jeudi 19 février 2026

HOMÉLIE 1er DIMANCHE CAREME– A – "Les épreuves du Christ" -Mt 4,1-11 - 22 Février 2026

 

HOMÉLIE 1er  DIMANCHE CAREME– A – Mt 4,1-11

22 Février 2026

 

         En ce 1er Dimanche de Carême, alors que nous sommes invités à monter vers Pâques, l’Église propose à notre méditation les tentations du Christ, que l’on devrait appeler "épreuves", car Jésus n’a pas été séduit par le malin mais appelé à le combattre pour que nous puissions faire comme Lui. Elles sont présentées par St Matthieu juste à la suite de son Baptême dans le Jourdain. Il vient de recevoir l’Esprit qui le conduit au désert.

                   Comme les hébreux dans le désert, Jésus a faim : Comment réagit-il ? Il se réfère à la Parole de Dieu, celle précisément qui donne le sens de l’épreuve que les hébreux traversent. : Dt 8, 3 “ Il t'a humilié, [mot à mot : “t’a rendu pauvre],  il t'a fait sentir la faim, il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n'aviez connue, pour te montrer que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé”.   

         Nos contemporains, comme nous-mêmes, sommes exposés à ne rechercher bien souvent que les nourritures terrestres. Certains le sont en raison de leur précarité, au point que cette préoccupation les obsède dès le matin ; d’autres plus aisés, sont avides de confort et de moyens de plus en plus grands ou sophistiqués, jamais satisfaits, tant est vaste dans nos pays riches, le champ des biens proposés et accessibles. Jésus nous sauve d’un horizon bouché sur l’ “avoir”. Jésus nous rappelle que nous sommes appelés à “être”, pour nous donner et accueillir ; et pour “être”, il faut se nourrir de Celui qui EST par excellence et qui s’est fait Pain de la Parole et Pain de vie, qui nous sont offerts aux deux tables de l’Eucharistie. N’est-ce pas ce que Jésus Lui-même nous a appris à demander dans le Notre Père, le pain “supersubstanciel”, l’Eucharistie, (indiquera Tertullien, théologien en l’an 200 dans son traité sur la prière, ch. 6. ainsi que St Cyprien et Origène au IIIème siècle et plus récemment Benoît XVI dans son livre sur "Jésus de Nazareth" (Tome 1 p.178).

A la deuxième épreuve, le tentateur pousse Jésus à provoquer Dieu: il s’agit bien alors de la mettre Dieu au défi. C’est courant dans la Bible : c’est Lui demander d’intervenir pour qu’Il prouve son existence. C’est ce qu’ont fait les hébreux dans le désert. Le lieu par excellence de cette tentation est Massa, où le peuple meurt de soif et se rebelle ;  pourtant Dieu leur avait fait passer la Mer Rouge, avait adouci l’eau à Mara, leur avait donné les cailles puis la manne : Ex 17, 7 :  « [Moïse] donna à ce lieu le nom de Massa [ en araméen, tentation, épreuve ] et Meriba,  parce que les enfants d'Israël avaient contesté, et parce qu'ils avaient tenté Yahvé, en disant: Yahvé est-il au milieu de nous, oui ou non ? ».  Mettre Dieu au défi peut se faire de deux façons. Ou bien on Lui désobéit pour tester sa patience, ou bien on le met en demeure d’exercer sa puissance dans un but intéressé. Mais plus cachée est l’attitude de beaucoup de nos contemporains qui mettent en doute l’existence de Dieu face aux malheurs partout présents sur notre planète (morts prématurées, cataclysmes, guerres, souffrances des innocents…). Ne nous arrive-t-il pas quand les choses ne vont pas comme nous le souhaiterions et qu’une épreuve sérieuse se présente, d’en vouloir à Dieu ? Jésus Lui-même ne nous a-t-Il pas appris à demander dans le Notre Père, mot à mot, d’après le texte original grec : « Ne nous laisse pas te mettre au défi ?

                  Enfin, à la troisième tentation, le tentateur propose à Jésus de l’adorer, en contrepartie d’un pouvoir tout puissant sur le monde (qu’il n’a d’ailleurs pas, mais il est menteur et père du mensonge, dira Jésus : Jn 8,44). Qu’est-ce qu’adorer, sinon reconnaître de façon absolue quelqu’un et se soumettre à lui. Les hébreux ont connu, eux aussi, cette épreuve au désert. Tandis que Moïse, qui est monté sur le Sinaï pour recevoir les 10 commandements, tarde à revenir, le peuple demande à Aaron de lui faire un dieu et il façonne un veau d’or (cf. Ex 32, 1-4). Et pourtant Dieu leur avait dit : Ex 20, 1 “Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.” ». Quels sont nos petits ou grands dieux ? Quelles sont nos idoles ? Choses ou personnes, d’ailleurs, pour lesquelles nous sommes prêts à sacrifier beaucoup ? Sont-elles compatibles avec un véritable amour de Dieu qui est premier ? Un amour des sœurs et frères que Jésus nous recommande ? Que fait Jésus ?  v. 10 : «  Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul :  Dt 10, 20.

         De fait, s’Il nous demande d’adorer Dieu seul, c’est que Dieu seul est adorable, parce qu’Il n’est qu’Amour et que  seul le véritable amour renonce à toute forme de domination ou de demande de soumission qui aliénerait l’adorateur ; mais tout au contraire, il recherche son bien. Jésus chasse Satan [en hébreu : “adversaire, ennemi”]. Ne nous a-t-Il pas appris dans le Notre Père à prier Dieu comme il est écrit dans le texte original grec : « Mais délivre-nous du Malin », du Satan ? Ainsi le Fils de Dieu, véritable Israël éprouvé dans le désert, nous enseigne comment combattre le prince de ce monde en restant près de Dieu, armé de sa Parole et renonçant à toute volonté de puissance, bref renonçant «à être comme des dieux » Gn 3.3.

    Bon Carême en préparation à Pâques, libérés par le Christ !  AMEN

jeudi 12 février 2026

HOMÉLIE 6ème Dimanche Ordinaire A - "Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir" - Mt 5, 17-37 - 15 Février 2026

 

HOMÉLIE  6ème Dimanche Ordinaire A - Mt 5, 17-37

15 Février 2026

 

« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir »

 

Avec l’Évangile d’aujourd’hui, nous sommes au début du "discours sur la montagne" qui fait suite aux Béatitudes (les "Dix Paroles") entendues il y a 15 jours et à la déclaration du Christ de dimanche dernier: « Vous êtes le sel de la terre…vous êtes la lumière du monde ». L’évangéliste Matthieu présente Jésus comme le nouveau Moïse qui a gravi la montagne suivi par la foule et s’est assis pour enseigner ses disciples.

Il veut les dissuader qu’ils le prennent pour un nouveau prophète qui enseignerait une voie autre que celle de la Loi (la Torah) pour aller vers Dieu. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir ». Abolir : katalusai  dissoudre, d’où détruire, renverser, mettre fin. Accomplir : plhrww, remplir à ras bord, combler une attente. Jésus ne peut pas détruire  la parole de Dieu son Père, qui a valeur d’éternité puisqu’Il ne revient jamais sur sa Parole. Jésus vient "accomplir", c’est-à-dire mener à son terme cette Parole, la parfaire pour qu’elle se réalise pleinement. Il respecte la façon dont son Père a choisi de se révéler à son peuple petit à petit, progressivement, afin de le conduire à la pleine révélation de l’amour qu’Il nous porte et veut que nous partagions entre nous. 

 Ainsi la Loi donnée à Moïse est faite de prescriptions nécessaires pour un vivre ensemble élémentaire : ne pas tuer, ne pas convoiter, ne pas tromper…Les Prophètes et les Sages ont fait progresser ces recommandations, mais Jésus va les affiner encore pour atteindre l’intelligence et le cœur en profondeur. Cette progression pourrait se présenter ainsi :

1er niveau : tu ne tueras pas.                                                                                            2ème niveau : tu t’interdiras la colère, les injures, les propos qui blessent et qui peuvent même tuer psychologiquement ou socialement. 

Ou encore :

1er niveau : tu ne commettras pas d’adultère                                                                     2ème niveau : tu t’interdiras même de regarder avec convoitise une femme, car elle devient pour toi un objet. Renonce à la regarder (arrache ton œil) ; essaye de ne pas y penser : que ton œil soit pur et ne te fasse pas chuter.

Et encore :

1er niveau : ne manques pas à tes serments…                                                                        2ème niveau : n’en fais pas du tout

Que ce qui sort de ta bouche soit vrai : "oui", si c’est "oui" ; "non", si c’est "non".

         Avancer toujours plus loin sur le chemin de l’amour vrai, telle est la vraie sagesse qui va à l’encontre de la sagesse de ce monde dont St Paul dit qu’elle promeut d’autres valeurs, celles que la triste réalité des informations d’aujourd’hui nous présente : réussite à tout prix, passage en force qui fait appel à la violence, mensonges publics qui cachent la vérité, dénigrement, mépris des petits : la liste serait longue.

         Jésus tout au long de son ministère n’aura de cesse de nous guider sur le chemin de la vie fraternelle. Ne nous invite-t-il pas à devenir ce que nous sommes : enfants de Dieu et frères et sœurs les uns des autres. Il invite à nous laisser transformer à l’image de Dieu que chacun porte en lui-même. Ça commence par l’observance de la Loi de Moïse ; ça s’accomplit dans l’écoute et la mise en pratique des préceptes de Jésus.

         Là encore, car cela demande beaucoup d’efforts et de discernements, c’est avec l’aide de l’Esprit Saint qu’il faut avancer, « lui qui scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu. » 1 Co 2,10

         Tous ensemble, à l’entrée de ce Carême, prions-le de tout notre cœur, uni à Celui du Christ.

AMEN !

jeudi 5 février 2026

HOMÉLIE 5ème Dimanche Ordinaire A - " Vous êtes le sel de la terre…Vous êtes la lumière du monde" - Mt 5, 13-16 - 8 Février 2026

 

HOMÉLIE  5ème Dimanche Ordinaire A - Mt 5, 13-16

8 Février 2026

 

« Vous êtes le sel de la terre…Vous êtes la lumière du monde » 

 

Rien que ça !

Essayons de comprendre : être sel, c’est pour donner saveur à la vie, mais aussi pour purifier (2° Livre des Rois : 2,19-22) ou pour conserver : les salaisons (et Tob : 6,5): être lumière c’est pour éclairer, voire guider des personnes un peu perdues. Mais ces deux comparaisons ne s’opposent-elles pas ?

Bien au contraire : elles se complètent, car pour que le sel opère, il faut qu’il soit mêlé aux aliments; par contre, pour que la lumière soit efficace, il faut qu’elle se détache, qu’elle soit à part, distincte dans son entourage : «  qu’on la mette sur le lampadaire ». Ainsi, le Seigneur nous demande-t-Il d’être à la fois bien au milieu de tous, de donner du goût, de la saveur (saveur vient du latin ‘sapere’ qui a donné ‘sapientia’ = sagesse en français)…, de la sagesse à la vie, à nos relations, nos créations mais aussi et surtout pour partager les vies et les épreuves de nos proches et c’est tout le sens de la première lecture de ce dimanche tirée du livre d’Isaïe (Is 58,7-10) qui nous invite à donner à ceux qui ont faim, héberger les pauvres sans abris, combler le désir des malheureux : alors ta lumière jaillira comme l’aurore !

Mais en étant lumière, Jésus nous invite également à être en distance vis-à-vis de ce qui est vécu pour prendre du recul, chercher le sens, car il faut du discernement pour ne pas s’emballer à l’écoute de tant d’informations  non vérifiées, de points de vue non fondés sur des valeurs de vie ; pour résister à la pensée commune, souvent précisément mal éclairée ou prise en otage par les lobbys et qui soulèvent des peurs majorées ou même imaginaires. Bref, être lumière pour voir. Voir : ce qui est fondamental pour comprendre, pour choisir et pour agir, bref, pour exister, être responsable. Le Seigneur nous demande d’être lumière, donc de ‘faire voir’.

         Trop dur ? Impossible ? Mais non, vous le savez : quand Jésus demande quelque chose à quelqu’un : d’abord c’est qu’Il l’aime et reste près de lui ; ensuite, c’est qu’Il le croit capable de le faire. Nous pourrions vivre tranquille en marge des drames ne notre société, sans ennuis. Mais alors, comment répondre à l’appel du Seigneur et de l’Église qui nous proposent d’être dans le monde à la fois sel et lumière ? En restant humbles, modestes, reconnaissants, croyants en cet Amour, nous accueillons le don de Dieu ; Il s’est engagé à nous combler de son Esprit comme l’écrivait si bien St Paul à la fin de la deuxième lecture de ce jour : alors avec Lui, nous pourrons répondre à ces appels.

 Enfin, la Sainte Écriture propose deux autres manières de comprendre encore cette image que le Christ a choisie. Dans le livre du Lévitique (qui fait partie de la Torah, la Loi de Dieu donnée à Moïse) on trouve : « Sur toute offrande que tu présenteras, tu mettras du sel ;  tu n’omettras jamais le sel de l’Alliance de ton Dieu  sur ton offrande ; avec chacun de tes présents, tu présenteras du sel » (Lv.2, 13). Le sel trouvait sa place dans les repas d’amitié (on le servait comme rite d’accueil : c’est peut-être l’ancêtre de nos apéritifs !) et surtout dans les rites d’alliance, à tel point que le Livre des Chroniques s’exprime ainsi : « Ne deviez-vous pas savoir que le Seigneur le Dieu d’Israël a donné la royauté à David sur Israël pour toujours, à lui et à ses fils : c’est une Alliance de sel » (2° Livre des Chroniques.13,5), c’est à dire une alliance indestructible, infrangibleDieu s’engage pour toujours avec nous, puisque nous osons nous engager envers Lui : Il fait avec nous une alliance de sel : nous pouvons compter sur Lui.

Qu’Il puisse compter sur nous. N’est-ce pas merveilleux, comme le sel, de révéler, à chacun la saveur de la vie ? N’est-ce pas une immense confiance que nous fait le Seigneur d’être comme Lui la "lumière du monde" ? C’est-à-dire d’ "être avec Lui" et d’agir à sa façon ?

 « Alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ». Mt 5,16.

Pensons en particulier à nos catéchumènes et à nos néophytes, qui ont été récemment baptisés pour faire partie de notre communauté. Confions-les aux Seigneur

 

AMEN !

vendredi 30 janvier 2026

HOMÉLIE 4ème Dimanche Ordinaire A. "Les Béatitudes " Mt 5, 1-12a - 1er février 2026

 

HOMÉLIE  4ème Dimanche Ordinaire A. Mt 5, 1-12a

1er février 2026

 

 "Heureux les pauvres par l'esprit"

 

Invités au bonheur ! Quel bel Évangile : la charte du Royaume ! Arrêtons-nous de plus près sur la première de ces Béatitudes. « Heureux les pauvres de cœur ! »

Il s’agit bien du mot : Pauvre ptwcoi ptokoï , [et même "qui se blottit, qui se cache" d’où humble, comme celui qui est réduit à mendier parce qu’il est démuni]. Mais le texte original grec ne désigne pas la pauvreté du cœur  "kardia" cardia , mais celle de l’esprit : pneuma, pneuma, mot à mot : « Heureux les pauvres par l’esprit (ou en esprit) ». Ce mot même peut désigner beaucoup de choses : un mouvement de l’air, un petit coup de vent ;  mais aussi le souffle, l’haleine, et par tant, le principe vital qui anime le corps ; il désigne encore l’esprit humain qui permet de penser ; puis l’âme spirituelle ; enfin, dans l’Ancien Testament, la puissance de Dieu, et dans le Nouveau Testament, l’Esprit Saint qui est Dieu.

Nous voyons bien qu’il est difficile de traduire cette Béatitude. Les deux  lectures bibliques de ce dimanche nous permettent de nous orienter vers une compréhension respectueuse de ce beau texte. Elles vont tout à fait dans ce sens. Le prophète Sophonie parle en effet des “humbles du pays, qui font la volonté du Seigneur” (So 2,3) ces humbles, qui selon la promesse de Dieu à Israël, seront son peuple : “Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu’un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur” (So 3,12)

 Paul, quelques siècles après, constate que cette prophétie s’accomplit parmi les membres de la jeune communauté chrétienne de Corinthe : “Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu” (Co 1,27).

Les pauvres, en effet, de par leur situation, lorsque leur misère ne les anéantit pas, sont plus facilement ouverts à une présence spéciale de Dieu. C’est à eux que Jésus annonce la Bonne Nouvelle, comme aux autres blessés de la vie. Lc 7, 22.

  Accueillie de la main de Dieu, la pauvreté est identique à l’humilité : sans cette “pauvreté”, toute richesse est trompeuse. Il faudrait donc comprendre  littéralement : “Heureux les humbles de souffle” ceux qui ont le souffle petit, et donc qui ne se gonflent pas d’orgueil, qui ne sont pas remplis d’eux-mêmes : ils ont de la place pour Dieu et leurs frères ! Enfin, on pourrait aller jusqu’à traduire : “Heureux, ceux que l’Esprit rend humble”. Cette béatitude commande toutes les autres : elle est au présent, alors que la plupart des autres sont au futur : “Le Royaume des cieux est à eux”.  Le Royaume des cieux, c’est l’espace divin : ils sont donc dans cet espace-là et Dieu leur est présent de façon invisible encore, mais bien réelle.

Cet Évangile veut nous éviter les fausses pistes vers le Royaume. Il nous invite à nous connaître en vérité et en particulier, à nous interroger sur quoi repose notre foi : nos connaissances spirituelles ou bibliques ? Nos intuitions, Nos réflexions, Nos convictions, celles de notre entourage ?... Qui d’une certaine manière nous donnent notre assurance et même notre fierté d’être chrétien, et dans le fond, tant mieux !

Cependant, il faudrait aussi écouter St Paul qui nous rappelle que c’est Dieu Lui-même (ou Jésus-Christ) qui nous a appelés par grâce. Et nous n’avons pas à témoigner d’un  Évangile qui donnerait  la "force d’âme" ou la "prospérité" , laissant croire que Dieu agit, pour nous croyants, en faisant fructifier nos initiatives sociales, pastorales ou liturgiques, récompensées par un succès en nombre de pratiquants ou en recettes financières !

Ainsi aujourd'hui, devant la croissance des demandes de Baptêmes, de Communions et de Confirmations chez les jeunes et les adultes, il nous faut rester humbles, joyeux d’accueillir  ces personnes comme elles sont, en les écoutant d’abord et en répondant à leurs questions et demandes. Ne nous apportent-elles pas fraîcheur dans notre foi, qui peut se fortifier à leur contact en se renouvelant et en reprenant conscience de tout ce que nous avons reçu du Seigneur. La communion au Christ que nous avons reçue nous a été gracieusement offerte et ne nous appartient que pour la vivre avec joie avec ceux que nous rencontrons.

AMEN !