jeudi 11 juin 2015

HOMELIE 11ème Dimanche Ordinaire B. Mc 4,26-34 14 Juin 2015



HOMELIE 11ème Dimanche Ordinaire B. Mc 4,26-34
14 Juin 2015
Paraboles du grain semé

Pour présenter son enseignement, Jésus utilise des paraboles. Le mot vient du grec parabolè , de para=à côté et ballô = “jeter” d’où “mettre en parallèle”. C’est un mode littéraire qui procède par comparaison et énigme. Que veut-Il nous enseigner ?
La première parabole parle d’un grain qui pousse tout seul selon un processus agricole complet : semailles, croissance, moisson. Elle exprime clairement la force interne, secrète et dynamique du Royaume de Dieu qui agit sans que les hommes y soient les seuls acteurs. Isaïe parlait ainsi de la Parole de Dieu qui accomplissait sa trajectoire en réalisant l’objet de sa mission (Is 55, 10). C’est bien rassurant quand, au terme d’une année pastorale, nous faisons des bilans, ayant œuvré autant que nous le pouvions au champ du Seigneur. La puissance de Dieu a en effet agit dans le silence pour faire germer la vie nouvelle. C’est donc une parole d’espérance invitant à la patience pour tous ceux qui aimeraient que le Royaume de Dieu vienne plus vite et plus nettement, ou même aujourd’hui, pour les nombreux chrétiens persécutés pour leur foi.
La parabole de la graine de moutarde, “la plus petite de toutes les semences du monde” exprime quant à elle le contraste saisissant entre la petitesse de la graine et la grande plante qu’elle devient, “qui dépasse toutes les plantes potagères”. Cette parabole s’adressait tout particulièrement aux premières communautés chrétiennes toutes petites qui risquaient de se décourager devant l’immensité de la mission auprès du monde païen. Ne serait-elle pas d’actualité face à une laïcisation croissante de notre société et, en contrepartie, d’une déchristianisation que nous constatons tous les jours ?
Le Seigneur nous confirme qu’Il est toujours avec nous et que la réussite de notre apostolat nous dépasse, mais que la progression est inéluctable. Il en est ainsi de la pérennité de l’Eglise depuis 2000 ans, mais aussi des renouveaux dont la croissance est manifeste dans plusieurs domaines : FRAT pour les collégiens et lycéens ; JMJ en préparation ; multitude de propositions pour se ressourcer cet été. Bonne santé des mouvements spirituels : END, parcours ALPHA et redécouverte, CVX, Ctés de l’Emmanuel ou du Chemin Neuf. Nouveau services d’entraide et solidarité : Le Rocher, les jeunes coopérants, enfants du Mékong, MEP, DCC… Missions nouvelles comme nos sœurs clarisse. Enfin constat d’une croissance non négligeable chez certains ordres ou congrégations religieuses comme les sœurs  de la Miséricorde de mère Térésa ainsi que des séminaristes dans bien des pays récemment évangélisés.  S’il y a certes un effet de nouveauté, des ordres comme les sœurs St Vincent de Paul, les franciscains, les abbayes bénédictines se développent toujours. Dans l’Eglise, “les oiseaux du ciel peuvent y faire leur nid à son ombre”, comme le prophète Ezéchiel, dans la première lecture de ce Dimanche l’annonçait à propos de l’arbre planté par Dieu Lui-même : « Toutes sortes d’oiseaux habiteront à l’ombre de ses branches” Ez 17,23. Il désignait ainsi tout homme (dont les païens), qui pourront bénéficier de la venue du Royaume.
Enfin, l’évangile se termine par un constat de Jésus, peut-être un peu amer : malgré les exemples tirés de la vie ordinaire, les paraboles n’atteignent les auditeurs « que dans la mesure où ils étaient capables de comprendre ». Les paraboles restent des énigmes pour beaucoup. C’est que le mystère de Jésus (sa personne et son message) demeure inaccessible « à ceux du dehors » (Mc 4,11). Pour entrer dans ce mystère, il faut croire et davantage encore, se mettre à la suite de Jésus sur le chemin qui mène à sa Passion et sa Résurrection. Les disciples vivront ces évènements, mais Jésus les prends à part pour les préparer, avant qu’ils n’arrivent, en leur expliquant clairement le sens de ces paraboles.
Puisse-t-Il, à la lumière de son Esprit Saint, nous faire comprendre sa route pour que nous le suivions avec plus de foi et l’en aimions davantage. 

AMEN ! 

vendredi 5 juin 2015

HOMELIE FETE du CORPS et du SANG du CHRIST. B 7Juin 2015



HOMELIE FETE du CORPS et du SANG du CHRIST. B
7Juin 2015


[Lors du dernier repas, le Christ a dit : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang » et ses disciples Lui ont fait confiance.
Depuis cette date, l’eucharistie est devenue la source  et le sommet de toute évangélisation, l’acte central de la vie de l’Eglise.
     Et, lorsqu’à la Réforme, bon nombre de chrétiens se sont mis à douter de la réalité [permanente] de la présence du Christ dans le pain et le vin consacrés, l’Eglise catholique a réaffirmé la vérité de ce mystère en affirmant avec force que, oui, le Christ était authentiquement présent dans le pain et le vin consacrés. A compter de ce moment-là, le culte de l’adoration du Saint-Sacrement s’est développé de façon générale et les grands saints qui ont suivi l’ont vivement recommandé ainsi que Saint Jean-Paul II dans son encyclique « Ecclesia de Eucharistia »

     Paradoxalement, l’accent mis sur cette présence réelle du Christ à l’eucharistie risque parfois d’avoir, ce que j’ose appeler un effet pervers : celui de faire oublier d’autres modes de présence du Christ. Par exemple,lorsqu’Il s’identifie à ses frères humains : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venu me voir ». (Mt 25, 35-36)
     Autant ceux qui négligeraient la réalité de la présence du Christ au repas de la messe se priveraient d’une richesse essentielle, autant ceux qui oublieraient cet autre type de présence non moins réelle du même Christ dans « le plus petit de ses frères » passeraient à côté d’un aspect non moins essentiel de l’Evangile.
     On en vient à regretter que ce terme de présence réelle ne soit réservé qu’à l’hostie consacrée. Car la vérité de sa parole est la même quand Il dit : « Ceci est mon Corps » que lorsqu’Il dit : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »…

     Il s’ensuit qu’adorer le Christ dans l’Eucharistie sans Le servir dans mon frère est au moins un non-sens, au pire, une hypocrisie.
     On trouve dans les récits des Pères du désert, cette phrase d’un auteur hélas anonyme : « Quand tu te tiens en prière et qu’un frère te demande à boire, quitte ton oraison et donne-lui à boire. Le Dieu que tu sers est plus sûr que celui que tu pries ».

     Il y a encore d’autres modes de présences réelles que le Christ nous a apprises. « Quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là au milieu d’eux » (Mt 18,20) ; « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même » Mt 18, 5.]

     En cette Fête du Corps et du Sang du Christ, adorons Celui qui se manifeste vivant et réellement présent à nous, dans sa diversité, jusqu’à la fin des temps. Ne négligeons pas ces moments d’adoration, que le Christ soit « exposé » ou simplement présent dans le tabernacle et venons puiser en sa présence la force et la joie d’aimer et servir nos proches auprès duquel Il nous conduit.


AMEN !


jeudi 28 mai 2015

HOMELIE Dimanche de la TRINITE. B Mt 28,16-20 – 31 Mai 2015



HOMELIE Dimanche de la TRINITE. B
Mt 28,16-20 – 31 Mai 2015

     L’affirmation de notre foi en la TRINITE SAINTE fait partie d’un des trois grands mystères que l’Eglise nous propose d’accueillir et comme l’écrivait le P. François VARILLON, « Un Mystère, c’est ce que nous n’aurons jamais fini de comprendre !» Mais il nous fait avancer progressivement dans la connaissance du vrai Dieu. Plus encore, ce mystère nous fait entrer dans son intimité. Si Dieu est amour, comment peut-Il être seul ?  Pour aimer, il faut être au moins deux de même nature. Mais là encore, se pose la question de la liberté de choix de l’être aimé: à deux, elle n’existe pas et il faut donc être plusieurs. Cependant, comme en Dieu tout est parfait, trois exprime à la fois cette liberté et cette unité. Ainsi la Bible nous fait découvrir un Dieu Père (parfois mère) qui ne cesse de créer ; un Fils qui accomplit à la perfection le vouloir du Père et qui continue de sauver ; l’un et l’autre unis dans l’Esprit Saint qui donne la vie. Et c’est dans cette famille divine unie par un amour infini que nous sommes appelés à entrer : quelle merveille !   
     Savez-vous où cette Trinité apparaît le plus clairement pour la première fois dans la Révélation ? C’est au Baptême de Jésus. Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain pour être baptisé par Jean-Baptiste, à la suite de son peuple, l’Esprit descendit sur Lui sous la forme d’une colombe, et Il entendit la voix du Père disant : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances ». Et dans l’Evangile d’aujourd’hui, au moment de quitter ses disciples, Il leur dit de “faire disciples” toutes les nations (il ne s’agit pas de faire de la quantité, mais de la qualité) et de les baptiser « Au nom du Père et du Fils et du saint Esprit ».
Ce qui est le plus merveilleux dans ce Mystère de la Trinité, c’est que Père, Fils, Esprit Saint nous font héritiers de l’amour qui les unit dans un élan commun. Et ils nous poussent à chercher les chemins d’une communion toujours plus vraie au cœur de notre humanité blessée où règne plutôt l’individualisme et le chacun pour soi qui laissent seul.
Alors comment exprimer cette mystérieuse réalité divine ?  L’Eglise a cherché plusieurs années et elle a créé un mot à partir du IIIème siècle : « Tri-unitas », Trinité, Trois en Un. Pour l’illustrer avec une image que je tiens du catéchisme de mon enfance pour approcher ce grand Mystère, on pourrait se représenter « Trois bougies bien distinctes mais tellement unies qu’elles ne donnent qu’une seule flamme, l’amour ».

En méditant sans cesse ce Mystère, nous apprenons une manière de connaître Dieu qui échappe à notre raison mais qui rend admirablement compte de la manière de vivre avec Lui et nos frères, sans peur, en respectant l’autre et en cherchant comment être en grande communion avec lui.
      
Que nous prions tantôt l’une ou tantôt l’autre personne divine n’a pas d’importance ; cela manifeste tout simplement que notre esprit peine à saisir ce mystère d’amour dans sa totalité. Notre prière au Père est davantage filiale ; celle au Fils est plus fraternelle et celle à l’Esprit-Saint est sans doute plus “opérationnelle”, lui demandant d’agir en nous par les sept dons qui le caractérisent et qui nous font aimer en vérité et devenir des fils qui crions : « Abba ! Papa ! ».

L’essentiel n’est-il pas de prier et de vivre pour entrer dans cet espace d’amour dans lequel nous sommes invités. Qu’elle soit louée et que nous en soyons reconnaissants.

Bonne Fête de la Sainte Trinité !

AMEN !


jeudi 21 mai 2015

HOMELIE de Pentecôte. Année B - Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15 : 24 Mai 2015



HOMELIE de Pentecôte. Année B  - Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15 :
24 Mai 2015

   “Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père...” Jn 15, 26

         Qui est ce “Défenseur, l’Esprit de vérité qui procède du Père” ? En grec, il s’appelle “Paraclet” de “para” (para)  [qui signifie “à côté”, comme parabole, un récit que l’on jette, “ballo”, à côté de notre vie pour en découvrir le sens] et de “clètos” qui signifie “appelé, convoqué” et qui vient du verbe “kaléo(kalew) appeler, convoquer, comme dans “ekklésia”, l’assemblée de ceux appelés par le Christ qui constituent l’Eglise]. Le Paraclet est donc celui qui est appelé à côté de nous [en latin, “ad-vocatus”] pour souffler notre défense.

         Mais de qui va-t-il nous défendre ?
De trois ennemis.

D’abord, le monde. Dimanche dernier, Jésus disait aux disciples qu’ils n’étaient pas du monde, mais qu’ils étaient dans le monde. Pour définir le monde tel que Jésus le désigne dans ce passage (car il est aussi aimé par Dieu : Jn 3,16), on peut reprendre l’énumération de St Paul dans la lettre aux Galates (Ga 5, 16-25) que nous venons d’entendre (excellent pour un bon examen de conscience…) : ce qui est débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, magie, haines, jalousie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre : bref tout ce qui déshumanise. Le Paraclet nous en défend et produit en nous des fruits : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi… L’esprit du monde agresse continuellement bien des aspects de la vie que les chrétiens proposent ; la dérision, le mensonge l’hostilité, la haine et la violence sont ses armes. Mais les saints, comme Jésus face à ses adversaires, ont souvent désarmés leurs accusateurs par une sagesse inspirée. Ainsi la petite Jeanne d’Arc à qui ses juges ecclésiastiques demandaient si elle était en état de grâce répondit : « Si j’y suis, Dieu m’y garde, si je n’y suis pas, Dieu m’y mette ! »

Le deuxième ennemi, c’est nous-même, lorsque nous nous laissons aller à nos pulsions et notre égocentrisme, mais aussi, au mépris ou rejet de nous-mêmes, parce que nous n’acceptons pas nos limites, nos imperfections, parce que nous nous sommes fait une trop haute idée de nous-même, qui ne correspond malheureusement pas à la réalité de ce que nous sommes. Là encore, le Défenseur produit en nous les fruits de douceur, d’humilité et de maîtrise de soi.

Enfin, le dernier ennemi, c’est Dieu ou plutôt, l’image que nous nous en faisons : tantôt juge sévère et exigeant, empêcheur de “vivre sa vie” ;  tantôt “bon-papa gâteau”, fermant les yeux sur nos bêtises et laissant un peu tout faire. Le Paraclet nous guidera vers la vérité toute entière sur Dieu. Il nous permettra d’entrer dans l’intelligence profonde de la mission de Son Fils qui est sa parfaite image ; du don qu’Il nous a fait à tous, manifestant l’amour du Père qui surpasse tout ce que l’on peut imaginer.

Plus encore : il nous fait comprendre la place que nous avons chacun dans la communauté à laquelle nous appartenons, notamment à notre paroisse : « Chacun a reçu le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous » (1 Co 12,7).
Dans le même souffle, il nous fait les dons adaptés à la mission que nous avons  reçue de Lui et ceux nécessaires à une vie de chrétien authentique, qui est dans le monde, mais non pas du monde. Voilà pourquoi il est bon de l’appeler tous les jours et en particulier lorsque nous avons des choix et des décisions importantes à prendre ou des échanges délicats à mener à bien. Ne l’avons-nous pas reçu au Baptême et pour beaucoup à la Confirmation ?
AMEN !