lundi 21 décembre 2020

HOMELIE DE LA NUIT DE NOËL - La Mangeoire de Noël - Lc 2.12 - 25 décembre 2020

 

La mangeoire de Noël Lc 2,12

Nuit de Noël

Dans la nuit, des bergers gardaient leurs troupeaux et soudain, l’ange du Seigneur leur annonce une grande nouvelle : “Aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie (l’Oint du Seigneur, rempli de Dieu), le Seigneur !” Mais comment les bergers vont-ils pouvoir reconnaître ce Seigneur ? C’est par le signe que l’ange leur donne : “Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire”. (v.12) On a traduit ce mot par "crèche" que l’on a retenu pour désigner le cadre dans lequel s’est fait la naissance de Jésus. Mais ce terme cache le mot exact qui est "mangeoire" et cela donne un nouveau sens à ce récit.

Voici la suite de cet Évangile de la Nuit de Noël :

  « Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux: "Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître." Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire. »  Et après l’avoir vu, continue l’Évangile, les bergers repartirent plein de foi et de joie, en glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu ».

           Mais n’est-ce pas étonnant cette insistance de "l’enfant couché dans la mangeoire" par trois fois ? (avec le verset 16 dans qui n’est pas lu dans  l’Évangile de la nuit de Noël).

Autre remarque : comment s’appelle la ville de David où est né le Sauveur ? Bethléem, certes : et que veut dire Bethléem ? “Maison du Pain”.  

Il est donc question par trois fois d’une mangeoire, et du pain !          

 

Mais encore : lorsque Marie et Joseph arrivèrent à Bethléem, «…il n’y avait pas de place pour eux  dans la salle d’hôtes » (v.6-7). Mais y avait-il vraiment une salle d’hôtes dans un si petit village ? Le texte original grec nomme cette salle d’hôtes, salle commune, "kataluma"  (kataluma). Or ce mot ne se trouve qu’ici et dans un autre passage de l’Évangile de Luc où il va désigner une autre salle, que l’on nomme habituellement la salle haute  (Lc 22,11); c’est dans cette salle que Jésus a réuni pour la dernière fois ses disciples autour d’un repas, la Sainte Cène et là Il prit du pain et dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous ».(Lc 22,20) Cette fois-ci, il y a de la place pour Jésus, afin qu’Il se donne à nous « Pain de vie ».

Ainsi, Luc esquisse déjà le don du Seigneur Jésus dès sa venue au monde : dans Bethléem, la Maison du Pain, Il est déposé dans une mangeoire afin qu’un jour nous puissions Le manger : n’est-ce pas merveilleux ? Un Noël qui dure !

Par Lui, avec Lui et en Lui !  Bonne et heureuse fête de la Nativité !

AMEN !

jeudi 17 décembre 2020

HOMELIE 4ème Dimanche de l’Avent Année B – “Qu’advienne en moi ta Parole…” - Lc 1,26-38 20 Décembre 2020

 

HOMELIE 4ème Dimanche de l’Avent Année B – Lc 1,26-38

20 Décembre 2020

 

“Qu’advienne en moi ta Parole…”

 

A l’approche de Noël, la liturgie de ce dernier Dimanche de l’Avent nous fait entendre le récit de l’Annonciation, que nous connaissons bien, puisqu’il est souvent choisi pour les fêtes mariales. Qu’il nous aide à entrer dans le Mystère de Dieu qui va venir.

Les acteurs ? L’ange Gabriel et Marie

L’ange Gabriel : Son nom l’indique : c’est l’ « homme fort de Dieu », le héraut de Dieu, l’annonciateur du temps de salut envoyé au prophète Daniel, dans ses visions (Dn 8, 16-17 et 9, 21-27). Celui qui a déjà été envoyé à Zacharie, six mois auparavant : Lc 1, 19.

Marie : Son nom signifierait : « Dame ». Une jeune fille promise en mariage à Joseph, un descendant de David. Dieu n’a-t-Il pas de la suite dans les idées ?  Il est fidèle à la promesse faite à David, mille ans auparavant, par le prophète Nathan (2 S 7,13-16)

Réjouis-toi ! Lorsque Dieu prend une initiative, lance un appel, la joie l’accompagne et c’est un critère d’authenticité de sa part, même si cet appel peut susciter quelque crainte, notamment en raison de la distance qu’il y a entre ce que nous connaissons de Lui et ce qu’Il est réellement.

 

Suit alors le message de l’ange, tissé de citations et références bibliques : Jésus (Yéoshua) = Josué = Dieu sauve ; Grand (qui est même passé dans la profession de foi musulmane : Allah est grand !) ; Fils du Très-Haut ; trône de David son père ; il règnera sur la maison de Jacob…. Ces expressions garantissent une fois de plus l’origine divine du message, conforme aux promesses. Dieu est « cohérent » parce qu’Il est la sainteté même qui s’exprime dans la pureté de ses Paroles (pour les comprendre, il est donc nécessaire de bien connaître sa façon de parler, et ainsi devenir « familier » des Saintes Écritures).

 

« Comment cela se fera-t-il… ? » Non pas : « A quoi le saurai-je puisque je ne connais point d’homme ? » à la façon dont Zacharie, dubitatif, voire incrédule, avait répondu à Gabriel. Autrement dit, « Que dois-je faire pour que cela se réalise ? ». Marie a déjà accepté le projet de Dieu et elle veut participer à sa réalisation. Cela est confirmé par la réponse de l’ange : « L’Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ». Ces termes, là encore, désignent la pure intervention divine. Et Gabriel continue : « C’est pourquoi, mot à mot, celui qui est entrain d’être engendré sera saint… » La conception de Jésus ne se fait pas attendre, tant la réponse de Marie est totale et immédiate.

Enfin, après l’annonce de la naissance d’un fils à la « femme stérile », qui est donné à Marie comme signe de l’amour tout-puissant de Dieu (et qu’elle n’a pas demandé !), Marie dit son « fiat » (en latin) mais qui dans l’original grec, pourrait se traduire ainsi : « Qu’advienne en moi ta parole ! »

 

Voilà donc un récit riche et dense où se manifeste le grand respect du Créateur envers sa créature qui l’accueille sans réserve. Les cieux réconciliés avec la terre ; Marie, nouvelle Eve renouant dans la plus grande confiance avec le Créateur. Ne porte-t-elle pas en elle le nouvel Adam ? Contemplons et louons le Seigneur pour ce merveilleux Mystère de l’Incarnation.

Avec Marie et comme elle, faisons confiance, même dans les situations qui nous apparaissent fermées, bloquées, sans issues, à la toute-puissance de l’amour de Dieu. En ces temps troublés, n’ayons pas peur, car comme pour Marie, le « Seigneur est avec nous ». Laissons ses Paroles advenir en nous, afin qu’elles portent du fruit en nous et par nous,         

 

AMEN !              


 [Gl1]

jeudi 10 décembre 2020

HOMELIE 3ème Dimanche de l’Avent - "Gaudete" Réjouissez-vous ! - Jean-Baptiste Jn 1,6-8 ; 19-28 - 13.12.2020

 

HOMELIE 3ème Dimanche de l’Avent "Gaudete" Réjouissez-vous ! Jn 1,6-8 ; 19-28 - 13.12.2020 

 

                   A l’approche de Noël, l’Église nous invite à nous réjouir en nous mettant en présence d’un personnage austère, mais tout à fait exceptionnel, qui, à lui seul, est une prophétie : Jean le Baptiste.

                   Tout d’abord, sa naissance est miraculeuse, dans ce foyer sans enfant, Zacharie et Elizabeth, avancés en âge, dont l’homme est prêtre du Temple du Seigneur. Puis son nom, Jean “YoHan” : le Seigneur fait grâce. C’est un homme du désert, vêtu comme un prophète, homme d’absolu, n’ayant peur de personne, fustigeant les autorités politiques et religieuses qui se moquent de Dieu, homme sans concession (cela lui vaudra sa tête), mais homme libre. Mais plus encore, il est l’envoyé de Dieu Jn 1,6. Il est le pro-phète, “celui qui parle devant”, appelant à la conversion  (retournement vers Dieu), à la pénitence pour déblayer la voie : Aplanissez les collines de votre orgueil, de votre volonté de puissance, de vos égoïsmes, de vos cupidités et de vos violences…Comblez les ravins de vos vanités, des vides de vos vies sans avenir et sans partage, remplies de leurs lâchetés quotidiennes …

                   Une fois qu’il a dit ce qu’il était et ce qu’il n’était pas, il fait une curieuse annonce. Jn 1,26: « … Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas… ». Ce qui veut dire : Le Messie annoncé que vous attendez, il est déjà parmi vous et vous ne le connaissez pas. D’ailleurs, Jean lui-même avouera que lui non plus ne le connaissait pas, bien qu’il fût cousin de Jésus. Il s’agit d’une autre connaissance que seul Dieu révèle par son Esprit : Jn 1,33-34 « Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit: ‘Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint’. Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu. » Voilà donc quel est cet envoyé de Dieu, totalement disponible à ses appels, car totalement humble : Jn 1, 27 « …celui qui vient derrière moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale. »

                   Ceci ne le met pas à l’abri de doutes. Lorsqu’il est en prison, sa voix ne retentit plus auprès des foules, mais seulement au fond d’un cachot qui à l’oreille d’Hérode, dérangé, mais attiré par cet homme si différent de lui. Jean-Baptiste envoie alors ses disciples poser à Jésus la question de confiance : Lc 7, 20-23 «  Arrivés auprès de Jésus, ces hommes Lui dirent : Jean le Baptiste nous envoie te dire: Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?"  A cette heure-là, [Jésus] guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d'infirmités, d'esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d'aveugles. Puis il répondit aux envoyés: “Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi!" (N’est-ce pas la prophétie même d’Isaïe que nous avons entendu lors de la 1ère Lecture de ce jour ! Jean-Baptiste a dû être rassuré, lui qui connaissait bien ses Écritures !

                   Ne nous arrive-t-il pas aussi de chercher des signes de la présence du Christ dans notre monde si abîmé, où Dieu semble bien absent ? Si nous voulons discerner les signes de sa présence, demandons d’abord l’Esprit du Père : « ne l’éteignons pas car Il nous aide à discerner la valeur de toute chose » Th 5,20). Puis, en suivant Isaïe (1ère Lecture) regardons les pauvres, quelque soit leur “ pauvreté” : victimes de violence, éprouvés dans leur corps ou leur cœur, prisonniers, malheureux de toutes sortes…. là où ils reçoivent écoute, accueil, prise en compte de leur détresse, matérielle, psychologique ou spirituelle, là est Dieu ; là se trouvent les signes de la présence de Dieu.

                    Participons nous-mêmes à la manifestation de ces signes : par toute initiative de bonté, rendons présent Celui dont nous tenons cette bonté : apportons sa joie et il n’y aura pas lieu d’en attendre un autre ! Bonne préparation à Noël !                                                                                                          AMEN !       

jeudi 3 décembre 2020

HOMELIE 2ème Dimanche AVENT Année B - "Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu". Mc 1,1-8. 6 Décembre 2020 -

 

HOMELIE 2ème Dimanche AVENT. Année B  Mc 1,1-8.

  6 Décembre 2020 -  

 

"Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu".

 

Aujourd’hui, nous commençons la lecture de l’évangile de Saint Marc. L’Évangile débute, comme pour le premier livre de la Bible, la Genèse, précisément par le terme « Commencement ». « Au Commencement, quand Dieu fit le ciel et la terre… ». Ce mot-là, en hébreu, a une saveur toute particulière : mot à mot, il signifie « en-tête » bêreschitt  (ou il y a le mot rosch qui signifie « tête ». Rosh-ha-Chanah, le nouvel an juif). On pourrait presque imaginer, avec un anthropomorphisme un peu audacieux : « Dans la tête [sous-entendu de Dieu] que y avait-il ? Réponse : un Beau Message, mot à mot, eu-aggeliou : eu = bon, beau et aggeliou, même racine que ange, messager : bref,  un « Évangile ».

 

 Et quel est donc ce Beau Message ? C’est une histoire qui donnera la joie au cœur  à ceux qui l’entendront. C’est celle d’une personne, Jésus, mort et ressuscité, vivant dans son Église. Il ne s’agit pas d’une œuvre de fiction ou d’un ensemble de réflexions pieuses ou philosophiques, mais d’un récit concernant un homme, Jésus de Nazareth, qui a réellement existé et qui continue à vivre à la droite de Dieu mais aussi auprès de nous :   « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » Mt 28,20

 

A la différence des deux autres évangélistes, Marc n’envisage pas de faire une vie de Jésus. Il ne raconte ni sa naissance, ni sa jeunesse, ni la plus grande partie de sa vie. Il veut nous révéler qui est cet homme et dès le début de son Évangile, il Le qualifie de Christ et Fils de Dieu. Et tous les récits de cet Évangile vont nous dévoiler petit à petit des aspects de la personne de Jésus à travers ses paroles, ses attitudes, ses gestes, ses miracles, jusqu’à sa Passion et la fin de sa vie terrestre. Lorsqu’il est mort, à la finale de l’Évangile, c’est un païen, le centurion romain, préposé à la crucifixion, qui s’écriera : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ! » (Mc 15,39). Écrivant après Pâques, l’auteur ne parle pas d’un mort, mais d’un vivant. La foi de Pâques éclaire tout le récit. Celui-ci n’est compréhensible qu’à cette même lumière. L’évangile est d’abord une Bonne Nouvelle qu’un croyant adresse à un autre croyant : voilà de quoi nourrir notre foi aujourd’hui.

 

Mais garderons-nous cette Bonne Nouvelle pour nous, entre nous ? Dieu n’a-t-Il pas besoin de nous, malgré nos faiblesses, pour être témoins de ce que l’Évangile a fait naître et vivre en nous. Joyeux, confiants, sûrs des paroles et des gestes du Fils de Dieu, nous pouvons dire combien Il nous libère et nous fait entrer déjà dans un Royaume où l’amour est partout présent. Encore faut-il que nous nous laissions transformer par lui : c’est cela, d’une certaine manière, « Préparer les chemins du Seigneur, aplanir sa route » ; avec l’aide de la grâce de l’Esprit Saint, rejeter, purifier, assainir, corriger toute conduite qui serait contraire à l’Évangile.

 

La mission d’annoncer et de vivre selon ce Message, n’est-ce pas ce qui est confiée à tant d’entre nous engagés dans l’éducation et l’éveil à la foi d’enfants, de jeunes et même d’adultes, catéchumènes ou simples membres de notre entourage.

 

Lisons et relisons ces récits de Marc. Goûtons-les. Devenons des « familiers » des paroles de Jésus : pourquoi pas les mémoriser ; repérons ses gestes et attitudes. Méditons, contemplons, partageons-les à plusieurs, prions-les lorsqu’ils nous paraissent ardus, exigeants : sachons que c’est toujours pour notre bien.

 

Alors, nous aurons le désir de les faire connaître et d’être contagieux de ce formidable souffle d’amour qui a sa source en Dieu. Ne nous a-t-Il pas comblés de son Esprit à notre Baptême et notre Confirmation ?  Ne les laissons pas dormir !

    

AMEN !