jeudi 10 janvier 2019

HOMELIE BAPTÊME de JESUS – Lc 3,15-16.21-22. 13 Janvier 2019


HOMELIE BAPTÊME de JESUS – Lc 3,15-16.21-22.
13 Janvier 2019

Le Temps de Noël s’achève par la célébration d’une nouvelle Épiphanie, 30 ans après la manifestation aux mages que nous avons célébrée dimanche dernier, celle du BAPTÊME de Jésus. Pourquoi Jésus demande-t-il le Baptême, Lui qui n’a pas besoin de conversion ? C’est parce qu’Il a voulu non seulement prendre notre condition humaine, mais aussi se montrer solidaire avec l’humanité pécheresse qui, à l’appel de Jean-Baptiste, vient se purifier dans un baptême d’eau.
         C’est alors qu’Il prie que le ciel s’ouvre et il se produit une nouvelle manifestation : celle de Dieu qui se révèle Trinité : Jésus est  au centre, Fils engendré par le Père : Celui-ci fait entendre sa voix, et  l’Esprit-Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descend sur Jésus et lui confère l’onction qui fait de Jésus le Messie, “Machiah”, en hébreu,  ;  Christos, en grec.   

Ce Jésus- Messie vient nous introduire dans la vie trinitaire
« Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu » v.16
Traduisons : Lui vous immergera …plongera dans les eaux de la mort pour que vous émergiez et receviez l’Esprit-Saint, mot à mot, le “souffle sacré” le “pneuma aguion”,
         Mais aussi le feu ! De quel feu s’agit-il ? A quel autre moment l’Esprit-Saint se manifestera-t-Il avec le feu ? A Pentecôte, bien sûr, sous forme de langues de feu. Il s’agit bien d’un feu sacré qui réchauffe notre monde et lui fait goûter la joie et la chaleur d’aimer, de partager, de vivre pleinement.

         « Élève la voix » (proclamait Isaïe au peuple découragé par les divisions et les luttes au retour d’Exil, 1ère lecture) « ne crains pas. Dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu !  Voici le Seigneur Dieu” »
         Paul a goûté à cette venue de notre Dieu en la personne de Jésus et il rappelle son bienveillant dessein à notre égard. « Car [Jésus] s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien… » « Par le bain du Baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit-Saint. »
        
         Prenons-nous bien conscience de notre Baptême ?
Le Baptême a inauguré en nous la mort du vieil homme et la naissance de l’homme nouveau :  Ep 4,20-24 « Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins vous l'avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus,  à savoir qu'il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement  et revêtir l'Homme nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. »
Renouvelés par l’Esprit-Saint, il ouvre en nous le chemin d’une intimité qui n’aura de cesse de grandir à toutes les étapes de notre histoire dans la mesure où nous vivrons cette promesse de Dieu Lui-même : « C’est toi mon enfant bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. »
         Rendons grâce  pour tout ce que notre baptême a permis en nous jusqu’à maintenant et tout simplement, pour le fait d’être là ce matin, unis entre baptisés, cherchant à mieux connaître et à mieux faire Corps avec le Fils bien-aimé par excellence : Il ne garde pas jalousement sa filiation mais nous la fait partager.
A propos, connaissez-vous la date de votre Baptême ? Le pape François, cette semaine nous a invité à la retrouver et à célébrer son anniversaire : bonne et sainte idée, pas vrai ?

AMEN !

jeudi 3 janvier 2019

HOMELIE de l’EPIPHANIE Année C - Mt 2,1-12 6 Janvier 2019


HOMELIE de l’EPIPHANIE Année C - Mt 2,1-12
6 Janvier 2019

EPIPHANIE:  “Action de se montrer, manifestation”

Dans la 2ème  Lecture de ce dimanche, Paul parle d’un “mystère” que Dieu nous a révélé par grâce : « Ce mystère, c’est que tous les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » Ep 3,5

Aujourd’hui encore, cette parole de Paul est pleine d’actualité : mais comment annoncer l’Évangile à tous ?

Pour le faire, il faut plusieurs dispositions. Regardons nos mages.
1 - Ce sont des païens en quête de vérité et  qui se mettent en route. Mais leur recherche, si noble soit-elle, ne leur permet pas de trouver ce qu’ils cherchent. Ils ont besoin des Écritures. Elles désignent ce roi.
Ainsi, pour annoncer l’Évangile, il faut d’abord bien connaître l’Évangile et les Écritures que nous avons reçus en “héritage”. De nombreux ouvrages très accessibles sont disponibles aujourd’hui. Des groupes nombreux les étudient et bien des réunions sont introduites par une de leur page.

2 - Connaître les Écritures ne conduit pas nécessairement à celui qu’elles désignent. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les prêtres du Temple et les scribes qui les lisent et les interprètent, ne bougent pas. Il faut également  se mettre en route, par la foi, pour aller jusqu’à Jésus.
Les mages, bien que païens, se sont donc mis en route et il leur est manifesté, qui est ce roi, objet de leur recherche : c’est l’Épiphanie de Dieu. Ils ne s’y attendaient sans doute pas, tant Jésus était né dans de si pauvres conditions, mais: ils ont accepté l’étrangeté, pour un roi, d’être si humble et ils lui ont manifesté leur reconnaissance par leurs présents. 
Pour annoncer l’Évangile à tous, il ne faut pas avoir de préjugés qui empêchent de rencontrer les autres différents de nous. 

3 - Après la découverte du Roi de l’univers, les mages sont repartis par un autre chemin, rejetant celui d’un Hérode que la soif de pouvoir et la corruption ont conduit aux crimes les plus odieux jusque dans sa propre famille : n’a-t-il pas fait mettre à mort trois de ses fils et sa femme préférée ? Ils ont tenu compte des conditions politiques du monde de leur temps.
Pour évangéliser, il faut être présent d’une façon ou d’une autre, dans le monde d’aujourd’hui, en le regardant avec bienveillance, mais en dénonçant toute forme de mensonge sur la réalité. N’avons-nous pas de grands défis à relever pour que notre monde soit plus humain : justice et partage ; respect de la création et de la vie, depuis ses débuts jusqu’à sa fin. Proposer aux jeunes générations un avenir qui ait du sens et de la joie, même dans les efforts ou les épreuves, jusqu’au-delà de la mort. Nous ne pouvons rester sur la touche : Il faut chercher et proposer des modes de vie sains et respectueux et donc rejeter certains autres qui corrompent et détruisent notre humanité.

Enfin, nous n’évangéliserons jamais sans le Seigneur et l’Esprit qu’Il nous a promis. Par la prière et par la vie sacramentelle, faisant corps avec le Christ, nous pourrons inviter ceux qui ne le connaissent pas à nous rejoindre pour avoir part à la promesse et être rassemblés auprès de Dieu dans le même bonheur d’aimer qui ne finit pas, comme l’annonçait Isaïe à Jérusalem dans la 1ére Lecture de ce jour.

Bonne année évangélique  avec l’Esprit qui nous précède et nous rend heureux de partager le merveilleux dessein de Dieu révélé dès sa venue dans notre monde aux mages païens de son temps. Ne désire-t-Il pas le révéler aux “païens” d’aujourd’hui ? Ne veut-t-Il pas le faire avec nous ? Rendons-Lui grâces de nous associer à son dessein bienveillant.

AMEN !

jeudi 27 décembre 2018

HOMELIE du Dimanche de la SAINTE FAMILLE- C. 30 Décembre 2018 – Lc 2,41-52


HOMELIE du Dimanche de la SAINTE FAMILLE- C.
30  Décembre 2018 – Lc 2,41-52

 
         Pourquoi la liturgie de ce Dimanche, présentant en exemple la Sainte Famille, a-t-elle choisi ce récit de l’Évangile où il est question, si ce n’est d’une fugue du Seigneur du moins d’un comportement qui aurait lieu d’inquiéter bien des parents ?
         Est-ce bien l’intention de l’évangéliste St Luc ? Si l’on y regarde bien, son Évangile commence au Temple de Jérusalem, avec Zacharie, prêtre officiant ce jour-là, qui deviendra, à la suite de l’intervention de l’ange Gabriel, père de Jean-Baptiste. Ce même Evangile se termine au Temple, où les Apôtres, le Christ les ayant quittés définitivement à l’Ascension, « étaient continuellement dans le Temple bénissant Dieu » Lc 24,53.
         Le Temple est au cœur de la foi juive. Jésus y est chez Lui. Présenté 40 jours après sa naissance (fêtée au 2 février), il y est présent de nouveau à la “Bar Mitzva”, âge où le jeune juif devient “un fils du précepte”. Il y chassera les vendeurs qui ont dénaturés sa destination : espace de prière pour le peuple et les païens et de rencontre avec Dieu. C’est autour du Temple que trois fois par an, à Pâques, Pentecôte et Soukkot (fête des Tentes) se réunit le peuple juif : c’est leur « Maison de famille ».

Venons-en aux pauvres parents. Le retour à Nazareth, distante de 110 Kms, prenait trois jours. Il se faisait par groupe de marcheurs : hommes, femmes, enfants. Ils se retrouvaient aux étapes pour les repas et la nuit. Ne l’ayant pas retrouvé, Marie et Joseph retournent à Jérusalem, angoissés : c’est leur enfant et, de plus, Dieu leur a confié la mission de l’élever.
Vous rappelez-vous ceux qui, en d’autres circonstances, attendront le troisième jour pour retrouver ce même Jésus ? Les Apôtres, bien sûr, et sans doute Marie. Luc n’annonce-t-il pas la Pâque à venir où Jésus, après s’être donné Pain de Vie à la Sainte Cène, donnera sa vie pour ressusciter le troisième jour ? Ne manifestera-t-Il pas alors sa nature humaine, par sa mort, et sa nature divine, par sa résurrection ?

Ce passage d’Évangile ne nous manifeste-t-il pas la même intention ?
Quelle est la question de Marie à son Fils Jésus ?  « Enfant, pourquoi as-tu agi ainsi envers nous ? Vois, ton père et moi nous te cherchions angoissés ? » De quel père s’agit-il ? De Joseph.  Et que répond Jésus ? « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ! » De quel père s’agit-il ? De Dieu. En deux phrases, Luc exprime le merveilleux mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu : homme par sa mère et son père adoptif, Joseph; Dieu par son Père céleste.
        
Marie ne comprend pas tout, mais devine le mystère auquel elle avait accepté de participer plus de 12 ans auparavant. Elle n’a pas fini de le comprendre. Il faudra encore qu’elle passe par la mort de son Fils pour découvrir sa Résurrection et comprendre définitivement le dessein miséricordieux de Dieu.
Pour l’heure, elle garde tout cela en son cœur.
        
Marie, Joseph et Jésus sont repartis pour Nazareth où jusqu’à environ 30 ans, Jésus restera auprès d’eux, dans le cadre quotidien de la vie en famille, grandissant en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes. N’est-ce pas la vocation de toute famille qu’un père et une mère accompagnent ainsi les enfants qui leur sont donnés ?
Nous prierons pour les familles douloureusement affectées par le décès d’un père ou d’une mère, ou par le départ de l’un ou l’autre. Nous prierons pour nos sociétés à l’échelon mondial, où toutes sortes de déviations matérielles, égoïstes, culturelles plongent nombre de familles dans la misère et la pauvreté spirituelle. Cela ne doit pas nous faire oublier le dessein premier et merveilleux de Dieu vis-à-vis des familles et la foi et la joie de ceux qui veulent en fonder une avec son aide pleine d’amour.
AMEN !

dimanche 23 décembre 2018

HOMELIE DE LA NUIT DE NOËL 24 Décembre 2018 – Lc 1, 39-45


HOMELIE DE LA NUIT DE NOËL
 24  Décembre 2018 – Lc 1, 39-45

“ Ayant vu, les bergers firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant » ” Lc 2,17
 
         La nuit de Noël éveille chez beaucoup d’entre nous à la fois émerveillement auprès de la crèche et tendresse pour cet enfant couché dans une mangeoire avec ce jeune couple et ces humbles bergers. C’est beau et nous avons bien raison de construire des crèches et de prier tous devant elles. Il faut garder ces images de lumière et d’humanité.
Petite parenthèse en passant : ne condamnons pas les habitants de la petite bourgade de Bethléem qui n’ont pas pu les accueillir « car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » ! L’hospitalité traditionnelle des peuples de l’Orient et leur esprit de famille contredisent cela. Seulement, dans la salle commune, petits et grands séjournent, prennent leur repas et dorment. Il aurait été difficile à Marie de mettre au monde son fils devant tout le monde, sans compter les cris du nouveau-né ! A cette époque les salles communes étaient surélevées et dessous se trouvait l’étable des bêtes de la famille.

         Il y a un autre motif pour s’émerveiller.
Qui d’entre nous, sœurs et frères, n’a pas eu  un jour ou l’autre désirer fortement voir Dieu ? Dieu, on en entend parler ; nous-mêmes nous Lui parlons dans nos prières, mais comment est-Il ? Parfois Il nous paraît même absent et tellement silencieux !
         Depuis longtemps, beaucoup ont voulu voir Dieu. C’est une demande de Moïse au Sinaï : «  Fais-moi de grâce voir ta gloire ! » Ex 33,18-20 Mais Dieu lui répond qu’on ne peut le voir sans mourir et Il se fait voir à Moïse que de dos : c’est ainsi que, tant que nous serons en ce monde, nous le verrons après avoir reconnu son passage dans notre vie.
         Quelques siècles près, l’apôtre Philippe, quand Jésus annonce qu’Il va partir pour aller vers le Père, lui demande : « Montre-nous le Père et cela nous suffit ! » Jn 14,8 Que lui répond Jésus : « Qui me voit, voit le Père…Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » v.10

Oui ! Nouvelle source d’émerveillement. Dieu, que l’on croyait, si loin est là au milieu de nous en la personne de son Fils unique Jésus. Ah, c’est sûr qu’en regardant ce bébé emmailloté dans une mangeoire, ce n’est pas évident ! Mais nos yeux peuvent-ils voir l’invisible ? C’est notre cœur et notre esprit qui écoute et croit à la Parole de Dieu qui nous le fait voir, comme les bergers ont cru à la Bonne Nouvelle de l’ange et sont allés voir. Et dans la joie de ce qu’ils ont vu, comme cela leur avait été dit, ils ont tout raconté à leur entourage, repartant en glorifiant Dieu.

         Que cette veillée et messe de Noël nous gardent émerveillés, plein de reconnaissance, de joie et d’amour, si bien que notre entourage en sera peut-être étonné mais certainement heureux et n’oublions pas de prier tous, quel que soit votre foi, devant la crèche.


AMEN !