mercredi 4 novembre 2026

HOMÉLIE 32ème Dimanche Ordinaire A –“Vierges avisées, vierges insensées” Mt 25, 1-13 - 08 Nov. 2026

 

HOMÉLIE 32ème Dimanche Ordinaire  A – Mt 25, 1-13

08 Nov. 2026

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“Vierges avisées, vierges insensées”

 

Pour parler à ses disciples de sa venue, Jésus présente cette parabole des dix jeunes filles invitées aux noces. Le cadre est celui d’une noce orientale qui se déroule la nuit, où la mariée, escortée de ses amies, va à la rencontre de son époux. Les jeunes filles sont munies de lampes à huile pour éclairer le chemin et exprimer la joie de ces noces accompagnées de musique. J’ai moi-même été témoin d’un tel cortège au mariage du fils d’un ami en Galilée il y a quelques années. C’est très beau, très gai et lorsque les deux époux se rejoignent, ils dansent tous les deux, entourés du cortège des jeunes filles tenant leurs lampes allumées.

         Or cet époux-là tarde à venir et les jeunes filles s’assoupissent toutes. Quand enfin il arrive, elles apprêtent leurs lampes. Mais l’attente a du être longue, car les lampes sont vides. Cinq d’entre elles avaient prévu le coup ; les cinq autres sont prises au dépourvu.

S’en suivent deux comportements assez choquants :

à        Celles qui ont pris des réserves d’huile ne partagent pas !

à      Lorsque les autres reviennent, après avoir été chez le marchand, l’époux lui-même les refoule, prétendant même ne pas les connaître !

 

Que veut nous faire comprendre Jésus ?

Dans cette parabole, qui est l’époux ?  C’est Lui, bien sûr, puis- qu’Il parle aux disciples de sa venue qu’il faut attendre.

Qui sont les jeunes filles ? Elles représentent les membres de la Communauté Chrétienne, l’Église, l’épouse qui vient au-devant de l’Époux, le Christ, qui doit venir.

Pourquoi le retard ? C’est la longue attente, parfois décourageante, qui éprouve les premiers chrétiens et encore nous autres aujourd’hui. Comment se fait-il qu’au bout de bientôt deux mille ans, le monde, semble-t-il, n’ait pas beaucoup changé et qu’il avance avec son cortège de misères et de malheurs, et même, de rejet du Christ ? Il y a vraiment de quoi être pessimiste par moments…

Que signifie l’huile ? Plusieurs significations peuvent être données. Le plus souvent, elle exprime la joie de chacun, invité aux noces de l’Époux, en compagnie de l’épouse qui attend patiemment sa venue sans désespérer. Les prévoyantes, les “avisées” (fronimoi = fronimoï)  ont prévu des réserves d’huile : la longue attente ne les a pas déçues et leur joie peut éclater ? Les “insensées” (mwrai=moraï) n’ont pas préparé l’éventualité de cette attente éprouvante : elles se sont découragées et n’ont plus d’huile. L’huile représente donc les dispositions personnelles de chaque croyant. A ce titre, elles ne peuvent être prêtées à d’autres : on ne peut croire, espérer, aimer par procuration, à la place d’un autre et les prévoyantes ne peuvent donner de cette huile.

         Pour d’autres, l’huile représente l’amour qui alimente la flamme de la lampe. L’amour fait aller dès maintenant à la rencontre des autres, particulièrement, ceux qui ont besoin de nous. Les paraboles qui suivent dans l’Évangile de Matthieu, et que nous entendrons les prochains dimanches, révèleront que “ces autres” sont ni plus ni moins que Jésus Lui-même, l’Époux.    

Pour participer aux noces, Jésus nous invite donc à produire cette belle huile, fruit de petits ou grands gestes d’amour. Passer maintenant à côté ou refuser de les donner, c’est risquer de manquer d’huile au moment de sa venue et de se retrouver tellement différent de Lui qu’Il ne pourra même pas nous reconnaître !

         Comme toute parabole, elle est une très forte invitation à nous mettre dès maintenant à accueillir de cette façon la venue du Seigneur dans notre vie de tous les jours. Demandons humblement au Seigneur la grâce de la Sagesse si bien décrite dans la première Lecture de ce dimanche

         Que Son Esprit-Saint, dont nous avons reçu l’Onction d’Huile Sainte à notre Baptême et notre Confirmation, renouvelle le don de sa propre Huile pour la joindre à la nôtre.                                   

AMEN !

mercredi 28 octobre 2026

HOMÉLIE TOUSSAINT – "LES BEATITUDES" Mt 5,1-12 - 1er Nov.2026

 

HOMÉLIE TOUSSAINT – Mt 5,1-12 LES BEATITUDES

1er Nov.2026

 

En la Fête de TOUS-LES-SAINTS, chaque année nous est proclamée cette merveilleuse page de Saint Matthieu qui inaugure les enseignements de Jésus dans son "discours sur la montagne", à savoir les « Béatitudes ». Si vous souhaitez en avoir une traduction au plus près du texte original grec, reportez-vous à la page 22 de mon petit ouvrage « Saveur des Évangiles au plus près des textes originaux grecs » qui est disponible à l’accueil paroissial ou à la fin de cette Messe ou à la demande.

Excusez cette introduction à mon Homélie, mais je tenais à évoquer avec vous ce qui s’est passé il y a un peu plus d’un mois au Stade de France où 80 000 jeunes s’étaient rassemblés le 25 octobre dernier pour accueillir notre pape Léon XIV. Au cours de cette veillée il a été présenté, en une vingtaine de minutes, dix tableaux évoquant les figures de saints de France ayant engagé leur vie dans l’humilité, le courage et un grand service des autres.

Au terme de cette veillée au cours de laquelle le pape a également écouté et répondu aux questions de deux jeunes, Chloé et François, il a été acclamé par la foule et en réponse, il a remercié l’assemblée en ces termes : « Merci à Dieu, merci à vous, merci pour votre présence, merci pour votre foi.  Vous êtes les saints de France ! »

Qu’a-t-il voulu dire ? C’est aux jeunes qui l’ont reçu de nous dire ce qu’ils ont compris, mais cette Fête  de tous les saints est bien d’actualité. En s’adressant toujours à eux, il leur a dit : « Les saints ont changé le cours de l’histoire, faisant passer beaucoup de personnes de la souffrance à l’espérance ; car ils ont d’abord changé leur propre cœur, en le transformant à la lumière de la foi » et encore, en évoquant l’exemple du bien heureux Marcel CALLO, mort en camp de concentration pour avoir cherché le bien, il leur dit encore: « Au fur et à mesure que nous avançons sur ce chemin de la sainteté, il apparaît clairement qu’il ne suffit pas d’éviter le mal : il faut choisir le bien. Il ne s’agit pas d’un principe abstrait, ni d’une affirmation évidente : choisir le bien est l’acte propre de la liberté par lequel celle-ci se réalise, se rectifie et mûrit. Pour faire de bon choix, souvenez-vous de ce critère : le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais. Le bien prends soin, il ne prend pas pour lui-même. Le bien n’est pas un beau concept, mais le visage rayonnant de l’amour : il est Dieu en personne ! »

Frères et sœurs, tournons-nous de nouveaux vers les Dix Paroles de Jésus formulées par les Béatitudes. Elles nous conduisent sur le chemin du vrai bonheur, sans fausse piste.

Jésus Lui-même les a profondément mises en pratique.

Les saints que nous connaissons les ont vécues,  l’une ou l’autre, et même plusieurs.

À notre tour de prier l’Esprit Saint de nous indiquer celle dont nous avons le plus besoin pour le rejoindre et marcher avec Lui vers le Bonheur, jamais sans Lui.

 

Pour terminer, Heureux, “Makarioi”  (Makarioi) signifie aussi en grec, Bravo ! Félicitations ! Vous avez tout compris ! Et en hébreu : “Ashréi” ( yoaar:<a)) signifie : en marche !  

Tous ensemble, à la suite de tous les Saints, qui Lui ont fait confiance et ont reçu en héritage la Terre Promise, marchons à la lumière et la force de ces Béatitudes.

AMEN !

mercredi 21 octobre 2026

HOMÉLIE 30ème Dimanche Ordinaire – A. “Dans la Loi, quel est le grand commandement ?” Mt 22,34-40 - 25 Octobre 2026

 

HOMÉLIE 30ème Dimanche Ordinaire – A. Mt 22,34-40

25 Octobre 2026

 

 “Dans la Loi, quel est le grand commandement ?”

“Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme (psuchè) et de toute ta pensée.” (Dt 6,5)  et “Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lv 19,18)

Mais que signifie “aimer Dieu” ? N’est-ce pas tout simplement faire ce que Dieu voudrait que l’on fasse et que toute la Révélation et en particulier la première lecture de ce dimanche, extraite du livre de l’Exode (Ex 22,20-26), nous invite à faire ? Notamment, avoir comme Lui une attention aux plus vulnérables, “car Il écoute le cri de l’ opprimé et compatit à sa souffrance”. Il y a aussi, bien sûr, tout l’enseignement de Jésus, les guérisons qu’Il fait en nombre et, bien sûr, son désir permanent de faire Sa Volonté, c’est à dire, aimer comme Lui.

Mais, Dieu peut-il nous “commander” d’aimer ? Alors que le véritable amour ne peut s’exprimer que dans la plus grande liberté ! Aimer ne se manifeste-t-il pas lors de la rencontre avec une personne qui donne à la vie une nouvelle saveur, un nouvel horizon et dans la plupart des cas, de nouvelles responsabilités envers ceux que l’on aime ? Le mot original, utilisé par St Matthieu, que l’on a traduit par “commandement” se dit:  entolè=entolh, qui signifie “prescription” : comme la prescription d’une ordonnance du médecin pour un médicament, qu’il est vivement conseillé de prendre si l’on veut guérir, et donc ce terme souligne le caractère personnel et invitant de l’amour que nous porte le Père.

Alors, qu’est-ce qu’aimer ?

Dans son Encyclique « Dieu est Amour”, §.3, Benoît XVI présente trois mots qu’utilise la Bible pour parler de l’amour.

“Éros” que seul utilise deux fois l’Ancien Testament. Il désigne le désir qui attire et donne le plaisir, avant goût du bonheur définitif auprès de Dieu. Il convient de l’accueillir comme un don, mais aussi de le discipliner, de le purifier pour le conduire à sa vraie grandeur qui est union harmonieuse entre le corps et l’esprit, mais aussi communion avec l’autre, et non satisfaction de ses instincts.

“Phileia” qui concerne l’amour d’amitié et qui est utilisé et approfondi dans l’Évangile de Jean pour exprimer le rapport de Jésus avec ses disciples.

“Agapè” qui est découverte de l’autre, dépassant le caractère égoïste et possessif (ne cherchant pas son propre intérêt et ou le soin et le bien de l’être aimé). Il donne, au prix de renoncements, mais aussi sait recevoir de l’autre. Il remplit de joie simple et conduit au bonheur paisible.

 Aimer Dieu et aimer son prochain ne sont jamais en rivalité puisque tous deux ont leur source en Dieu Lui-même. Il est Amour (1 Jn 4,7). Mais aimer Dieu n’est pas un sentiment ou une idée: c’est une décision totale d’engager tout son cœur, son âme, son esprit, son intelligence et s’exprime concrètement dans l’amour des autres, de la nature, de tout le créé, en particulier “l’étranger, la veuve et l’orphelin” et qui me demande de les aimer comme Lui les aime. Ou encore, les aimer comme moi-même, c'est-à-dire, m’identifier à eux, les aimer comme si c’était moi : si je ne les aime pas, je ne m’aime pas moi-même.

 St Jean, dans sa 1ère lettre, l’exprime à merveille: “Si quelqu’un dit j’aime Dieu et qu’il déteste son frère, c’est un menteur: celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas !” (1Jn 4,20).

Toute la Parole de Dieu contenue dans l’Écriture dépend de ces deux commandements. “A ces deux commandements, toute la Loi est suspendue et les prophètes”

Ces deux prescriptions, mises en pratique, sont pour ceux qui aiment en vérité, la signature de la présence de Dieu en eux.

AMEN !

jeudi 15 octobre 2026

HOMÉLIE du 29ème Dimanche Ordinaire A– “Rendez à César ce qui est à César…" Mt 22,15-21 - 18 Octobre 2026

 

HOMÉLIE du 29ème Dimanche Ordinaire A– “Rendez à César ce qui est à César…"

Mt 22,15-21. 18 Octobre 2026

 

“Rendez à César ce qui est à César…

Et à Dieu, ce qui est à Dieu” Mt 22,21

 

Cette parole est devenue aujourd’hui une maxime pour définir la laïcité, "principe de séparation de la société civile et de la société religieuse, l’État n’exerçant aucun pouvoir religieux et les Églises aucun pouvoir politique". Il s’agit bien de "pouvoir" mais non de vie spirituelle comme Jésus va inviter les pharisiens et les partisans d’Hérode à ce que Dieu nous a invités à devenir.

 Après une introduction élogieuse mais tellement hypocrite, reconnaissant la droiture et la justice de leur interlocuteur, les adversaires de Jésus Lui demandent son avis sur le paiement ou non de l’impôt à l’empereur. Leur question est très habile, car Jésus est acculé à dire oui ou non :

S’Il dit oui, Il sera considéré comme un collaborateur de l’occupant romain et perdra tout son prestige et son autorité auprès du peuple opprimé par ces mêmes romains.

S’Il dit non, Il sera considéré comme un opposant et dénoncé pour être emprisonné : ses adversaires en seront débarrassé !

Comment Jésus va-t-il s’en sortir ?

En bon pédagogue (et parce qu’il aime ses ennemis comme Dieu les aime), Jésus dévoile d’abord leur hypocrisie. Puis Il se livre à une petite démonstration toute simple : “Montrez-moi la monnaie de l’impôt” leur demande-t-il. Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit : “ Cette effigie  et cette inscription, de qui sont-elles ? ” On a traduit par “effigie” le mot du texte original “icône” (eikwn). L’icône de la pièce d’argent du denier est celle de César, alors : “Rendez à César ce qui est à César… Et à Dieu, ce qui est à Dieu”

Mais quelle est donc l’icône de Dieu ? 

Bien sûr, on pense tout de suite au Christ. Paul écrit : “Il est l’image (l’icône) du Dieu invisible, le premier-né de toute créature” Col 1, 15.

    Mais où trouve-t-on encore cette référence à l’image de Dieu ?

Elle se trouve tout au début de la Bible : “Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa…” Gn 1, 28. Or dans la Bible grecque des LXX (Septante), le mot image est le même que celui de l’évangile : « icône ».

De plus, en hébreu, le mot a une signification toute particulière : l’image, la “Tsélem”, désigne la reproduction en plus petit d’une idole de divinité païenne. Ainsi à Babylone, chaque année, lors des grandioses processions en l’honneur de toutes les divinités, les serviteurs et fidèles de chaque divinité se rangeaient derrière un modèle réduit de la statue de la divinité (dont la statue originale ne pouvait être déplacée hors de son temple en raison de sa masse souvent colossale). Ils pouvaient également suivre la bannière, l’étendard, la “Tsélem” de leur dieu. L’auteur sacré de la Genèse, qui écrit à cette époque, reprend à son compte cette référence à ces manifestations religieuses. Dire que l’homme est “l’étendard de Dieu” c’est lui révéler qu’il est appelé à signifier, dans le cortège de la création, la présence de Dieu.

Malheureusement, nous sommes obligés de constater que l’homme a trahi ce merveilleux désir de Dieu et défiguré son image. Dans son désir de sauver ses adversaires, Jésus les invite à retrouver de façon très inattendue, ce à quoi Dieu son Père les a appelés. Il faut donc que l’homme soit “rendu à Dieu” autrement dit qu’il redevienne ce qui est sa vocation première : révéler Dieu à la création entière, manifester sa présence dans un monde qui l’ignore, montrer partout que l’amour qu’Il nous donne est plus fort que la mort et son cortège de malheurs et de souffrances.

En Jésus, parfaite icône du Père, c’est chose faite.

Paul aux Corinthiens : “…et nous tous qui le visage dévoilé reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même icône, avec une gloire toujours plus grande, par le Seigneur qui est Esprit” 2 Cor 3, 18. Il reste à chacun à devenir, jour après jour, “icône de Dieu”.  En cette journée mondiale consacrée à la mission dans le monde, n’est-ce pas cela qui nous est demandé ? N’est-ce pas cela que font les missionnaires, prêtres, religieuses et religieux, mais aussi tout baptisé: manifester par leur présence aimante et respectueuse la présence même de Dieu. 

          AMEN !