mercredi 19 août 2026

HOMÉLIE 21ème Dimanche Ordinaire A – “Pour vous, qui suis-je ? » Mt 16,13-20 - 23.08.2026

 

HOMÉLIE 21ème  Dimanche Ordinaire A – Mt 16,13-20

23.08.2026

 

“Pour vous, qui suis-je ? »

 

Arrivés avec ses disciples dans une région païenne au pied de l’ Hermon et à l’une des sources du Jourdain, Jésus interroge ses disciples pour savoir ce que les gens qu’ils ont rencontrés pensent de Lui, considéré comme le "Fils de l’Homme", expression propre à Jésus Lui-même qui vient sauver les pécheurs (Mt 9,6) : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? ». Mais les réponses de ses disciples ne Le satisfont pas car ils présentaient Jésus comme une figure du passé revenue à la vie : Jean-Baptiste, Élie ou Jérémie. Alors Jésus leur pose cette question : « Et vous, que dites-vous ?  Pour vous qui suis-je ? ».

    Cette question ne s’adresserait-elle pas à nous aussi aujourd’hui ? Nous qui sommes fidèles au rendez-vous dominical, nous qui le rejoignons chaque jour dans la prière ou qui le visitons de temps en temps dans une église, que connaissons-nous vraiment de lui ?

 

    N’essayez pas de répondre tout de suite à cette question, mais mettez-vous à chercher comment vous présenteriez Jésus à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas, et il y en a certainement dans votre entourage, tant notre société est déchristianisée. Pour en faire un portrait sommaire, relisez les évangiles et notez ce qui caractérise Jésus à travers ses gestes et ses paroles.

    Mais surtout, ne vous découragez pas, car que nous révèle l’Évangile de ce jour ? C’est que ce n’est pas seulement ce qu’on dit de Jésus, en évoquant, comme à son époque, des personnages connus, mais c’est en cherchant dans nos vies quelles véritables rencontres spirituelles nous avons déjà vécues avec Jésus ; c’est aussi, comme Pierre, nous laisser le révéler, "non par la chair et le sang", (c’est-à-dire par notre caractère humain tout entier considéré dans sa faiblesse naturelle), mais par le Père qui est aux cieux, comme Il l’a révélé à Pierre et comme Il nous le révèle à chacun dans le secret de notre cœur. Nous pouvons faire confiance à ce Père dont "tout est de Lui, et par Lui et pour Lui", écrit Saint Paul aux Romains  ( Rm11,36) que nous entendions dans la 2ème Lecture. Alors, nous pourrons présenter en vérité Jésus.

 

    L’Évangile d’aujourd’hui nous dit encore que c’est sur la foi de Pierre en la personne divine de Jésus, Fils du Dieu Vivant, que Jésus bâtit et continue de bâtir son Église malgré la faiblesse de ses membres. Jésus complète cette déclaration en ajoutant : « La puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle ». Phrase énigmatique mais qui s’éloigne du texte original grec où il est écrit : « Les portes de l’Hadès ne seront pas fortes contre elle ». Qu’est-ce que cela signifie ? L’Hadès en grec, adhV, [ou le Shéol en hébreux], est le séjour des morts dont il n’est pas bien précisé ce qu’ils deviennent. Jésus en déclarant que l’Église sera plus forte que les portes de ce séjour qui retiennent les morts les brisera par la puissance de son Seigneur : par sa propre mort n’a-t-Il pas vaincu la mort et les morts ne ressusciteront ils pas ?

 

    Voilà la grande et Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer et qui complète absolument ce que nous pourrions dire de plus juste sur Jésus.

Prions l’Esprit Saint pour qu’Il nous inspire et nous guide dans cette merveilleuse mission confiée à chacun là où il se trouve.

AMEN !

vendredi 14 août 2026

HOMÉLIE 20ème Dimanche Ordinaire, A “O femme, grande est ta foi ! " Mt 15,21-28 - 16 Août 2026

 

HOMÉLIE 20ème  Dimanche Ordinaire, A Mt 15,21-28

16 Août 2026

 

“O femme, grande est ta foi ! »

 

Choquants que le silence de Jésus et sa rudesse envers cette Cananéenne qui, dans sa supplication, fait même une belle profession de foi, elle, la païenne : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! » Car enfin, cette pauvre femme n’a pas choisi d’avoir une fille tourmentée par un démon ni d’être cananéenne et non juive. Non, ne nous y trompons pas : le silence de Jésus est celui de quelqu’un qui se trouve devant une situation nouvelle qui le rend perplexe : jusqu’où s’étend sa mission ? Il se tait pour se donner le temps de réfléchir, comme lorsqu’on lui avait amené une femme prise en flagrant délit d’adultère, où il s’était mis à écrire sur le sol. (Jn 8,11). Aux Apôtres qui récriminent, Il se justifie en répondant « qu’Il n’a été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël, et en cela, Il accomplit bien la prophétie d’Ezéchiel : “Oui, je le déclare, moi, le Seigneur Dieu :…La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai ; celle qui est blessée, je la soignerai : celle qui est faible, je lui rendrai ses forces” (Ez 34,16).

La femme souffre de la souffrance de sa fille et elle insiste, elle ne se décourage pas. Au refus étonnant de Jésus à sa deuxième demande, elle répond par une remarque de bon sens puisée dans la réalité courante : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Elle ne pense qu’à sa fille, tourmentée par un démon et passe au-dessus de cette attitude qui peut lui paraître humiliante. Elle ne se laisse pas rebuter par Jésus mais va l’aider à discerner ce qu’Il doit faire ; Par sa confiance en Jésus, qu’elle considère comme un envoyé de Dieu, elle reconnaît l’Alliance de Dieu avec le peuple juif, mais elle affirme également l’universalité de l’Amour de ce Dieu qui guérit et qui sauve tout homme.

Isaïe l’exprimait bien ainsi dans la  première lecture qui nous a été proposée aujourd’hui : « Mon salut approche, il vient… et il vient pour tous et en particulier pour tous les étrangers qui s’attachent au service du Seigneur pour l’amour de son nom (c’est à dire, par amour pour Lui). Et Je les rendrai heureux dans ma maison de prière…maison de prière pour tous les peuples… (Is 56,7)

Alors, Jésus admire la foi de cette femme et la rejoint dans sa douleur : “O femme ! Grande est ta foi  (en grec : mègalè, megalh !); que tout se passe pour toi comme tu le veux ! Et à l’heure même, sa fille fut guérie.” Jésus se montre bien ainsi le pasteur qui guérit toute brebis, fut-elle extérieure à son peuple.

Quant au peuple juif vers lequel Jésus a été envoyé, Paul nous en parle dans la deuxième lecture de ce dimanche (Rm11, 13-15.29-32) et fait état de ce mystère qui reste toujours d’actualité aujourd’hui encore. Pourquoi ce peuple qui avait été choisi par Dieu Lui-même et qui avait été comblé de dons, de promesses, n’a pas reconnu en Jésus son pasteur ?  Les dons de Dieu restant irrévocables, Paul en conclut que les païens ont alors profité de la miséricorde de Dieu afin que le peuple juif obtienne aussi cette miséricorde.

Nous devons nous souvenir de ce passage d’évangile où c’est l’amour de cette païenne de Cananéenne envers sa fille et la foi qu’elle exprime avec tant de force envers Jésus, qui sauve sa fille. Elle nous invite à regarder toute personne avec considération et bienveillance en n’excluant personne. Mais il nous apprend autre chose : c’est que le dialogue avec un vis-à-vis, est fait pour aider à discerner des situations nouvelles, et ce qu’illustre ce passage dans lequel c’est une femme qui aide le Fils de Dieu à discerner ! Alors, faisons comme Jésus : prenons un temps de silence pour réfléchir et aussi, accueillons  les suggestions d’autres personnes qui peuvent nous aider à discerner.

Notre Église est appelée à témoigner que le salut de Dieu s’adresse à tous les êtres humains. Tous sont invités à vivre en fils et filles du même Père et à devenir peuple de l’Alliance.

En cette Eucharistie dominicale, que le Seigneur nous donne cette lumière et cette force de communion.

         AMEN !

jeudi 13 août 2026

HOMÉLIE de la Fête de l’Assomption, Lc 1, 39-56 - 15 Août 2026

HOMÉLIE de la Fête de l’Assomption, Lc 1, 39-56

15 Août 2026

 

En cette fête de l’Assomption de la Mère de Dieu, la première lecture, extraite de l’Apocalypse, (Ap 11,19a; 12,1-6a..0ab) nous présente une femme pour laquelle Dieu a préparé une place et la seconde lecture de St Paul aux Corinthiens (1 Co 15, 20-27a)nous montre notre destinée après la mort, recevant la vie du Christ qui nous conduit à Dieu. Alors, qu’est-il devenue à la Mère de Dieu lorsqu’elle a dû, comme nous tous, quitter notre monde ? Pie XII nous donna la réponse : « Marie a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel »

                   Mais elle n’est pas la seule à être enlevée ainsi au ciel : la Bible  nous présente quelques grands personnages tel qu’Hénoch, le patriarche, enlevé lui aussi, car « il suivait les voix de Dieu » Gn 5,23. De même, Élie le prophète, qui monta au ciel dans la tempête sur un char de feu : 2 Roi 2, 11 ; peut-être Moïse, qui mourut face à la Terre Promise et dont on ne retrouva jamais la tombe : Dt 34, 6.

                  De tous les grands personnages contemporains de Marie, que reste-t-il ? Des Pilate, Hérode, Caïphe et même des empereurs romains Auguste, Tibère et Claude … ? Tel n’est pas le cas de Marie car bien des habitants de tous les continents la connaissent, se mettent sous sa protection, l’invoquent et la prient, même chez les musulmans où “ Sitti Myriam” tient une grande place dans la dévotion populaire.

         Cependant et malheureusement, Il y a eu et il y a encore des déviations concernant le culte marial : on confond “adorer” Dieu et “vénérer” Marie. Et au Brésil, par exemple, bien des fidèles ont abandonné l’Église catholique pour rejoindre les groupes évangéliques dénonçant une “mariolâtrie” chez les catholiques dans le culte de Marie et des saints.

         Mais il y a aussi des avancées, notamment dans le mouvement œcuménique européen. On entend dire que la différence entre protestants et catholiques, c’est la Vierge Marie : les premiers la rejettent, les seconds la vénèrent. Il n’y a rien de plus réducteur et faux que cela. Les protestants, qui sont très fidèles à ce que dit la Sainte Écriture, reconnaissent Marie et son extrême disponibilité à Dieu. N’est-elle pas  la croyante qui reçoit cette béatitude de la part d’Élisabeth comme nous le rappelait l’évangile de ce jour ? « Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Ainsi, des théologiens protestants et catholiques d’Europe (Groupe des Dombes) proclament ensemble qu’il “faut donner à Marie toute sa place mais rien que sa place”.

         De plus, un accord anglican-catholique a abouti entre théologiens des deux Églises, en attendant d’être ratifié par les hiérarchies respectives. Voici la déclaration : Étant donné la compréhension à laquelle nous sommes parvenus sur la place de Marie dans le mystère de l’espérance et de la grâce, nous pouvons affirmer ensemble que l’enseignement disant que Dieu a pris la bienheureuse Vierge Marie en la plénitude de sa personne, dans la gloire, est en consonance avec l’Ecriture” Nous ne sommes vraiment pas loin du dogme de l’Assomption !

         Si Jésus a été le “Oui” de Dieu, Marie a été le “Oui” à Dieu.

         Que la contemplation du mystère de Marie, Mère de Dieu, élevée dans la gloire auprès de Lui, plutôt que nous diviser, nous fasse avancer vers l’unité, apprenant à être ensemble humbles comme la servante du Seigneur et lui demandant sa protection maternelle, mais aussi en accueillant avec joie ce que le Seigneur nous demande, et en Lui rendant grâce.

AMEN !