mercredi 9 septembre 2026

HOMÉLIE 24ème Dimanche Ordinaire A. “Le Pardon : jusqu’à combien de fois ? " Mt 18, 21-35 - 13 Septembre 2026

 

HOMÉLIE 24ème  Dimanche Ordinaire A. Mt 18, 21-35

13 Septembre 2026

“Le Pardon : jusqu’à combien de fois ? »

A la question de Pierre de savoir jusqu’à combien de fois faut-il pardonner, Jésus répond « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois 7 fois ». Pourquoi donc ce chiffre ? Les forts en calcul, ne vous cassez pas la tête (ici, c’est facile : 490 fois !), c’est une vieille histoire qui remonte aux origines de l’humanité. En Gn 4, 15, après que Caïn ait tué Abel, Dieu va mettre un signe sur lui pour que personne, en le rencontrant, ne le frappe et Il dit : « Si l’on tue Caïn, il sera vengé 7 fois. ». Dieu veut tuer dans l’œuf le cycle infernal de la vengeance qui prend rapidement de l’ampleur, puisque, 4 générations après, son descendant Lamek lance à ses femmes ce terrible chant : « J’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. Caïn sera vengé 7 fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois ! » Gn 4, 23-24.

Jésus, en reprenant ces chiffres continue d’exprimer la volonté absolue de son Père d’éradiquer totalement toute violence et invite ses disciples à apprendre le pardon.

Mais que c’est difficile de pardonner, surtout à chaud ! Vous connaissez les expressions : « Je ne lui pardonnerai jamais ! » ou « Il m’en a trop fait voir ! » ou encore « Je veux bien être bon mais pas être poire ! ». Autant dire que pardonner n’est pas chose naturelle.

Si Jésus le demande, c’est qu’Il le fait aussi, en particulier sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 24,34). Le Psaume de la messe de ce dimanche, répond à la demande de Jésus à son Père : « Dieu remet loin de nous nos péchés aussi loin qu’est l’orient de l’occident » (Ps 102, 12).  

Et si, en se préparant à pardonner, on pouvait créer un espace et un temps où le pécheur pourrait prendre conscience de son péché en le reconnaissant et ainsi se disposer à renaître à l’amour et à la vie ?                                                                                            

C’est valable aussi pour chacun de nous pécheur quand nous prenons conscience  de notre péché et des dégâts qu’il a pu causer, en cherchant notre part de responsabilité. Alors, nous pouvons entrer dans un chemin où nous veillerons à ne pas retomber dans ce péché mais au contraire à faire renaître notre capacité à aimer, par la bienveillance, la gratitude, le renoncement à toute forme  de jugement qui catalogue ou bien exclut…   Nous pourrons même, en toute confiance, aller déposer le fardeau de nos péchés aux pieds de Celui qui donne son pardon et fait renaître "à la vie pour le Seigneur" comme l’écrit St Paul dans la 2ème lecture (Rm 14,2) en recevant le sacrement de Pénitence et Réconciliation.                                                                               

Mais qu’est-ce que pardonner ?  Voici ce qu’écrit le P. Varillon : “… Pardonner, c’est la forme supérieure du don. J’insiste toujours pour qu’on écrive par-donner, avec un petit tiret, pour qu’on mette en valeur le préfixe « par » qui, dans plusieurs langues, signifie à fond, jusqu’au bout…. Les hommes ont toutes les peines du monde à se pardonner vraiment. La forme supérieure du don, c’est le don de la paix. Pardonner, c’est effacer mon ressentiment, piétiner mon orgueil, faire la paix, la construire. Le pardon n’est pas un coup d’éponge, il est une re-création : pardonner, c’est permettre un nouveau départ. Nous sommes là au cœur de la spiritualité. Le refus du  pardon, c’est le péché qui ne peut pas être pardonné, par la force des choses.”

Une dernière objection : « De quoi aurais-je l’air si je fais le premier pas, si je pardonne ? » Je réponds : « Tu as l’air de Jésus lui-même : Il pardonne à Pierre qui trahit;  à ses bourreaux… »

Alors, demandons sans cesse la force de l’Amour divin, infini, riche en miséricorde: il est le seul à pouvoir nous entraîner à pardonner. Prions sérieusement le Notre Père lorsque nous disons à Dieu : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé… ».     

 AMEN !


jeudi 27 août 2026

HOMELIE 22ème Dimanche Ordinaire, A "Si quelqu’un veut marcher à ma suite… " -Mt 16,21-27 - 29 Août 2026

 

HOMELIE 22ème  Dimanche Ordinaire, A Mt 16,21-27

29 Août  2026

 

Si quelqu’un veut marcher à ma suite… »

 

Dimanche dernier, Jésus avait loué Pierre inspiré par Dieu et l’avait choisi comme le roc pour bâtir son Église ; aujourd’hui Il le traite de “Satan” !

         Satan, en hébreu, signifie : “ennemi, adversaire” – “Diabolos” en grec : celui qui se jette (ballos- ballon) en travers.

“Tu es un obstacle”, un “skandalôn”, qui fait trébucher

         Passe derrière moi”, autrement dit : c’est moi le Maître, je suis devant ; tu es mon disciple, tu es derrière ; tu as à me suivre.

            Pierre, comme les disciples, comme nous-mêmes, spontanément voudrait que Jésus manifeste immédiatement qu’Il est Fils de Dieu et donc, qu’Il a tous les pouvoirs dus à sa nature divine. Jésus, par trois fois, n’a-t-Il pas été éprouvé par Satan de la même manière ? A cause de ces désirs de gloire, de prodiges, de facilités qui trahiraient sa mission, Jésus rejette cette manière de voir et accuse Pierre d’être un “Satan” ! “Tes pensées ne sont pas celles de Dieu…” faisant écho aux paroles du prophète Isaïe : Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit Yahvé. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées.” Is 55,8-9.

                   Jésus annonce alors un tout autre chemin, beaucoup moins grandiose et spacieux, un sentier étroit, un chemin de croix, fait de souffrance et qui conduit à la mort, mais aussi à la vie définitive, la résurrection. Cette image du Messie est étrangère aux apôtres et pourtant conforme à celle de Jérémie et du Serviteur souffrant qu’annonçait Isaïe.

La proposition de Jésus tient toujours et rebute tout autant : renoncer à sa “vie” (psyché). Toute la mentalité moderne, qui nous entoure et qui imprègne nos propres réactions, nous parle d’épanouissement, de plaisir, de liberté, de créativité, de jouissance : « Je veux vivre ma vie ! ». Jésus propose aussi une autre manière de vivre sa vie, qui comporte également épanouissement, plaisir, liberté, créativité et répond bien à nos désirs de fraternité, de justice, d’amour. Mais, pour vivre cela, il faut suivre Jésus et apprendre comme Lui à se déposséder de soi-même pour servir et réaliser la vraie fraternité, la vraie justice, le véritable amour qui ne trompent pas.

                   Il ne s’agit en aucun cas d’être masochiste, mais de ne pas se prendre pour le centre de l’univers et vouloir conquérir le monde. Écoutons encore l’extrait de la lettre de Paul aux Romains de ce Dimanche.

                   Il exhorte “par le tendresse de Dieu”, (un Dieu qui nous aime et sait ce qui est bon pour nous…“à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint”… Sacrifice : “sacrum facere” autrement dit, à faire du sacré dans notre vie et de notre vie. Comment cela ? “En ne prenant pas pour modèle le monde présent, mais en nous transformant en renouvelant notre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu” (Paul a certainement écouté Isaïe !) “Ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait”. Voilà qui n’est pas morose et il y a de quoi faire : on ne va pas s’ennuyer !

         Comment, aujourd’hui ne pas demander à Jésus d’être avec nous pour le suivre ? Comment ne pas venir puiser au contact de sa Parole, de sa manière de faire, de regarder, d’être attentifs aux petits ; comment, à son contact dans la présence eucharistique, ne pas acquérir les forces nécessaires pour découvrir et faire sa volonté, celle qui nous conduira à la vraie vie ?

AMEN !

mercredi 19 août 2026

HOMÉLIE 21ème Dimanche Ordinaire A – “Pour vous, qui suis-je ? » Mt 16,13-20 - 23.08.2026

 

HOMÉLIE 21ème  Dimanche Ordinaire A – Mt 16,13-20

23.08.2026

 

“Pour vous, qui suis-je ? »

 

Arrivés avec ses disciples dans une région païenne au pied de l’ Hermon et à l’une des sources du Jourdain, Jésus interroge ses disciples pour savoir ce que les gens qu’ils ont rencontrés pensent de Lui, considéré comme le "Fils de l’Homme", expression propre à Jésus Lui-même qui vient sauver les pécheurs (Mt 9,6) : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? ». Mais les réponses de ses disciples ne Le satisfont pas car ils présentaient Jésus comme une figure du passé revenue à la vie : Jean-Baptiste, Élie ou Jérémie. Alors Jésus leur pose cette question : « Et vous, que dites-vous ?  Pour vous qui suis-je ? ».

    Cette question ne s’adresserait-elle pas à nous aussi aujourd’hui ? Nous qui sommes fidèles au rendez-vous dominical, nous qui le rejoignons chaque jour dans la prière ou qui le visitons de temps en temps dans une église, que connaissons-nous vraiment de lui ?

 

    N’essayez pas de répondre tout de suite à cette question, mais mettez-vous à chercher comment vous présenteriez Jésus à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas, et il y en a certainement dans votre entourage, tant notre société est déchristianisée. Pour en faire un portrait sommaire, relisez les évangiles et notez ce qui caractérise Jésus à travers ses gestes et ses paroles.

    Mais surtout, ne vous découragez pas, car que nous révèle l’Évangile de ce jour ? C’est que ce n’est pas seulement ce qu’on dit de Jésus, en évoquant, comme à son époque, des personnages connus, mais c’est en cherchant dans nos vies quelles véritables rencontres spirituelles nous avons déjà vécues avec Jésus ; c’est aussi, comme Pierre, nous laisser le révéler, "non par la chair et le sang", (c’est-à-dire par notre caractère humain tout entier considéré dans sa faiblesse naturelle), mais par le Père qui est aux cieux, comme Il l’a révélé à Pierre et comme Il nous le révèle à chacun dans le secret de notre cœur. Nous pouvons faire confiance à ce Père dont "tout est de Lui, et par Lui et pour Lui", écrit Saint Paul aux Romains  ( Rm11,36) que nous entendions dans la 2ème Lecture. Alors, nous pourrons présenter en vérité Jésus.

 

    L’Évangile d’aujourd’hui nous dit encore que c’est sur la foi de Pierre en la personne divine de Jésus, Fils du Dieu Vivant, que Jésus bâtit et continue de bâtir son Église malgré la faiblesse de ses membres. Jésus complète cette déclaration en ajoutant : « La puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle ». Phrase énigmatique mais qui s’éloigne du texte original grec où il est écrit : « Les portes de l’Hadès ne seront pas fortes contre elle ». Qu’est-ce que cela signifie ? L’Hadès en grec, adhV, [ou le Shéol en hébreux], est le séjour des morts dont il n’est pas bien précisé ce qu’ils deviennent. Jésus en déclarant que l’Église sera plus forte que les portes de ce séjour qui retiennent les morts les brisera par la puissance de son Seigneur : par sa propre mort n’a-t-Il pas vaincu la mort et les morts ne ressusciteront ils pas ?

 

    Voilà la grande et Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer et qui complète absolument ce que nous pourrions dire de plus juste sur Jésus.

Prions l’Esprit Saint pour qu’Il nous inspire et nous guide dans cette merveilleuse mission confiée à chacun là où il se trouve.

AMEN !