mercredi 25 juin 2025

CELEBRATION DES APOTRES PIERRE ET PAUL - Dimanche 29 juin 2025

 

    Chers amis, ce dimanche 29 Juin où sera célébrée la fête des deux grands apôtres Pierre et Paul, au cours de laquelle seront ordonnés pour le diocèse de Versailles 6 diacres, en vue du sacerdoce, et en France, une centaine de prêtres, je serai déjà en vacances au repos, pour reprendre le ministère fin juillet et assurer la présence, sur la paroisse, d’un prêtre tout le mois d’Août. 

    Aussi, je n’ai pas préparé d’homélie, n’ayant pas à en donner, mais je vous joins une lettre de notre pape Léon XIV sur ce qu’il pense des prêtres, mais aussi un appel de l’association « Action contre la Faim » qui nous presse de soutenir les habitants de Gaza à toute extrémité.

Merci de faire ce que vous pouvez et bon été à tous, particulièrement à ceux qui ne peuvent partir.

 

A Gaza, au bord de la famine: Aïcha, Présidente d'Action contre la Faim. <service.donateurs@info.actioncontrelafaim.org>   


 

© ho/Vatican Media/AFP

 

Ce que Léon XIV pense des prêtres

 

Faut-il désacraliser la figure du prêtre ? C’est l’une des questions qui hantent aujourd’hui l’Église, abîmée notamment par les révélations de violences sexuelles ou d’abus spirituels commis par des membres du clergé. La définition du sacerdoce forgée au concile de Trente (1545–1563), pensée en réaction aux idées de Luther, est régulièrement remise en cause – alors même qu’elle entendait répondre à une crise de crédibilité du clergé. Aux yeux de ses critiques, cette vision du prêtre comme un homme sacré, « à part », aurait favorisé l’impunité. Sa sacralité aurait paralysé tout sens critique.

 

Certains plaident alors pour un changement de paradigme : faire du prêtre un chrétien parmi d’autres, distingué uniquement par une fonction. Mais cette vision inquiète certains théologiens. À force de désacraliser, ne risque-t-on pas d’effacer la spécificité du ministère ? Sa « dimension ontologique » ?

 

Qu’en pense le pape Léon XIV ? Dans son premier discours adressé au clergé de Rome, jeudi 12 juin, il a esquissé une vision du sacerdoce construite autour de trois axes : la communion, l’exemplarité et l’engagement prophétique. Son vocabulaire – « service », « chemin pastoral », « engagement » – s’inscrit clairement dans la lignée de Vatican II, notamment du décret Presbyterorum ordinis (1965), qui avait rompu avec une conception strictement cultuelle du sacerdoce. Le prêtre, dans cette perspective, n’est pas un homme séparé de la communauté. Le pape américain a ainsi choisi de ne pas insister sur son rôle liturgique ou sacramentel. L’Eucharistie n’est pas citée dans ce discours, ni les mots de « sacrifice » ou « offrande ».

 

« Réancrage » moral

 

Les points importants qu’il développe concernent la fraternité, la proximité, l’action sociale. Les trois prêtres italiens qu’il cite en exemple en témoignent : Don Primo Mazzolari, Don Lorenzo Milani et Don Luigi Di Liegro, des figures engagées dans la défense des pauvres et la justice sociale. Mais le cœur du discours vient sans doute plus loin, lorsque le pape aborde les fragilités du clergé : « climat culturel qui favorise l’isolement », « sentiment de lassitude », « nivellement par le bas »… Il en appelle alors à la cohérence de vie : « Engageons-nous tous à être des prêtres crédibles et exemplaires », lance-t-il, rappelant l’importance d’une vie transparente, fidèle à l’appel initial.

 

« Laissez-vous encore attirer par l’appel du Maître, pour ressentir et vivre l’amour de la première heure, celui qui vous a poussés à faire des choix forts et des renoncements courageux », dit Léon XIV. Ce passage tranche avec certaines lectures postconciliaires insistant sur l’activité pastorale. Léon XIV introduit un autre accent : dans un contexte de défiance, la crédibilité du ministère passe peut-être par l’exemplarité personnelle. Les prêtres sont invités à redevenir des figures de référence, réancrées moralement – sans revenir au modèle tridentin du prêtre-sacrificateur, mais sans non plus se contenter d’une fonction d’animateur de communautés.

 

Le 12 juin, Léon XIV terminait son adresse aux prêtres en citant saint Augustin (Sermons 138, 10), comme il le fait dans presque tous ses discours. « Aimez cette Église, restez dans cette Église, soyez cette Église. Aimez le bon Pasteur, l’Époux très beau, qui ne trompe personne et ne veut que personne ne périsse, lisait le pape. Priez aussi pour les brebis égarées : qu’elles viennent elles aussi, qu’elles reconnaissent elles aussi, qu’elles aiment elles aussi, afin qu’il y ait un seul troupeau et un seul Pasteur. »

 

 

 

 

 

jeudi 19 juin 2025

HOMÉLIE de la FÊTE du Saint-Sacrement du CORPS et du SANG du CHRIST -"Donnez-leur vous-mêmes à manger". Lc 9, 11b-17 – 22 Juin 2025

 

HOMÉLIE de la FÊTE du Saint-Sacrement du CORPS et du SANG du CHRIST - Lc 9, 11b-17 – 22 Juin 2025 

« Donnez-leur vous-mêmes à manger  ».

 

Comment comprenez-vous cette parole de Jésus ?

Le sens le plus évident, et que les Apôtre ont compris ainsi, c’est : « Vous, donnez-leur à manger » Comme si Jésus leur confiait une mission quasi impossible pour nourrir les 5 000 hommes rassemblés (sans compter les femmes et les enfants !) Et cependant, ils exécutent sa demande et préparent une distribution de nourriture dont ils n’ont pas la moindre idée de savoir comment elle se réalisera : ce sont vraiment des hommes de foi !

Que s’est-il passé précédemment ? Aux foules qui l’avaient suivi, Jésus avait parlé du Règne de Dieu et avait guéri ceux qui en avaient besoin. Il comble leurs manques et se donne tout entier à ces gens en souffrance ou en attente de connaitre ce qu’est le Règne de Dieu. Le jour commençait à baisser et ces mêmes foules risquaient d’être affamées sans abri pour la nuit. Jésus va les nourrir : comment ? A partir des pains et des poissons qu’elles lui apportent.

Après s’être donné, Lui, Parole de Dieu, il va nourrir avec le pain multiplié, ce pain qui annonce un autre Pain qui est son Corps donné pour nous.   

Alors nous pouvons comprendre le « donnez-vous vous-mêmes à manger » comme ce qu’Il a fait Lui-même : « Donnez-leur de vous manger vous-mêmes ». Bien sûr, Il ne nous demande pas de nous donner en nourriture à la façon dont Il se donne dans l’Eucharistie, mais Il nous demande d’être "mangés" par ceux qui s’adressent à nous dans le besoin, lorsqu’ils manquent de toute forme de chose. N’est-ce pas le sens des œuvres de miséricorde ?

Quand cela nous arrive, nous devenons comme Lui, surtout si nous le faisons avec le même cœur que Lui, un cœur touché par le manque qu’un frère cherche à combler. 

D’accord me direz-vous, mais comment faire, bien souvent tant l’entreprise parait difficile ou même  insurmontable ? Faisons comme Jésus : Il part du réel qui se présente à Lui, c’est-à-dire les cinq pains et deux poissons qu’on lui présente. Puis Il met sa confiance en Son Père et L’invoque. Cette double attitude de la prise en compte du réel et de la confiance dans la fidélité du Père nous est offerte encore aujourd’hui.

En venant communier, nous « devenons ce que nous recevons » : nous demeurons en Lui comme Il demeure en nous. Il est vraiment nourriture, nous en sommes fortifiés. Soutenus ainsi, transformés parce qu’habités par Lui, nous sommes relevés de nos fatigues, de nos inerties et du poids du péché. Nous pouvons alors agir avec Lui.

Prendre ce pain, c’est entrer dans cette dynamique du don de soi comme Lui-même l’a fait et devenir nourrissant pour nos proches.

Donne-moi faim de Toi, Seigneur ! Préserve-moi de la routine et de l’habitude ; que ce pain ne devienne insipide, comme la manne dans le désert. Et lorsque je t’aurai reçu, ouvre mes yeux et mon cœur vers ceux qui sont tes frères et que tu mets sur mon chemin. Mes eucharisties deviendront passionnantes, car remplies de Toi et alors, je pourrai Te représenter. Ta Parole m’éclairera pour moi et pour eux ; Ton Pain sera ma nourriture et celle de Ton Corps et ton Sang tout entiers,  (c’est-à-dire : tous mes frères, auquel Tu m’associes).

 « Il est vraiment grand ce mystère de la Foi ! » Nous t’en remercions et nous faisons Eucharistie avec Toi.

 

 

AMEN !

mercredi 11 juin 2025

HOMÉLIE de la Fête de la SAINTE TRINITE – 15 Juin 2025

 

 

HOMÉLIE  de la Fête de la SAINTE TRINITE – 15 Juin 2025

 

La Trinité Sainte est l’un des trois grands Mystères de notre foi chrétienne, que nous n’avons pas fini de comprendre et que nous ne comprendrons que dans la pleine vision éternelle de Dieu. Est-ce à dire que nous ne pouvons rien en dire ?

Le Credo de Nicée, dont nous célébrons cette année le 1700ème anniversaire le 19 juin prochain, débute ainsi : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant… ». Le monothéisme chrétien est bien affirmé, mais il a quelque chose de particulier par rapport aux monothéismes juif et musulman.

Pour les chrétiens, Dieu n’est pas un principe absolu, monolithique, arbitraire, finalement très loin de nous dans sa grandeur infinie et ineffable. Si Dieu est Amour, Il n’est pas solitaire mais Il n’est pas non plus divisé. Au 3ème siècle, l’Église a du forger un nouveau nom, “Tri-unitas”, pour rendre compte de cette réalité révélée de Dieu en Jésus-Christ et par l’Esprit Saint. Une seule nature divine, en trois personnes distinctes, unies par un Amour infini.

Vers 360 après Jésus-Christ, parlant de la Sainte Trinité, St Athanase, évêque d’Alexandrie en Égypte, écrit à un confrère évêque de son pays, Sérapion : « Le Père fait toute chose par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la Sainte Trinité est sauvegardé. Voici donc ce que l’Église  annonce : un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ;  par tous, par le Verbe ;  en tous,  dans l’Esprit Saint. »

Les textes de notre Messe d’aujourd’hui rappellent ces trois caractéristiques trinitaires.

La Sagesse, “qui trouve ses délices avec les fils des hommes” (Proverbes 8,31) nous apprends à maîtriser et soumettre autant qu’il est possible, l’univers pour le bien de tous. Nous sommes coresponsables  de la Création avec le Père, “Créateur du ciel et de la terre”.

L’Esprit Saint nous guide par les Paroles du Fils et du Père pour nous conduire aux situations vraies, aux échanges riches qui permettent la communion (Jn 16,12-15). Il nous rend capables de vivre des relations d’amour désintéressé, des relations qui ne soient ni dépendance, ni domination blessante. Il nous rend libres.

Enfin, “par le Seigneur Jésus-Christ, nous avons accès au monde de la grâce” qui donne la force au travers des épreuves “nous conduisant à la persévérance, la valeur éprouvée et l’espérance qui ne trompe pas” (Rm 5, 5).

Oui, Dieu Trinité est toute entière puissance d’amour créatrice et productrice. Les trois personnes nous invitent à entrer dans leur intimité par la grâce du “Baptême d’eau” en leurs Noms. Si bien que nous pouvons les prier l’une ou l’autre, selon nos sensibilités, la nature de notre prière ou l’évolution de notre foi. Il n’y a ni rivalité, ni jalousie entre elles. Elles nous apprennent la communion entre nous. Comme chacune de ces personnes, il faut avoir un cœur humble et accueillant, capable de “plonger” (sens du mot “baptême”) dans ce courant d’amour infini.

Ces dispositions de cœur et d’esprit, nous les demandons pour nous-mêmes, pour nos proches, notre communauté paroissiale et toute l’Église et en cette fête des pères, tout particulièrement pour nos pères. Que St Joseph, père de Jésus, qui a merveilleusement répondu “Oui” au Père ; qui, dans son humilité, a fait un accueil total au don de l’Esprit Saint, et qui a élevé le Fils de Dieu, qu’il nous  accompagne et nous soutienne avec son épouse , la Vierge Marie.

AMEN !

jeudi 5 juin 2025

HOMÉLIE de PENTECÔTE – Jn 14,15-16.23b-26 - 8 Juin 2025

 

 

HOMÉLIE  de PENTECÔTE – Jn 14,15-16.23b-26

8 Juin 2025

 

« Je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Défenseur qui sera toujours avec vous : l’Esprit de Vérité» Jn 14, 16

 

Jésus va demander à son Père un autre  Défenseur pour ses disciples. C’est donc que Jésus a été le premier Défenseur de ses Apôtres. Contre quoi les a-t-Il défendus ? Entre autre, contre toute fausse représentation de Dieu.

En leur faisant découvrir Dieu comme un Père et en les enseignants sur la véritable relation à ce Père, Jésus leur évite de Le soupçonner de ne pas les aimer, particulièrement dans les épreuves de leur vie. De plus, Il les défend contre leurs  tentations de possession, de volonté de puissance ; contre leurs propres violences et celles du monde ; souvent contre leurs peurs, contre leurs angoisses même; bref Il leur a montré qu’ils n’étaient pas orphelins, livrés à eux-mêmes.

Mais pour rester fidèles à ses commandements, de quel autre Défenseur ont-ils besoin ? D’un Défenseur qui apporte la Vérité et assure la continuité de ce que Jésus disait et faisait, pour que, comme Paul l’exprimait dans sa lettre aux Romains, (qui nous a été donnée en deuxième lecture), les disciples ne retournent pas « sous l’emprise de la chair ».

Que signifie cette expression ? Chez Paul, les notions bibliques de chair et esprit ne recouvrent pas les conceptions grecques de corps et âme, dont nous avons hérité. Pour Paul, la chair désigne l’être humain tout entier, corps et âme, dans sa fragilité (« Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous » Jn 1,14) mais aussi dans son attirance vers le mal et sa tendance à y succomber. Un être sous l’emprise de la chair est un être dominé par ses instincts désordonnés, ses pulsions, son égocentrisme, son orgueil  et en particulier, son soupçon sur Dieu et son refus de la vérité qui est le péché. Esclave de lui-même et de ses passions qui l’entraînent vers le bas, il ne se laisse pas libérer par le Christ.

Si donc l’on veut suivre le Christ et rester avec Lui, Il nous donne cet autre Défenseur qui sera avec nous pour nous « inspirer » ce qui est bon et vrai pour nous et pour les autres, et nous donnera la force de le réaliser. Sous « l’emprise de l’Esprit », nous serons libres et non plus esclaves des forces du mal.

Mais mieux encore, nous pourrons nous comporter en enfants bien-aimés et nous adresser à Dieu avec les mots même de Jésus. Nous pourrons lui dire : « Abba ! Père ! » (Et même, si l’on gardait la traduction exacte, on pourrait dire : « Papa ! »).

A Pentecôte, c’est toute l’Église qui reçoit l’autre Défenseur. En lisant les Écritures, elle se souvient des paroles et des actes de Jésus. Elle reçoit la lumière et le dynamisme  symbolisé par les langues de feu pour faire savoir au monde que Dieu aime tous les peuples ; Il veut être avec eux comme un Père et Il nous invite à nous conduire comme des frères, avec cette dignité incomparable d’enfants bien-aimés.

Exprimons notre dignité par toute notre vie inspirée à tout instant par l’Esprit du Père et du Fils qui nous a été donné et prions-Le d’être toujours avec nous. Nous ne sommes vraiment plus seuls. Que nos cœurs soient remplis de reconnaissance,

AMEN !