jeudi 17 septembre 2026

HOMÉLIE 25ème Dimanche Ordinaire. Année A." Les ouvriers de la onzième heure".Mt 20,1-16 - 20 Sept. 2026

 

HOMÉLIE  25ème Dimanche Ordinaire. Année A. Mt 20,1-16

20 Sept. 2026

 

Les ouvriers de la onzième heure.

        

                   Quelle est l’entreprise ou le système économique et social qui tiendrait si l’on se mettait à imiter ce maître de la vigne ? Est-ce bien raisonnable, même pour faire œuvre de charité, que d’embaucher du personnel juste une heure avant la tombée de la nuit et de leur accorder le même salaire que ceux qui ont travaillé en supportant le poids du jour ? « A travail égal, salaire égal ! » C’est bien ce qui est juste. Devant l’attitude de ce maître, il y a vraiment de quoi être mécontent.

                  Voilà qui illustre bien les paroles du prophète Isaïe que nous avons entendues dans la 1ère Lecture de ce Jour : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (Is 55, 9).

                   Alors que nous révèle cette Parabole ?

                  Pour bien nous faire comprendre que Dieu est juste et bon, elle montre un intendant qui d’abord respecte le contrat d’un denier, salaire d’une journée de travail, qui était convenu mais encore, qu’il ne veut pas que les derniers embauchés rentrent chez eux sans avoir de quoi vivre ou de faire vivre leur famille.

                   Elle nous dévoile un autre regard sur la recherche du Royaume de Dieu.     Il faut se remettre à l’époque de Jésus. Les ouvriers de la première heure sont les pharisiens. Ils portent le joug de la Torah. Ils respectent scrupuleusement et avec piété les lois données à Moïse. Mais ils entendent être récompensés en fonction de leurs mérites. Ils ne comprennent pas que Jésus accueille et fréquente des pécheurs et leur montre autant de sympathie qu’à eux, les "bons pratiquants" d’Israël. Jésus les invite à découvrir une fois de plus que Dieu est bon, gratuitement bon. Son souci est de ne perdre aucun de ses enfants, même s’ils sont loin ou s’ils ont mis du temps à le découvrir et à venir l’adorer, le servir et l’aimer. Ainsi en a-t-il été pour Zachée, le chef des publicains de Jéricho ; Marie-Madeleine, la pécheresse ; Matthieu, publicain lui aussi, Apôtre et évangéliste, (dont c’est la fête lundi); sans compter la multitude des malades, lépreux, possédés et autres rejetés parce que catalogués “impurs”.

 

                   Ce que révèle encore cette parabole, c’est que les cheminements pour entrer dans le Royaume de Dieu sont très divers. Pour les uns, cela commence dès le berceau, à leur baptême ; pour d’autres touchés par la grâce au milieu de leur vie ; pour d’autres enfin, à la fin de leur vie, comme le bon Larron. À tous, le Christ promet le royaume en héritage. Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour marcher avec Lui.

 

                  Aujourd’hui, Dieu nous demande à tous, chrétiens, pratiquants de longue date ou récemment entrés dans l’Église, tout particulièrement d’accueillir ceux qui viennent frapper à la porte de notre communauté ou qui répondent à nos invitations à “venir et voir” : parcours (re)découverte, catéchuménat et catéchèse des familles, service des personnes seules à domicile, service pastoral aux malades et aux retraités, secours catholique, groupes scouts et tant autres instances sur la paroisse ou sur nos villes… Mais Il demande aussi que nous en soyons tout joyeux, car à tous, “vieux” ou “nouveaux” chrétiens, Il donne abondamment son amour. 

 

                   Le maître de la vigne appelle à toute heure du jour. Dieu appelle aussi à tout âge de la vie : il est toujours temps de Lui répondre.

« La bonté du Seigneur est pour tous,

Sa tendresse pour toutes ses œuvres »

                   nous fait chanter le Ps 144 aujourd’hui. Remercions-Le tous ensemble, ici ou dans notre demeure, sur un lit de malade ou au service des autres,

AMEN !

mercredi 9 septembre 2026

HOMÉLIE 24ème Dimanche Ordinaire A. “Le Pardon : jusqu’à combien de fois ? " Mt 18, 21-35 - 13 Septembre 2026

 

HOMÉLIE 24ème  Dimanche Ordinaire A. Mt 18, 21-35

13 Septembre 2026

“Le Pardon : jusqu’à combien de fois ? »

A la question de Pierre de savoir jusqu’à combien de fois faut-il pardonner, Jésus répond « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois 7 fois ». Pourquoi donc ce chiffre ? Les forts en calcul, ne vous cassez pas la tête (ici, c’est facile : 490 fois !), c’est une vieille histoire qui remonte aux origines de l’humanité. En Gn 4, 15, après que Caïn ait tué Abel, Dieu va mettre un signe sur lui pour que personne, en le rencontrant, ne le frappe et Il dit : « Si l’on tue Caïn, il sera vengé 7 fois. ». Dieu veut tuer dans l’œuf le cycle infernal de la vengeance qui prend rapidement de l’ampleur, puisque, 4 générations après, son descendant Lamek lance à ses femmes ce terrible chant : « J’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. Caïn sera vengé 7 fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois ! » Gn 4, 23-24.

Jésus, en reprenant ces chiffres continue d’exprimer la volonté absolue de son Père d’éradiquer totalement toute violence et invite ses disciples à apprendre le pardon.

Mais que c’est difficile de pardonner, surtout à chaud ! Vous connaissez les expressions : « Je ne lui pardonnerai jamais ! » ou « Il m’en a trop fait voir ! » ou encore « Je veux bien être bon mais pas être poire ! ». Autant dire que pardonner n’est pas chose naturelle.

Si Jésus le demande, c’est qu’Il le fait aussi, en particulier sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 24,34). Le Psaume de la messe de ce dimanche, répond à la demande de Jésus à son Père : « Dieu remet loin de nous nos péchés aussi loin qu’est l’orient de l’occident » (Ps 102, 12).  

Et si, en se préparant à pardonner, on pouvait créer un espace et un temps où le pécheur pourrait prendre conscience de son péché en le reconnaissant et ainsi se disposer à renaître à l’amour et à la vie ?                                                                                            

C’est valable aussi pour chacun de nous pécheur quand nous prenons conscience  de notre péché et des dégâts qu’il a pu causer, en cherchant notre part de responsabilité. Alors, nous pouvons entrer dans un chemin où nous veillerons à ne pas retomber dans ce péché mais au contraire à faire renaître notre capacité à aimer, par la bienveillance, la gratitude, le renoncement à toute forme  de jugement qui catalogue ou bien exclut…   Nous pourrons même, en toute confiance, aller déposer le fardeau de nos péchés aux pieds de Celui qui donne son pardon et fait renaître "à la vie pour le Seigneur" comme l’écrit St Paul dans la 2ème lecture (Rm 14,2) en recevant le sacrement de Pénitence et Réconciliation.                                                                               

Mais qu’est-ce que pardonner ?  Voici ce qu’écrit le P. Varillon : “… Pardonner, c’est la forme supérieure du don. J’insiste toujours pour qu’on écrive par-donner, avec un petit tiret, pour qu’on mette en valeur le préfixe « par » qui, dans plusieurs langues, signifie à fond, jusqu’au bout…. Les hommes ont toutes les peines du monde à se pardonner vraiment. La forme supérieure du don, c’est le don de la paix. Pardonner, c’est effacer mon ressentiment, piétiner mon orgueil, faire la paix, la construire. Le pardon n’est pas un coup d’éponge, il est une re-création : pardonner, c’est permettre un nouveau départ. Nous sommes là au cœur de la spiritualité. Le refus du  pardon, c’est le péché qui ne peut pas être pardonné, par la force des choses.”

Une dernière objection : « De quoi aurais-je l’air si je fais le premier pas, si je pardonne ? » Je réponds : « Tu as l’air de Jésus lui-même : Il pardonne à Pierre qui trahit;  à ses bourreaux… »

Alors, demandons sans cesse la force de l’Amour divin, infini, riche en miséricorde: il est le seul à pouvoir nous entraîner à pardonner. Prions sérieusement le Notre Père lorsque nous disons à Dieu : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé… ».     

 AMEN !


jeudi 27 août 2026

HOMELIE 22ème Dimanche Ordinaire, A "Si quelqu’un veut marcher à ma suite… " -Mt 16,21-27 - 29 Août 2026

 

HOMELIE 22ème  Dimanche Ordinaire, A Mt 16,21-27

29 Août  2026

 

Si quelqu’un veut marcher à ma suite… »

 

Dimanche dernier, Jésus avait loué Pierre inspiré par Dieu et l’avait choisi comme le roc pour bâtir son Église ; aujourd’hui Il le traite de “Satan” !

         Satan, en hébreu, signifie : “ennemi, adversaire” – “Diabolos” en grec : celui qui se jette (ballos- ballon) en travers.

“Tu es un obstacle”, un “skandalôn”, qui fait trébucher

         Passe derrière moi”, autrement dit : c’est moi le Maître, je suis devant ; tu es mon disciple, tu es derrière ; tu as à me suivre.

            Pierre, comme les disciples, comme nous-mêmes, spontanément voudrait que Jésus manifeste immédiatement qu’Il est Fils de Dieu et donc, qu’Il a tous les pouvoirs dus à sa nature divine. Jésus, par trois fois, n’a-t-Il pas été éprouvé par Satan de la même manière ? A cause de ces désirs de gloire, de prodiges, de facilités qui trahiraient sa mission, Jésus rejette cette manière de voir et accuse Pierre d’être un “Satan” ! “Tes pensées ne sont pas celles de Dieu…” faisant écho aux paroles du prophète Isaïe : Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit Yahvé. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées.” Is 55,8-9.

                   Jésus annonce alors un tout autre chemin, beaucoup moins grandiose et spacieux, un sentier étroit, un chemin de croix, fait de souffrance et qui conduit à la mort, mais aussi à la vie définitive, la résurrection. Cette image du Messie est étrangère aux apôtres et pourtant conforme à celle de Jérémie et du Serviteur souffrant qu’annonçait Isaïe.

La proposition de Jésus tient toujours et rebute tout autant : renoncer à sa “vie” (psyché). Toute la mentalité moderne, qui nous entoure et qui imprègne nos propres réactions, nous parle d’épanouissement, de plaisir, de liberté, de créativité, de jouissance : « Je veux vivre ma vie ! ». Jésus propose aussi une autre manière de vivre sa vie, qui comporte également épanouissement, plaisir, liberté, créativité et répond bien à nos désirs de fraternité, de justice, d’amour. Mais, pour vivre cela, il faut suivre Jésus et apprendre comme Lui à se déposséder de soi-même pour servir et réaliser la vraie fraternité, la vraie justice, le véritable amour qui ne trompent pas.

                   Il ne s’agit en aucun cas d’être masochiste, mais de ne pas se prendre pour le centre de l’univers et vouloir conquérir le monde. Écoutons encore l’extrait de la lettre de Paul aux Romains de ce Dimanche.

                   Il exhorte “par le tendresse de Dieu”, (un Dieu qui nous aime et sait ce qui est bon pour nous…“à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint”… Sacrifice : “sacrum facere” autrement dit, à faire du sacré dans notre vie et de notre vie. Comment cela ? “En ne prenant pas pour modèle le monde présent, mais en nous transformant en renouvelant notre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu” (Paul a certainement écouté Isaïe !) “Ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait”. Voilà qui n’est pas morose et il y a de quoi faire : on ne va pas s’ennuyer !

         Comment, aujourd’hui ne pas demander à Jésus d’être avec nous pour le suivre ? Comment ne pas venir puiser au contact de sa Parole, de sa manière de faire, de regarder, d’être attentifs aux petits ; comment, à son contact dans la présence eucharistique, ne pas acquérir les forces nécessaires pour découvrir et faire sa volonté, celle qui nous conduira à la vraie vie ?

AMEN !

mercredi 19 août 2026

HOMÉLIE 21ème Dimanche Ordinaire A – “Pour vous, qui suis-je ? » Mt 16,13-20 - 23.08.2026

 

HOMÉLIE 21ème  Dimanche Ordinaire A – Mt 16,13-20

23.08.2026

 

“Pour vous, qui suis-je ? »

 

Arrivés avec ses disciples dans une région païenne au pied de l’ Hermon et à l’une des sources du Jourdain, Jésus interroge ses disciples pour savoir ce que les gens qu’ils ont rencontrés pensent de Lui, considéré comme le "Fils de l’Homme", expression propre à Jésus Lui-même qui vient sauver les pécheurs (Mt 9,6) : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? ». Mais les réponses de ses disciples ne Le satisfont pas car ils présentaient Jésus comme une figure du passé revenue à la vie : Jean-Baptiste, Élie ou Jérémie. Alors Jésus leur pose cette question : « Et vous, que dites-vous ?  Pour vous qui suis-je ? ».

    Cette question ne s’adresserait-elle pas à nous aussi aujourd’hui ? Nous qui sommes fidèles au rendez-vous dominical, nous qui le rejoignons chaque jour dans la prière ou qui le visitons de temps en temps dans une église, que connaissons-nous vraiment de lui ?

 

    N’essayez pas de répondre tout de suite à cette question, mais mettez-vous à chercher comment vous présenteriez Jésus à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas, et il y en a certainement dans votre entourage, tant notre société est déchristianisée. Pour en faire un portrait sommaire, relisez les évangiles et notez ce qui caractérise Jésus à travers ses gestes et ses paroles.

    Mais surtout, ne vous découragez pas, car que nous révèle l’Évangile de ce jour ? C’est que ce n’est pas seulement ce qu’on dit de Jésus, en évoquant, comme à son époque, des personnages connus, mais c’est en cherchant dans nos vies quelles véritables rencontres spirituelles nous avons déjà vécues avec Jésus ; c’est aussi, comme Pierre, nous laisser le révéler, "non par la chair et le sang", (c’est-à-dire par notre caractère humain tout entier considéré dans sa faiblesse naturelle), mais par le Père qui est aux cieux, comme Il l’a révélé à Pierre et comme Il nous le révèle à chacun dans le secret de notre cœur. Nous pouvons faire confiance à ce Père dont "tout est de Lui, et par Lui et pour Lui", écrit Saint Paul aux Romains  ( Rm11,36) que nous entendions dans la 2ème Lecture. Alors, nous pourrons présenter en vérité Jésus.

 

    L’Évangile d’aujourd’hui nous dit encore que c’est sur la foi de Pierre en la personne divine de Jésus, Fils du Dieu Vivant, que Jésus bâtit et continue de bâtir son Église malgré la faiblesse de ses membres. Jésus complète cette déclaration en ajoutant : « La puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle ». Phrase énigmatique mais qui s’éloigne du texte original grec où il est écrit : « Les portes de l’Hadès ne seront pas fortes contre elle ». Qu’est-ce que cela signifie ? L’Hadès en grec, adhV, [ou le Shéol en hébreux], est le séjour des morts dont il n’est pas bien précisé ce qu’ils deviennent. Jésus en déclarant que l’Église sera plus forte que les portes de ce séjour qui retiennent les morts les brisera par la puissance de son Seigneur : par sa propre mort n’a-t-Il pas vaincu la mort et les morts ne ressusciteront ils pas ?

 

    Voilà la grande et Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer et qui complète absolument ce que nous pourrions dire de plus juste sur Jésus.

Prions l’Esprit Saint pour qu’Il nous inspire et nous guide dans cette merveilleuse mission confiée à chacun là où il se trouve.

AMEN !