mercredi 5 août 2026

HOMÉLIE 19ème Dimanche Ordinaire, A. “Confiance ! Moi, Je suis ! N’ayez pas peur” Mt 14,22-33 - 09 Août 2026

 

HOMÉLIE 19ème  Dimanche Ordinaire, A. Mt 14,22-33

09 Août 2026

 

“Confiance ! Moi, Je suis ! N’ayez pas peur”

 

        Après avoir nourri les foules dans le désert, Jésus contraint les disciples à embarquer et à le précéder sur l’autre rive. En effet, les foules, nous rapporte St Jean (Jn 6,15) au sujet du même évènement, cherchaient à l’enlever pour le faire Roi. D’une part, ce n’est pas comme cela que Jésus désire être Roi ; mais d’autre part, Jésus ne veut pas non plus que ses disciples, ayant participé au miracle de la multiplication des pains, puissent croire que le Royaume de Dieu est arrivé avec sa toute-Puissance.

Ayant congédié les foules, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Élie, pourchassé par Jézabel, après les sacrifices du Carmel  n’en a-t-il pas fait autant ? Tous veulent rencontrer Dieu, seul, dans le silence de la prière ou, pour Élie à l’ Horeb, Dieu se manifeste par  "une voix, un silence ténu", selon la traduction originale de l’hébreu.

         Vers la fin de la nuit, les disciples, loin de la terre, rament comme des malheureux, tourmentés par les vagues, car le vent est contraire. Jésus vient vers eux marchant sur la mer. Marcher sur l’eau, c’est évidemment impossible : il y a donc prodige. Mais pourquoi donc Matthieu, comme les autres évangélistes, parlent de ce lac comme d’une mer ? (Il n’a que 13 kms de large sur 20 de long). Parce que dans la Bible, les masses d’eau sont toujours symbole du lieu des puissances de mort, qui veulent engloutir l’homme. Pensez aux eaux primordiales (Gn 1) sur lesquelles tournoie l’Esprit de Dieu qui sont néant, d’où Dieu va faire jaillir la terre; pensez au déluge qui engloutit l’humanité arrivée à un point extrême de violence ; à la Mer Rouge, obstacle levé par Dieu pour les hébreux, mais tombeau pour les chars de pharaon ; pensez encore à Jonas engloutit par le monstre marin, mais sauvé par Dieu, qui lui fait rendre sa proie.

         Devant ce qu’ils voient, les disciples n’en croient pas leurs yeux, et ils paniquent devant ce qu’ils pensent être un fantôme, et ils poussent des cris ! Alors, Jésus leur parle : « Confiance ! Moi, Je suis ! N’ayez pas peur ! » Moi, Je suis ! C’est ainsi que Dieu révèle son identité à Moïse. Sur cette Parole, la foi de Pierre s’éveille et il lance un défi à Jésus : mot à mot : «  Si toi tu es, (autrement dit, si tu es Dieu) ordonne-moi de venir à toi » - « Viens ! » dit Jésus. Et Pierre fait confiance et marche sur les eaux (à il n’est pas dit sur la mer…car Pierre ne domine pas les puissances de mort). Mais, voyant le vent fort… Son regard n’est plus fixé sur Jésus : il perd confiance, il a peur,  il coule ! Un cri d’appel : « Seigneur, sauve-moi ! » Délicatesse de Jésus qui étend la main, le saisit avant de lui reprocher : «Homme de petite foi » en grec : Oligopistè, (comme les oligoéléments médicament de petite quantité que prescrit le médecin), pourquoi as-tu douté ? »

         Cet épisode de la vie des Apôtres les préparent au grand passage de Jésus sur l’autre rive : sa Passion, sa mort et sa Résurrection.  Leur foi sera malmenée : Pierre osera défendre Jésus à Gethsémani ; il s’engagera à le suivre jusqu’au bout au lavement des pieds ; mais devant la tournure dramatique des évènements, il Le reniera avant le chant du coq ; enfin, il retrouvera son Seigneur ressuscité sur le rivage de cette mer.

Il est bon pour nous d’évoquer ces scènes car nous sommes bien proches de ce que Pierre et les Apôtres ont vécu. Notre foi n’est jamais acquise : elle vit, se fortifie ou faiblit, traverse des turbulences, comme celle de Pierre, au gré des contrariétés, des épreuves, des obstacles, des rencontres, des événements et des questions qui surgissent sur le chemin de notre vie. Comme Pierre, tantôt nous nous lançons audacieusement vers Dieu, en pleine confiance, marchant sur les puissances de mort qui sont en nous ou autour de nous ; tantôt, nous prenons peur, parce que c’est plus fort que nous, et nous perdons de vue Jésus : nous oublions qu’Il est là, qu’Il est Dieu, qu’Il sauve; nous ne prions plus ; nous ne nous raccrochons plus à ses paroles…nous coulons ! Et Il vient nous chercher, nous ressaisit  pour que nous nous en sortions et que nous vivions après cette épreuve. Notre foi devra traverser de nombreuses pâques pour que nous arrivions enfin avec Lui sur l’autre rive.

En cette Eucharistie dominicale, nous pouvons prier pour ceux qui sont particulièrement éprouvés et, avec tous les frères et sœurs qui nous entourent, Lui redire notre foi en continuant à le suivre.     

AMEN !

mercredi 29 juillet 2026

HOMÉLIE 18ème Dimanche Ordinaire. Année A. "La multiplication des pains". Mt 14, 13-21 - 2 Août 2026

 

HOMÉLIE  18ème Dimanche Ordinaire. Année A. Mt 14, 13-21

2 Août 2026

 

La multiplication des pains.

 

Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi … gratuitement ?

Dans notre monde, tout s’achète, tout se vend,

Tout s’acquiert en payant.

Dans le Royaume, Il donne gratuitement, largement.


Les textes de ce dimanche l’illustrent de façon éclairante.

Isaïe 55, 1-3 l’annonçait :

« Vous tous qui avait soif, venez, voici de l’eau !

Venez sans argent, sans rien payer…

Mangez de bonnes choses…

Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez et vous vivrez !

Je ferai avec vous une alliance éternelle… »

 

Ce qu’Isaïe avait annoncé, Jésus l’accomplit.

Ayant appris la mort de Jean-Baptiste, exécuté sur l’ordre d’Hérode, Jésus, par prudence semble-t-il, se retire à l’écart dans un lieu désert. Traversant la mer de Galilée en barque, Il est  suivi à pied par une foule qui le poursuit. Cela ne vous fait-il pas penser à un personnage de la Bible qui a traversé la Mer, suivi de son peuple pour le conduire au désert ? Moïse, bien sûr.

Son peuple recevra pendant 40 ans, une nourriture venant du ciel, la manne ; une eau jaillira du rocher  pour lui; il sera invité à faire alliance avec le Dieu qui l’a choisi par amour.

Jésus, nouveau Moïse, suivi par une foule qui a soif de l’écouter et de vivre, guérit les infirmes, faisant œuvre de re-création comme seul Dieu peut le faire. Il nourrit cette foule de cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants, comme seul Dieu peut le faire. Il le fait au cœur d’une prière qui est devenu celle de la consécration lors de nos Eucharisties. Il le fait par l’intermédiaire de ministres, ses disciples, qui donne à manger à la foule.

Il le fait abondamment, comme seul Dieu peut le faire, et Il demande que l’on ramasse les morceaux qui restaient, 12 corbeilles, sans doute pour annoncer l’Église à venir fondée sur les 12 Apôtres qui recevront la mission de donner le Corps du Seigneur.

Dieu donne sans compter mais Il attend de nous une chose : venir à Lui ; l’écouter ; croire en Lui, humblement, comme un enfant fait confiance à ses parents. Alors, Il peut faire Alliance avec nous et nous faire vivre, quelques soient les évènements heureux ou douloureux de notre vie.

St Paul l’a magnifiquement exprimé dans la deuxième lecture de ce jour : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Rien ! » Son amour est offert gratuitement : il suffit de l’accueillir.

C’est ce que nous sommes appelés à vivre dans chaque Eucharistie lorsque nous venons à Lui, que nous l’écoutons et le recevons en nous dans un cœur, une intelligence et une volonté confiantes en Lui.

    Frères et sœurs, aujourd’hui, de quoi, de qui avons-nous faim ?

    Que l’Esprit-Saint nous aide à en avoir les dispositions.

 

AMEN !

vendredi 24 juillet 2026

HOMÉLIE du 17° Dimanche Ordinaire A – "Paraboles du trésor et de la perle, à propos du Royaume des cieux".Mt 13,44-46 - 26 Juillet 2026-

 

HOMÉLIE du 17° Dimanche Ordinaire A – Mt 13,44-46

 26 Juillet 2026

 

Paraboles du trésor et de la perle, à propos du Royaume des cieux.

 

En trois paraboles, Jésus nous présente des aspects du  Royaume des cieux, qui peuvent nous effrayer par leur caractère radical et nous poser la question: sommes-nous prêts à tout engager pour l’acquisition du Royaume des cieux ? D’autant plus que d’autres paraboles nous ont appris qu’il était un don.

Rappelons tout d’abord qu’une parabole est un récit qui exprime une vérité profonde mais prend des libertés quant à la réalité du récit, (un peu comme les fables de La Fontaine). 

         Que veut nous faire comprendre Jésus ?

         Tout d’abord, avec les deux petites paraboles, Jésus veut nous faire découvrir un Royaume des cieux qui en vaut tellement la peine qu’on ne craint pas de tout perdre, de tout laisser, de tout quitter. Il est infiniment précieux : c’est la vie avec Dieu ici et maintenant. Il demande un choix exclusif. Nous prend alors le vertige de l’impossible : comment pourrions-nous, comment oserions-nous ?... Voici ce qu’écrit à ce propos une diaconesse de Reuilly, religieuse protestante : « Autant que la radicalité des grands élans importe le pas à pas au quotidien, l’orientation du cœur chaque matin renouvelée, chaque soir réajustée ».

Cette exclusivité, en effet, ne nous absorbe pas, ne nous anéantit pas, ne chasse pas notre humanité, mais nous pénètre et nous transforme. Ainsi, tout ce qui fait notre vie est appelé à s’articuler, s’ordonner à la vie de Dieu. C’est pourquoi, il y a de la joie, car l’homme de la parabole du trésor ou de la perle, en fin de compte, ne se dépouille pas, ne se sacrifie pas. Bien au contraire, il est comblé car il a enfin trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps, le bien incomparable.

La troisième parabole précise ce qu’entraine le choix de devenir disciple du Christ-Jésus qui nous invite à recevoir le don de ce Royaume. À la fois exaltant et exigeant, ce Royaume est présent dans la réalité d’un monde mêlé où le bien et le mal se côtoient, où bon grain et ivraie croissent ensemble jusqu’à la fin des temps.

La première lecture de ce dimanche nous invite à une même démarche : prendre en compte la réalité de ce monde dans lequel nous vivons et discerner ce qui entrave la croissance de ce Royaume : l’injustice, la violence, l’opposition entre le neuf et l’ancien, la tradition, bref tout ce qui divise.

Salomon ne cherche pas la richesse ou la gloire, mais que Dieu le « rende capable de bien remplir la mission qu’Il lui a confiée ». Il lui faut donc « un cœur qui est attentif pour gouverner son peuple et discerner le bien et le mal »

La lecture de l’épître aux Romains de Paul rappelle que Dieu veut pour nous le meilleur, c’est-à-dire la vie de Son Royaume ; Il a même pour nous le désir de « nous configurer à l’image de son Fils bien-aimé » (Rm 8,29).

Pour terminer, je vous propose d’avancer un peu plus dans la compréhension de ce Royaume des cieux, qui n’est pas un espace, un territoire, mais quelqu’un. En Mt 19,29, Jésus annonce que ceux qui auront tout quitté "à cause de son nom", c’est-à-dire à cause de Lui, recevront plusieurs fois plus et en héritage une vie éternelle. (// En Mc 10 29 et Lc 18 29-30). Le Royaume des cieux ne serait-il pas tout simplement le Christ Lui-même ?

En participant à l’Eucharistie, nous venons chercher Celui qui va nous transformer par Sa Parole et Sa Présence et nous faire entrer petit à petit dans Sa Vie et  nous découvrons alors ce merveilleux cadeau que Dieu nous fait puisqu’Il nous fait vivre en Lui, par Jésus : voilà notre trésor, voilà notre perle fine.  

AMEN !

lundi 22 juin 2026

HOMÉLIE 13ème Dimanche Ordinaire, Année A “Celui qui ne haïra pas son père…” Mt 10,37-42 - 28 Juin 2026

 

HOMÉLIE 13ème  Dimanche Ordinaire, Année A

28 Juin  2026

 

“Celui qui ne haïra pas son père…”

 

Voici des paroles de Jésus qui peuvent nous paraître bien sévères : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. » Mt 10, 37-39.

         Et ce, juste au moment où commencent les vacances estivales qui sont un temps privilégié pour que les familles se retrouvent, se re-créent. Comment comprendre ce passage d’Évangile ?

        Cette parole porte sur l’amour filial et semble contredire le 4ème Commandement : « Honore ton père et ta mère, afin que se prolongent tes jours sur la terre que te donne Yahvé ton Dieu. (Ex 20, 12) et celui qui maudit son père ou sa mère, qu’il soit puni de mort. (Ex 21, 17)

        Jésus reprend d’ailleurs ce commandement à son compte pour dénoncer l’hypocrisie des pharisiens : « Mais vous, vous dites: Quiconque dira à son père ou à sa mère: "Les biens dont j'aurais pu t'assister, je les consacre" [sous-entendu au Temple de Jérusalem], celui-là sera quitte de ses devoirs envers son père ou sa mère. Et vous avez annulé la parole de Dieu au nom de votre tradition. Hypocrites ! » Mt 15, 5-7.

         Reprenons la parole de Jésus : « Celui qui aime son père…. ». Dans ce verset, le mot “aimer”, que l’Évangile utilise, est le mot grec philein ("aimer d'amitié, se plaire à..."), qui n’est pas celui qui, dans les synoptiques, désigne l’amour de Dieu et du prochainagapê. Il a même chez Matthieu un sens péjoratif : « Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites: ils aiment (philein), pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie » Mt 6, 5 ou  « [Les scribes et les pharisiens] aiment (philein) à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, à recevoir les salutations sur les places publiques et à s'entendre appeler Rabbi par les gens ». Mt 23,6-7.                             

     Jésus veut faire comprendre à ses disciples que les liens familiaux, certes légitimes, peuvent devenir des obstacles sur le chemin de ceux qui veulent suivre Jésus. Les disciples eux-mêmes n’ont-ils pas quitté leur père (et leur filets…) pour suivre Jésus ? Il en a été ainsi, pour bien des saints, par exemple, pour St François d’Assise.

           Il s’agit donc de faire un choix nécessaire : les proches et la famille peuvent être ou une aide ou un obstacle : « Nul n’est prophète en son pays ! » Lc 4,24  et Jésus le rappelle à sa famille même, sans remettre en cause l’amour filial, fondement des liens entre générations. L’amour de Dieu ne peut qu’élever l’amour filial en lui apportant toute sa force purificatrice, puisqu’à l’exemple du Christ, il peut aller jusqu’au don de sa vie. L’amour de Jésus pour Marie, sa mère, n’en est-il pas la meilleure illustration ?

              Prenons donc ce temps estival pour renforcer, par l’attention, l’écoute, le service et le bon temps à partager ensemble, les liens d’affection et d’amour avec ceux que nous côtoyons tout au long de l’année : enfants et parents ; épouses  et époux ; petits-enfants et grands parents ; voisins ou personnes isolées. Nous rendrons gloire ainsi au Seigneur et ferons grandir les petites cellules d’Église que sont nos familles ou nos proches. Que nous soyons deux ou trois ou une ribambelle, c’est sans doute en pensant à tous les couples et à toutes les familles que le Seigneur a dit un jour à ses disciples : “De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux." (Mt 18, 19-20)

AMEN !

 

 

mardi 16 juin 2026

HOMÉLIE 12ème Dimanche Ordinaire. Année A. "Ne craignez pas !...Vous valez bien plus que tous les moineaux du monde." Mt 10, 31 - 21 Juin 2026 Mt 10, 26-33

 

HOMÉLIE  12ème Dimanche Ordinaire. Année A. 21 Juin 2026

Mt 10, 26-33

 

« Ne craignez pas !...Vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.» Mt 10, 31

 

Par trois fois, Jésus dit aux disciples : « Ne craignez pas ! » Il les prévient que Le suivre est exigeant et qu’ils rencontreront des obstacles auprès des hommes.

Il est vrai qu’en osant dire notre foi au cours d’une conversation dans notre milieu de travail, notre école ou même parfois au cœur de notre famille, nous nous exposons à ceux qui y sont étrangers, indifférents ou même hostiles. Se croyant dans la “vraie vie”, celle des branchés, des forts, des gagnants sans états d’âme ni scrupules, ils nous  tourneront en dérision et s’éloigneront de nous comme gênants, à ne pas trop fréquenter, catalogués comme cathos ou ringards. Plusieurs d’entre nous ont pu déjà l’éprouver.

Ne craignez pas le jugement des hommes, nous dit Jésus mais placez-vous sous le regard du Père : Il veille sur nous au point de « compter tous les cheveux de notre tête ! Car « chacun de nous vaut bien plus qu’une multitude de moineaux ». Mais d’abord, Jésus nous demande d’écouter son enseignement “reçu dans le creux de l’oreille” pour que nous le comprenions en toute liberté, personnellement, et le méditions dans notre cœur afin de pouvoir le présenter en connaissance de cause au grand jour. Cela suppose évidemment de notre part écoute, formation, réflexion et mise en proposition pour toucher notre entourage. Alors, faut-il aussitôt le « proclamer sur le toit ? »

St Pierre recommandait aux premiers chrétiens « d’être toujours prêts à nous expliquer devant tous ceux qui nous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en nous » (1 P 3,15). Et je crois que c’est Paul VI qui invitait à témoigner ainsi : « Ne parle que si l’on t’interroge, mais vit de façon à ce qu’on t’interroge » et au Conseil des laïcs en 1974 il disait : « Le monde n’a pas besoin de maîtres mais de témoins. Ils suivront des maîtres lorsqu’ils seront des témoins »

         Mais alors, ne faut-il plus enseigner ?

Comment les enfants et les jeunes connaîtraient-ils l’enseignement de Jésus, si nous restions muets ? Mais, sans un minimum de connaissances et de réflexion, serions-nous capables de rendre compte de notre foi ? Quelle espérance leur proposer, si nous nous taisions sur les grandes questions qui se posent à notre humanité aujourd’hui et qui ne sont pas abordées dans l’esprit de l’Évangile, mais dans l’esprit du monde ? L’Église, à la suite du Christ, continue à éclairer les questions éthiques et sociales.

Dans cet esprit, le pape François, avec son Encyclique "Laudato Si", consacrée à la sauvegarde de notre Maison commune, s’adressait à toute l’humanité ; et il a reçu un très grand accueil bien au-delà du périmètre catholique suscitant de l’intérêt, dans la sphère scientifique et universitaire.

Récemment, notre pape Léon XIV a publié l’Encyclique " Magnifica Humanitas" apportant sa réflexion sur l’évolution de l’intelligence artificielle (IA) et ses conséquences sur la dignité humaine. Elle se présente comme une vaste analyse de notre monde façonné par cette intelligence artificielle qu’il faut non pas détruire mais "désarmer", c’est-à-dire l’empêcher de dominer l’humain.

Pourquoi ne pas profiter de ces temps de vacances, où du temps nous est donné, pour la lire par petites doses (car elle est très riche). Elle pourra approfondir nos connaissances et éclairer nos comportements et ceux de notre société.

Ne craignez pas ! Votre père veille sur vous encore mieux que sur tous les moineaux du monde. Il est avec nous et à notre mort, Jésus Lui-même s’est engagé à être notre avocat auprès de Lui pour nous introduire pleinement dans la vie nouvelle et vraie qui ne périt pas.

 

AMEN !