jeudi 20 décembre 2018

HOMELIE 4ème Dimanche de l’AVENT- C. « La Visitation » 23 Décembre 2018 – Lc 1, 39-45


HOMELIE 4ème Dimanche de l’AVENT- C. « La Visitation »
 23  Décembre 2018 – Lc 1, 39-45

“ Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la Part du Seigneur ” Lc 1,45
 
         En ce dernier dimanche avant Noël, L’Église nous présente le récit de la rencontre de deux femmes à la fois semblables et différentes. Elles sont profondément croyantes et attendent toute deux un enfant ; elles sont bien différentes : l’une est âgée, l’autre jeune ; l’une était stérile, l’autre vierge.
         Ce récit, déjà plein de fraîcheur et de joie, n’est pas seulement celui d’une rencontre familiale entre deux générations. Il présente la réalisation déjà commencée de la venue du Seigneur dans notre humanité. Cette bonne nouvelle annoncée par l’ange Gabriel a reçu toute la confiance de ces deux femmes et nous voyons que le Seigneur les a comblées de joie.
         En effet, l’ange avait annoncé à Zacharie que son enfant “serait rempli de l’Esprit-Saint dès le ventre de sa mère” Lc 1, 15. C’est pourquoi il tressaille (le mot original grec : eskirtessen - vient de skirtao , qui a donné le “sirtaki”, la danse grecque d’aujourd’hui ! ). Sa mère Élisabeth, « remplie de l’Esprit Saint elle aussi, traduit la manifestation de Jean-Baptiste par la belle parole de bénédiction que nous retrouvons dans le “Je vous salue Marie” Elle s’écrie d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni » 1, 42
         Nous sommes à une charnière : celle de la Première Alliance avec la Nouvelle Alliance. Élisabeth et Zacharie représentent la Première Alliance. Ils sont âgés. Ils ont vécu longtemps avec le désir d’enfant qui semblait ne pouvoir se réaliser. Il y a en eux comme la longue attente messianique soutenue par les prophètes tout au long de la Première Alliance. Avec la venue de Jean-Baptiste, leur attente est comblée, signe que cette Première Alliance trouve son accomplissement.
         Marie est jeune et vive. Elle porte en elle le Seigneur. Elle annonce la Communauté chrétienne qui porte aussi en elle son Seigneur et qui veut communiquer cette bonne nouvelle en toute hâte au monde entier. N’est-ce pas la mission donnée à l’Eglise, peuple de la Nouvelle Alliance ?

         Le Seigneur est venu partager dans notre monde, comme l’exprime si bien le début de Gaudium et Spes n°1 (Constitution Pastorale sur L’Église dans le monde de ce temps) « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de ceux qui souffrent… »  Ne doivent-ils pas être aussi “les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur” ?
        
La fête proche de Noël nous invite à la rencontre avec Dieu et nos semblables ; elle se fera dans la conversion de notre cœur et le rejet de tous les préjugés et peurs que l’on peut avoir lorsque l’on va vers des inconnus ou des personnes proches que l’on croit bien connaître. Déjà nous pouvons, comme Marie et Élisabeth, accueillir la force de son Esprit-Saint que nous avons reçu grâce au don de sa vie, Lui qui s’est fait pain dans une mangeoire la nuit de Noël. Alors, notre cœur se remplira de sa présence et, comme Jean-Baptiste, nous pourrons danser de joie !

AMEN !

jeudi 13 décembre 2018

HOMELIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. – "Que nous faut-il faire ? " Lc 3, 10-18 16 Décembre 2018


HOMELIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. – Lc 3, 10-18
16 Décembre 2018 

« Que faut-il faire ? »

Quelle réponse Jean-Baptiste va-t-il donner aux gens en recherche de Dieu auprès de ce prophète et qui viennent lui demander : « Que faut-il faire ? » Va –t-il leur demander de tout quitter pour le suivre et vivre comme lui dans l’attente du Messie ?  Va-t-il demander aux fonctionnaires des impôts de quitter leur métier malhonnête ? Va-t-il dire aux soldats de déserter ? Rien de tout cela, mais à tous, il demande d’être compatissants, de partager avec ceux qui manquent de l’essentiel ; aux fonctionnaires des impôts, d’être juste, de ne pas abuser de leur fonction par cupidité ; aux soldats, de respecter toute personne. Rien qui ne soit hors de portée ou héroïque. Simplement se convertir en suivant attentivement la Loi donnée par Dieu : bref, si l’on y regarde bien, pour accueillir Dieu, il leur demande simplement d’être “humain”, profondément humain, c'est-à-dire d’être ce qu’ils sont par création, par nature : image, « icône » de Dieu. Cette « icône », notre « icône » n’est-elle pas bien souvent salie par nos égoïsmes, nos orgueils, nos injustices, nos erreurs, nos violences… Il faut la laver et la purifier et c’est bien le baptême d’eau que Jean-Baptiste donnait en demandant à ceux qui venaient l’interroger de retrouver ce qui était profondément humain en eux. N’est-ce pas la première démarche à faire pour revenir vers le Père, le Créateur ?
Le Messie vient apporter un autre baptême : « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » De l’être humain que nous sommes, Il vient en faire un fils ou une fille de Dieu. Cela ne peut se faire que par le don de Dieu Lui-même, par l’Esprit Saint. Il vient habiter en nous pour nous apprendre à aimer et pour brûler tout ce qui en nous résiste à cet amour pour Lui et pour les autres. Par la foi vécue selon l’évangile, Il nous transforme petit à petit en filles et fils bien-aimés du Père, essayant, bien qu’imparfaits, de ressembler au Fils bien-aimé.
         La véritable source de joie, ne vient-elle pas à la fois de vivre en profondeur notre humanité et vivre du don de l’Esprit Saint en nous qui nous fait comprendre combien le Seigneur nous aime et combien Il nous apprend à aimer à notre tour.
          
         Mais prenons garde ! Jean-Baptiste insiste vigoureusement sur l’urgence de prendre position. A l’aide d’images empruntées au monde rural de son temps, Jean évoque la séparation du grain et de la paille, la distinction entre les « bons » et les « méchants ». Nous savons bien que cette ligne de partage passe au milieu de chacun de nous, entre ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur. Par ces paroles tranchantes, Jean-Baptiste place chacun de nous face à sa propre vie, ses propres choix et l’évangile dit bien que parler ainsi c’est une manière d’annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. Loin de nous attrister, elle nous conduit tout droit vers Celui qui nous aime mieux que tous et nous permet d’aimer en vérité pour notre plus grande joie et notre plus grand bonheur.


Cherchons donc à être pleinement “humains”, avec ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. Jésus ne l’a-t-Il pas sanctifiée en passant la plupart de sa vie humblement  parmi nous, à Nazareth ? Mais demandons-lui aussi, jour après jour le don de l’Esprit-Saint du Père qu’Il nous  “divinise” dans le feu de son amour et le don de nous-mêmes.
        

AMEN !

jeudi 6 décembre 2018

HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C. Lc 3, 1-6 9 Décembre 2018


HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C.  Lc 3, 1-6
9 Décembre 2018

“ Toute chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3,6
 
         Le début solennel de cet évangile confirme la manifestation de la Parole de Dieu dans l’Histoire, cette Parole qui ne cesse de s’adresser aux hommes depuis la Création. C’était au temps vers l’an 27-28 de notre ère, du règne de l’empereur romain Tibère, du gouverneur Ponce Pilate, des princes Hérode, Philippe et Lysanias, des grands prêtres Hanne et Caïphe, bref du beau monde. Alors, “il y eut une parole de Dieu sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert”. La foi chrétienne repose non pas sur des idées mais sur quelqu’un : Dieu qui nous parle. C’est pourquoi, les chrétiens ne sont pas les gens du Livre mais de la Parole vivante 
         Et justement, dans cet évangile, on ne parle pas de Jésus, mais quelque chose se prépare, annoncée par une Parole, qui va bouleverser le monde. Et Jean se met en mouvement : il parcourt la région fertile du Jourdain, en bordure du désert, proclamant un “plongeon” (c’est ce que signifie le mot « Baptême ») plongeon de conversion, de retournement  pour le pardon des péchés. Ainsi s’accomplit la prophétie d’Isaïe. Dieu est fidèle et sa parole réalise toujours ce qu’elle dit.
         Tous les textes de ce 2ème dimanche de l’Avent sont tournés vers l’avenir. Ils annoncent un évènement qui vient, qui sera joyeux parce que le peuple, proclamait Baruch, sera conduit par Dieu à la lumière de sa gloire et escorté de sa miséricorde et de sa justice.
         Oui, c’est bien beau tout çà, mais çà tarde à venir car le monde est loin d’être transformé et il est bien souvent en pleine souffrance ! C’est vrai. Par son ministère, par sa mort sur la Croix et par sa Résurrection, le Christ a inauguré le Royaume de Dieu ; Il en a donné les signes, mais ce ne sont encore précisément que des  arrhes, comme un début du Royaume (en effet, un acompte, c’est une somme d’argent que l’on avance quand on achète quelque chose et qui garantit pour l’avenir le versement total). Jésus a bien vaincu le mal et la mort, mais le mal et la mort sont encore à l’œuvre dans ce monde. Il n’empêche que des signes encourageants sont également à l’œuvre. Voici le temps de la foi où il ne tient souvent qu’à nous et à l’aide que nous apporte l’Esprit du Seigneur de voir se manifester ces signes et même d’être appelés à en être acteurs.
Ces temps de préparation à Noël sont particulièrement favorables : solidarité, partage, mobilisation contre toutes formes de maux que sont les maladies, le chômage, les précarités… Ainsi, toutes les initiatives prises par les associations confessionnelles ou non, mise à disposition de lieux d’accueils pour les sans-logis notamment par les paroisses; visite aux prisonniers et colis de Noël à leurs enfants ;  visites aux personnes isolées, repas de Noël ; bref, vous pourriez en trouver d’autres.  
         Que Dieu seul puisse établir définitivement le Royaume ne doit pas nous démobiliser. Paul nous encourage à progresser dans l’amour et dans le discernement de ce qui est essentiel. Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ? Des personnes ou des choses ? Avec ou sans Dieu ? Pour moi ou pour d’autres aussi ? Pour tout de suite ou pour plus longtemps ? 
         L’évangile d’aujourd’hui se termine par une parole pleine d’espérance et ouverte à toute l’humanité : « Toute chair verra le salut de Dieu ». Puissions-nous, par notre foi et notre charité hâter la venue du Règne de Dieu et que nous, chrétiens ensemble, puissions témoigner de cet amour universel et total de Dieu pour tous. Oui, nous en avons tous besoin !

AMEN !

jeudi 29 novembre 2018

HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C. Lc 21,25-28 ; 34-36 2 Décembre 2018


HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C. Lc 21,25-28 ; 34-36
2 Décembre 2018

AVENT, Temps de l’Espérance.

“ Redressez-vous, relevez la tête… ” Lc 21,28
 
Apocalyptique, le discours de Jésus annonçant sa venue dans l’Évangile de ce jour. Tout d’abord, à quel moment Jésus le prononce-t-il ? Dans le passage qui précède cet Évangile (Lc 21,5-24), Jésus est dans le Temple de Jérusalem. Les disciples en admirent la beauté. Jésus leur annonce qu’il n’en restera pas pierre sur pierre. A leur question : « Quand cela arrivera-t-il ? » Jésus répond par ce discours de style apocalyptique.
C’est un langage codé, pétri d’images de l’Ancien Testament, qu’il ne s’agit pas de prendre au premier degré. Jésus dévoile (ce que signifie étymologiquement le mot "apocalypse") en effet le projet de Dieu. Contrairement aux philosophes de l’Antiquité qui pensent l’histoire du monde comme un éternel recommencement, Il affirme que cette histoire a un sens ; que le monde a été créé par Dieu et qu’il est appelé à se renouveler avec le retour glorieux du Fils de l’Homme. Cette expression est tirée du livre du prophète Daniel. Dn 7. Dans une vision, celui-ci a vu des bêtes monstrueuses surgir de la mer et ravager successivement la terre. Elles représentaient les différents empires qui ont dominé la région. Elles furent remplacées par un fils d’homme qui vient sur les nuées du ciel et à qui un vieillard assis sur le trône a accordé une domination éternelle, une royauté qui ne sera pas détruite.
Jésus, en évoquant le bouleversement des repères habituels de notre monde (le soleil, la lune et les étoiles) ne fait qu’annoncer l’avènement de ce Royaume, qui ira de pair avec le renversement des pseudo-valeurs de ce monde : violence, mensonge, dérèglements de toutes sortes…de quoi susciter une panique profonde chez ceux qui s’y attachent aujourd’hui.
  Jésus recommande alors de rester éveillés, [mot à mot : « soyez sans sommeil » – (hupnos=sommeil)] ce qui pourrait signifier deux choses :
·         Sortez de vos « hypnoses » que Jésus énumère dans ce passage d’Évangile : débauche, ivrognerie, soucis de la vie, bref toutes formes d’addictions qui alourdissent le cœur et la volonté…
·         Mais aussi, veiller à suivre les “chemins de justice” dont parlent les psaumes ; chercher à “vous ajuster” à la volonté de Dieu et, par exemple, « à faire aux autres ce que vous aimeriez qu’ils nous fassent : là est la Loi et le Prophètes » Matthieu 7, 12.  Nous n’aurons plus à ressentir d’angoisse : nous nous redresserons, nous relèverons la tête, nous rendrons courage et espoir aux gens blessés ou même écrasés par les évènements de leur vie, car notre libération approche et nous aurons la force pour nous tenir debout devant le Fils de l’Homme.

Un des signes de l’espérance que nous pourrons montrer au monde, ce sont nos gestes de solidarité, inspirés par la compassion et l’Esprit du Seigneur qui nous rend proche de nos frères. Au nom des dons de Dieu que sont  notre Baptême et notre Confirmation, soyons prompts “à manifester la charité de Dieu, à vivre en actes dans le concret de nos vies, l’amour que nous donne le Père, comme annonce de sa tendresse pour tous les hommes.”     

A la demande de Jésus, prions en tout temps pour demeurer, dans cette attitude de recherche de vie fraternelle ainsi que  d’accueil de la volonté de Dieu. Ce temps de l’Avent nous est propice : préparons dès maintenant la Fête lumineuse et paisible de Noël. 
                                                                   
AMEN !