qui fonde le renom, qui a du poids : la gloire; et loguia “logia - >la parole, le discours.
                   Où se situe cette doxologie ? C’est le chant de louange et de gloire adressé à Dieu (ou à la Trinité Sainte) qui clôt la grande prière Eucharistique, lorsque le célébrant élève à la fois le Corps et le Coupe du précieux Sang du Christ en chantant le plus souvent :
« Par Lui, avec Lui et en Lui,
 à Toi Dieu le Père tout-puissant
dans l’unité du Saint-Esprit,
tout honneur et toute gloire
pour les siècles des siècles. »

                   C’est le sommet de toute l’Eucharistie [Action de grâce] à laquelle nous sommes associés.

                   En nous unissant ainsi à Lui, en nous préparant cette semaine à la fête de Pentecôte, « que la joie de Jésus soit en nous et que nous soyons comblés de joie » selon sa prière.


AMEN !




jeudi 7 mai 2015

HOMELIE 6° Dimanche de PÂQUES. Année B 10 Mai 2015. - Jn 15, 9-17





HOMELIE 6° Dimanche de PÂQUES. Année B
10 Mai 2015. - Jn 15, 9-17

   “Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres”
Jésus a dit cette parole quelques heures avant sa mort sur la Croix : c’est dire que c’est un peu comme son Testament. Mais n’y a-t-il pas quelque chose d’un peu étonnant dans ce qu’Il demande ? Comment peut-on “commander” “d’aimer” ? N’est-ce pas un peu contradictoire ?
Aimer ne suppose-t-il pas un élan, fait de désir, qui entraîne et engage une personne dans sa liberté ? Peut-on aimer sur commande ? Que veut donc dire Jésus ?
  Et tout d’abord, qu’est-ce qu’aimer ? La plupart du temps, nous n’utilisons en français qu’un mot pour exprimer plusieurs réalités que d’autres langues ont su traduire. Pour ne rester qu’en Europe: en anglais, “I like, I enjoy, I care for et I love” ; en allemand, “Ich habe Gern, Ich habe Gefallen ou Ich liebe” ; en espagnol : “ Te quiero, me gustas ou te amo” – 7 mots en hébreux, 28 en arabe, parait-il  !
  Aimer est un sujet si important qu’il ne faut pas s’étonner que notre Pape Benoît XVI en ait fait le thème de sa première Encyclique donnée le 25 Décembre 2005 en la fête de Noël : « Deus caritas est » qui est traduit par : « Dieu est amour »
    Il présente les trois mots qui désignent les trois réalités de l’amour dans la Bible : éros, eroV"” (désir : en français, ce mot a pris une connotation sexuelle : mais il exprime le plaisir, la joie de la vraie rencontre),  philia filia(amitié, relation gratuite, plurielle…) et agapè agaph(don de soi et accueil de l’autre, ou l’on cherche son bien, sa réussite, son épanouissement, son bonheur partagé). Benoît XVI réconcilie ces trois réalités en les présentant comme bonnes puisque voulues par le Créateur et en même temps invite à les purifier pour que nous ne tombions pas dans les mirages de l’amour qui ne serait qu’égoïsme, narcissisme, enfermement sur soi et destructeur de nous-mêmes et des autres ; un amour pour lequel mes semblables ne  compteraient que dans la mesure où ils sont comme moi ou ont un intérêt pour moi. Tu ne m’intéresse plus : je te jette ;  c’est l’amour kleenex !
Quand Jésus parle d’aimer, Il parle de donner sa vie ou de sa vie : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis».
Mais Il commande d’aimer. Commander : cela n’a-t-il pas un côté un peu obligatoire, autoritaire, contraignant et un rien « volontariste » ?
Le texte grec dans lequel sont écrit les Evangiles, autorise pour le mot commander la traduction : « prescrire » « en-tolè » « entol » comme un médecin  « prescrit une ordonnance ». Il y a bien la notion « d’ordre » mais celui-ci est laissé au bon vouloir du malade pour lequel il ne dépend qu’à lui de suivre l’ordonnance s’il veut guérir.
Dans le fond, Jésus est comme un médecin qui veut nous garder en bonne santé et « que sa joie soit en nous et que nous soyons comblés de joie ». Il nous prescrit: Allez à la rencontre les uns des autres et créez entre vous des relations amicales, serviables, festives, créatrices, dans lesquelles vous donnez de vos efforts, de votre talent, de votre vie pour que tous vivent mieux et soient plus heureux : et vous le serez vous aussi ! En particulier, soyez attentifs à ceux qui portent des handicaps de tout genre : physiques, psychiques, affectifs, métaphysiques et même spirituels. Toute personne doit compter pour vous et votre vie sera dense pleine de sens. Et si cela peut vous paraître bien difficile dans certains cas, Je vous ai promis mon aide.
L’occasion de mettre en application cette « ordonnance de Jésus : aimez-vous les uns les autres » n’est pas réservée qu’aux fiancés qui préparent leur mariage (comme à notre session aujourd’hui) : elle est adressée à tous et nous fait tous entrer dans l’amitié avec Jésus notre Dieu. N’ayons pas peur de suivre Celui qui nous « prescrit » de nous aimer : Il nous en a montré le chemin : il conduit au vrai bonheur. Humblement mais avec confiance, « demandons-le au Père en son Nom : Il nous l’accordera »                                              
 AMEN !