HOMÉLIE de la Fête de l’Assomption, Lc 1, 39-56
15 Août 2026
En cette fête de l’Assomption de la Mère de Dieu, la première lecture, extraite de l’Apocalypse, (Ap 11,19a; 12,1-6a..0ab) nous présente une femme pour laquelle Dieu a préparé une place et la seconde lecture de St Paul aux Corinthiens (1 Co 15, 20-27a)nous montre notre destinée après la mort, recevant la vie du Christ qui nous conduit à Dieu. Alors, qu’est-il devenue à la Mère de Dieu lorsqu’elle a dû, comme nous tous, quitter notre monde ? Pie XII nous donna la réponse : « Marie a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel »
Mais elle n’est pas la seule à être enlevée ainsi au ciel : la Bible nous présente quelques grands personnages tel qu’Hénoch, le patriarche, enlevé lui aussi, car « il suivait les voix de Dieu » Gn 5,23. De même, Élie le prophète, qui monta au ciel dans la tempête sur un char de feu : 2 Roi 2, 11 ; peut-être Moïse, qui mourut face à la Terre Promise et dont on ne retrouva jamais la tombe : Dt 34, 6.
De tous les grands personnages contemporains de Marie, que reste-t-il ? Des Pilate, Hérode, Caïphe et même des empereurs romains Auguste, Tibère et Claude … ? Tel n’est pas le cas de Marie car bien des habitants de tous les continents la connaissent, se mettent sous sa protection, l’invoquent et la prient, même chez les musulmans où “ Sitti Myriam” tient une grande place dans la dévotion populaire.
Cependant et malheureusement, Il y a eu et il y a encore des déviations concernant le culte marial : on confond “adorer” Dieu et “vénérer” Marie. Et au Brésil, par exemple, bien des fidèles ont abandonné l’Église catholique pour rejoindre les groupes évangéliques dénonçant une “mariolâtrie” chez les catholiques dans le culte de Marie et des saints.
Mais il y a aussi des avancées, notamment dans le mouvement œcuménique européen. On entend dire que la différence entre protestants et catholiques, c’est la Vierge Marie : les premiers la rejettent, les seconds la vénèrent. Il n’y a rien de plus réducteur et faux que cela. Les protestants, qui sont très fidèles à ce que dit la Sainte Écriture, reconnaissent Marie et son extrême disponibilité à Dieu. N’est-elle pas la croyante qui reçoit cette béatitude de la part d’Élisabeth comme nous le rappelait l’évangile de ce jour ? « Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Ainsi, des théologiens protestants et catholiques d’Europe (Groupe des Dombes) proclament ensemble qu’il “faut donner à Marie toute sa place mais rien que sa place”.
De plus, un accord anglican-catholique a abouti entre théologiens des deux Églises, en attendant d’être ratifié par les hiérarchies respectives. Voici la déclaration : “ Étant donné la compréhension à laquelle nous sommes parvenus sur la place de Marie dans le mystère de l’espérance et de la grâce, nous pouvons affirmer ensemble que l’enseignement disant que Dieu a pris la bienheureuse Vierge Marie en la plénitude de sa personne, dans la gloire, est en consonance avec l’Ecriture” Nous ne sommes vraiment pas loin du dogme de l’Assomption !
Si Jésus a été le “Oui” de Dieu, Marie a été le “Oui” à Dieu.
Que la contemplation du mystère de Marie, Mère de Dieu, élevée dans la gloire auprès de Lui, plutôt que nous diviser, nous fasse avancer vers l’unité, apprenant à être ensemble humbles comme la servante du Seigneur et lui demandant sa protection maternelle, mais aussi en accueillant avec joie ce que le Seigneur nous demande, et en Lui rendant grâce.
AMEN !