HOMÉLIE Dimanche EPIPHANIE. Année A – Mt 2,1-12
Le 4 Janvier 2026.
Nous célébrons la Fête de l’Épiphanie. Ce mot vient du grec « Epifaneia » epifaneia, qui signifie « apparition » “manifestation”. Dans le cas présent, il est question de la manifestation d’une lumière, d’une clarté dans nos nuits, voire nos ténèbres. Mais de quelle lumière s’agit-il ? Paul nous parle d’un “Mystère” : Mais que signifie le mot "Mystère" ? Le mot vient du grec "musterion" musterion, qui désigne une chose cachée, un secret ; les choses de la religion confiées seulement aux initiés et non au commun des mortels. Par extension, il désigne une volonté secrète de l’homme ou de Dieu. La racine de ce mot est "muo" muw, qui signifie : "se fermer les yeux" lorsqu’ils ont éblouis. De même qu’on ne peut fixer des yeux le soleil, de même on ne peut saisir un Mystère (Mais s’il n’y a plus de soleil, tout est obscur et froid). Il en est ainsi du Mystère. Loin d’être « ce qu’il ne faut pas chercher à comprendre », il est, selon la belle expression du P. François VARILLON, « ce qu’on n’a jamais fini de comprendre ».
Notre intelligence rationnelle, en effet, ne peut saisir que Jésus est à la fois Dieu, incréé et éternel, et homme, créé et mortel. Mais si Dieu ne s’est pas incarné en Jésus, nous a-t-Il vraiment rejoints ? Est-Il vraiment Emmanuel, "Dieu-avec-nous" ?
Pour le chrétien, le Mystère n’est donné que par Révélation
Paul, dans la 2ème lecture de ce jour, utilise 3 fois le mot mystère et au début de cette même lettre aux Éphésiens, il écrit ceci : « Il ( Dieu) nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu’Il avait formé en Lui par avance » (Ep 1,9) et dans le 2ème lecture d’aujourd’hui, dans cette même lettre n’écrit-il pas : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » (Ep 3,5)
Ce dessein de Dieu envers tous les hommes avait été révélé à Abram en Gn 12,3 quand Dieu l’avait appelé et il avait été évoqué par le prophète Isaïe, plusieurs siècles auparavant, avec l’annonce d’un rassemblement de tous les peuples à Jérusalem, à l’initiative de Dieu, comme il nous l’a été proclamé dans la première lecture (Is 60 ,1-6).
L’Évangile d’aujourd’hui nous présente des mages païens,
venus d’Orient, qui ont perçu un appel à travers un astre en qui ils ont mis leur confiance pour les conduire au but recherché. En véritables sages et hommes de science, ils ont reconnu les limites de leurs connaissances, et se sont adressés aux chefs des prêtres et aux scribes d’Israël. Ils ont cru aux prophéties que ces autorités leur ont fait connaître. En se rendant auprès du "roi des juifs", quelle n’a pas été leur surprise de découvrir ce roi qu’ils cherchaient en un petit enfant. Ils auraient pu être déçus : mais ils l’ont adoré.
Mais contrairement aux chefs d’Israël, qui sont restés dans leur “savoir”, les mages “se sont bougés” et sont venus s’incliner humblement devant l’enfant-Dieu en lui offrant leurs présents. Puis, fidèles à un songe leur recommandant de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Ne serions-nous pas aujourd’hui un peu comme ces mages ? Nous nous sommes déplacés en cette église et nous nous présentons au Seigneur tels que nous sommes, non sans notre "paganisme" : ce qui, en nous, est étranger à l’Évangile, qui résiste à l’Esprit Saint et que nous ne sommes peut-être pas trop pressés de convertir. Mais nous sommes là aussi avec notre foi, même petite, mais qui nous guide comme une étoile. Comme les mages, mais de façon symbolique, nous passons par les Écritures que nous venons d’entendre afin de trouver Celui que nous cherchons sans trop Le connaître. Enfin, nous trouvons Celui que nous cherchons : nous Lui apportons notre vie, nos demandes, nos offrandes qui ne sont plus l’or ou l’encens mais le pain et le vin qui deviendront le Corps et le sang de Celui qui a traversé la mort, qui est vivant et qui se donne à nous.
Puis, nous étant unis à Lui et à nos frères et sœurs ici présents, nous repartirons vers ceux qui ne sont pas là et à qui nous pourrons apporter le rayonnement de sa lumière et la joie d’aimer comme Il nous l’a appris en sa personne, humble et vulnérable.
Cette fête de l’Épiphanie doit redonner le souffle et l’élan qui ont accompagnés tous les disciples du Christ. Et à développer tout particulièrement la vie fraternelle qui construit la paix » dans toutes ses dimensions.
Voici, mes frères le beau programme pour une année que je vous souhaite bonne, belle et sainte. AMEN !
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