jeudi 13 décembre 2012

HOMELIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. –« Que faut-il faire ? » - Lc 3, 10-18 16 Décembre 2012


HOMELIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. – Lc 3, 10-18
16 Décembre 2012 

« Que faut-il faire ? »

Quelle réponse Jean-Baptiste va-t-il donner aux gens en recherche de Dieu auprès de ce prophète et qui viennent lui demander : « Que faut-il faire ? » Va –t-il leur demander de tout quitter pour le suivre et vivre comme lui dans l’attente du Messie ?  Va-t-il demander aux fonctionnaires des impôts de quitter leur métier malhonnête ? Va-t-il dire aux soldats de déserter ? Rien de tout cela, mais à tous, il demande d’être compatissants, de partager avec ceux qui manquent de l’essentiel ; aux fonctionnaires des impôts, d’être juste, de ne pas abuser de leur fonction par cupidité ; aux soldats, de respecter toute personne. Rien qui ne soit hors de portée ou héroïque. Simplement se convertir en suivant attentivement la Loi donnée par Dieu : bref, si l’on y regarde bien, pour accueillir Dieu, il leur demande simplement d’être “humain”, profondément humain, c'est-à-dire d’être ce qu’ils sont par création, par nature : image, « icône » de Dieu. Cette « icône », notre « icône » n’est-elle pas bien souvent salie par nos égoïsmes, nos orgueils, nos injustices, nos erreurs, nos violences… Il faut la laver et la purifier et c’est bien le baptême d’eau que Jean-Baptiste donnait en demandant à ceux qui venaient l’interroger de retrouver ce qui était profondément humain en eux. N’est-ce pas la première démarche à faire pour revenir vers le Père, le Créateur ?
Le Messie vient apporter un autre baptême : « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » De l’être humain que nous sommes, Il vient en faire un fils ou une fille de Dieu. Cela ne peut se faire que par le don de Dieu Lui-même, par l’Esprit Saint. Il vient habiter en nous pour nous apprendre à aimer et pour brûler tout ce qui en nous résiste à cet amour pour Lui et pour les autres. Par la foi vécue selon l’évangile, Il nous transforme petit à petit en filles et fils bien-aimés du Père, essayant, bien qu’imparfaits, de ressembler au Fils bien-aimé.
         La véritable source de joie, ne vient-elle pas à la fois de vivre en profondeur notre humanité et du don de l’Esprit Saint en nous qui nous fait comprendre combien le Seigneur nous aime et combien Il nous apprend à aimer à notre tour.
          
         Mais prenons garde ! Jean-Baptiste insiste vigoureusement sur l’urgence de prendre position. A l’aide d’images empruntées au monde rural de son temps, Jean évoque la séparation du grain et de la paille, la distinction entre les « bons » et les « méchants ». Nous savons bien que cette ligne de partage passe au milieu de chacun de nous, entre ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur. Par ces paroles tranchantes, Jean-Baptiste place chacun de nous face à sa propre vie, ses propres choix et l’évangile dit bien que parler ainsi c’est une manière d’annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. Loin de nous attrister, elle nous conduit tout droit vers Celui qui nous aime mieux que tous et nous permet d’aimer en vérité pour notre plus grande joie et notre plus grand bonheur.


Cherchons donc à être pleinement “humains”, avec ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. Jésus ne l’a-t-Il pas sanctifiée en passant la plupart de sa vie humblement  parmi nous, à Nazareth ? Mais demandons-lui aussi, jour après jour le don de l’Esprit-Saint du Père qu’Il nous  “divinise” dans le feu de son amour et le don de nous-mêmes.
        

AMEN !

jeudi 6 décembre 2012

HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C. Lc 3, 1-6 9 Décembre 2012


HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C.  Lc 3, 1-6
9 Décembre 2012

“ Toute chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3,6
 
         Le début solennel de cet évangile manifeste l’irruption de la Parole de Dieu dans l’Histoire.. C’était au temps de l’empereur Tibère, du gouverneur Ponce Pilate, des princes Hérode, Philippe et Lysanias, des grands prêtres Hanne et Caïphe, bref du beau monde. Alors, “il y eut une parole de Dieu sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert”. La foi chrétienne repose non pas sur des idées mais sur quelqu’un : Dieu qui nous parle. C’est pourquoi, les chrétiens ne sont pas les gens du Livre mais de la Parole vivante   
         Et justement, dans cet évangile, on ne parle pas de Jésus, mais quelque chose se prépare, annoncée par une Parole, qui va bouleverser le monde. Et Jean se met en mouvement : il parcourt la région fertile du Jourdain, en bordure du désert, proclamant un “plongeon” (c’est ce que signifie le mot « Baptême ») plongeon de conversion, de retournement pour le pardon des péchés. Ainsi s’accomplit la prophétie d’Isaïe. Dieu est fidèle et sa parole réalise toujours ce qu’elle dit.
         Tous les textes de ce 2ème dimanche de l’Avent sont tournés vers l’avenir. Ils annoncent un évènement qui vient, qui sera joyeux parce que le peuple, proclamait Baruch, sera conduit par Dieu à la lumière de sa gloire et escorté de sa miséricorde et de sa justice.

         Oui, c’est bien beau tout çà, mais çà tarde à venir car le monde est loin d’être transformé et il est bien souvent en pleine souffrance ! C’est vrai. Par son ministère, par sa mort sur la Croix et par sa Résurrection, le Christ a inauguré le Royaume de Dieu ; Il en a donné les signes, mais ce ne sont encore précisément que des  arrhes, comme un début du Royaume (en effet, un acompte, c’est une somme d’argent que l’on avance quand on achète quelque chose et qui garantit pour l’avenir le versement total). Jésus a bien vaincu le mal et la mort, mais le mal et la mort sont encore à l’œuvre dans ce monde. Il n’empêche que des signes encourageants sont également à l’œuvre. Voici le temps de la foi où il ne tient souvent qu’à nous et à l’aide que nous apporte le l’Esprit du Seigneur de voir se manifester ces signes et même d’être appelés à en être acteurs.
Ces temps de préparation à Noël sont particulièrement favorables : solidarité, partage, mobilisation contre toutes formes de maux que sont les maladies, le chômage, les précarités… Ainsi, toutes les initiatives prises par les associations confessionnelles ou non, mise à disposition de lieux d’accueils pour les sans-logis notamment par les paroisses, quoiqu’en pense notre ministre; visite aux prisonniers et colis de Noël à leurs enfants ;  visites aux personnes isolées, repas de Noël ; bref, vous pourriez en trouver d’autres. La réflexion et la mobilisation lancée sur toutes les Communautés catholiques de France, dénommée « Diaconia 2013 », est une réponse à cet appel à la conversion et à la vie fraternelle dans nos paroisses.
                  
         Que Dieu seul puisse établir définitivement le Royaume ne doit pas nous démobiliser. Paul nous encourage à progresser dans l’amour et dans le discernement de ce qui est essentiel. Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ? Des personnes ou des choses ? Avec ou sans Dieu ? Pour moi ou pour d’autres aussi ? Pour tout de suite ou pour plus longtemps ? 
        
         L’évangile d’aujourd’hui se termine par une parole pleine d’espérance et ouverte à toute l’humanité : « Toute chair verra le salut de Dieu ». Puissions-nous, par notre foi et notre charité hâter la venue du Règne de Dieu et que nous, chrétiens ensemble, puissions témoigner de cet amour universel et total de Dieu pour tous.

AMEN !

vendredi 30 novembre 2012

HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C. Lc 21,25-28 ; 34-36 2 Décembre 2012


HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C. Lc 21,25-28 ; 34-36
2 Décembre 2012

“ Redressez-vous, relevez la tête… ” Lc 21,28
 
Apocalyptique, le discours de Jésus annonçant sa venue dans l’Evangile de ce jour. « Le ciel nous tombera sur la tête » selon la menace tant redoutée de nos ancêtres…Comment comprendre ces paroles de la bouche de Celui qui s’est montré « Doux et humble de cœur » ?  
Tout d’abord, à quel moment Jésus les prononce-t-il ? Jésus est dans le Temple de Jérusalem. Les disciples en admirent la beauté. Jésus leur annonce qu’il n’en restera pas pierre sur pierre. A leur question : « Quand cela arrivera-t-il ? » Jésus répond par ce discours de style apocalyptique. C’est un langage codé, pétri d’images de l’Ancien Testament, qu’il ne s’agit pas de prendre au premier degré. Jésus dévoile en effet le projet de Dieu. Contrairement aux philosophes de l’Antiquité qui pensent l’histoire du monde comme un éternel recommencement, Il affirme que cette histoire a un sens ; que le monde a été créé par Dieu et qu’il est appelé à se renouveler avec le retour glorieux du Fils de l’Homme. Cette expression est tirée du livre du prophète Daniel. Dn 7. Dans une vision, celui-ci a vu des bêtes monstrueuses surgir de la mer et ravager successivement la terre. Elles représentaient les différents empires qui ont dominé la région. Elles furent remplacées par un fils d’homme qui vient sur les nuées du ciel et à qui un vieillard assis sur le trône a accordé une domination éternelle, une royauté qui ne sera pas détruite.
Jésus, en évoquant le bouleversement des repères habituels de notre monde (le soleil, la lune et les étoiles) ne fait qu’annoncer l’avènement de ce Royaume, qui ira de pair avec le renversement des pseudo-valeurs de ce monde : violence, mensonge, dérèglements de toutes sortes…de quoi susciter une panique profonde chez ceux qui s’y attachent aujourd’hui.
  Jésus recommande alors de rester éveillés, [mot à mot : « soyez sans sommeil » – (hupnos=sommeil) ] ce qui pourrait signifier deux choses :
·         Sortez de vos « hypnoses » que Jésus énumère dans ce passage d’Evangile : débauche, ivrognerie, soucis de la vie, bref toutes formes d’addictions qui alourdissent le cœur et la volonté…
·         Mais aussi, veiller à suivre les “chemins de justice” dont parlent les psaumes, de chercher à “s’ajuster” à la volonté de Dieu et, par exemple, « à faire aux autres ce que nous aimerions qu’ils nous fassent : là est la Loi et le Prophètes » Matthieu 7, 12.  Nous n’aurons plus à ressentir d’angoisse : nous nous redresserons, nous relèverons la tête, nous rendrons courage et espoir aux gens blessés ou même écrasés par les évènements de leur vie, car notre libération sera proche et nous paraîtrons debout devant le Fils de l’Homme.

Un des signes de l’espérance que nous pourrons montrer au monde, ce sont nos gestes de solidarité, inspirés par la compassion et l’Esprit du Seigneur qui nous rend proche de nos frères. C’est en ce sens que nous sommes appelés par notre évêque et tous ceux de notre pays, au nom de notre Baptême et de notre Confirmation, “à manifester la charité de Dieu, à vivre en actes dans le concret de nos vies, l’amour que nous donne le Père, comme annonce de sa tendresse pour tous les hommes.”     

A la demande de Jésus, prions en tout temps pour demeurer, dans cette attitude de recherche de vie fraternelle ainsi que  d’accueil de la volonté de Dieu. Ce temps de l’Avent nous est propice : préparons dès maintenant la Fête lumineuse et paisible de Noël. 
                                                                   

AMEN !

vendredi 23 novembre 2012

HOMELIE CHRIST, Roi de l’univers B - Jn 18, 33-37. 21 Novembre 2012



HOMELIE CHRIST, Roi de l’univers B -  Jn 18, 33-37.
21 Novembre 2012

Un roi étonnant, alors même qu’il comparait devant le représentant de l’immense empire romain, Pilate, qui a sur lui pouvoir de vie et de mort. Jésus qui, jusque là n’a guère parlé de sa royauté, va la faire affirmer par ce fonctionnaire romain. « C’est toi qui dis que je suis roi » Mais Pilate ne le voit-il pas à la manière des hommes, c'est-à-dire comme celui qui exerce un pouvoir sur les autres hommes, souvent tyrannique et arbitraire ?
Jésus poursuit comme pour ouvrir Pilate à un autre monde : « Moi, je vais te dire comment je suis roi : « Je suis venu dans ce monde, ton monde, pour rendre témoignage à la vérité… »
Mais là encore, de quelle vérité s’agit-il ? Dans la langue biblique, le mot « vérité », en hébreu, “èmeth” est de la même racine que “amen” ou “èmouna”, la fidélité. Comme dans le Psaume 92 d’aujourd’hui : « Dès l’origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es », elle désigne quelque chose de ferme, solide, stable, immuable, sur laquelle on peut s’appuyer, parce qu’elle a fait ses preuves ; quelque chose ou quelqu’un de sûr, de fidèle, qui ne trompe pas, qui ne déçoit pas. Cette vérité alors n’est pas une notion abstraite, philosophique mais une personne. Elle est « l’Alpha et l’Oméga, Celui qui est, qui était et qui vient » (2ème Lecture, Ap 1, 8) qui aura le dernier mot parce qu’Il est l’Amour. Et cette personne vient humblement à notre rencontre pour que nous écoutions sa voix, c'est-à-dire pour que nous l’imitions.
         Pas facile aujourd’hui pour nous de vivre souvent à contre-courant des valeurs présentées par ce monde comme des vérités, alors qu’elles ne sont que des “modes” de pensées ou de comportements ; des orientations de régimes politiques, souvent idéologiques ; ou encore des tendances culturelles véhiculées par un monde médiatique replié sur lui-même. Tout cela passe  avec le temps, chassé d’ailleurs par d’autres “modes” ou courants, souvent opposés.
Mais il ne faut pas se situer sur le même terrain : car si la vérité est une personne, qui est Dieu, elle ne se possède pas. Par contre, si nous écoutons sa voix, comme le propose Jésus à Pilate, alors nous appartenons à la vérité. Nous laissons régner Jésus sur notre vie. Elle devient remplie de pensées, de paroles, de gestes d’amour et même de pardon. Notre manière de vivre révèle, à notre petite mesure, la zone d’influence du Christ et donne sans doute à d’autres l’envie de partager cette appartenance : elle devient évangélisatrice. C’est dire qu’au cœur de nos souffrances et de nos joies, de nos fatigues et de nos attentes, de toutes nos rencontres, il nous faut chercher chaque jour, à nous laisser guider par la Parole et l’Esprit de Celui qui est Vérité et Vie. Cela ne nous dispense pas pour autant de faire appel à notre raison humaine, créée elle aussi par Dieu, mais de le vérifier à la lumière de l’Evangile.
Invitation à des moments de recueillement avec le Seigneur à la lecture de sa Parole et de la voix intérieure de nous-mêmes pour des prises de conscience personnelles, mais aussi écoute de ce que nous disent des témoins actuels de la foi, les personnes en responsabilité, ministres de la Parole ou compétents en certains domaines qui touchent à la fidélité (ou à l’oubli) de la volonté de Dieu : respect de la vie, attention aux pauvres de tout genre et à leur service, recherche de la justice et de la vie fraternelle : c’est en tout point ce que propose la démarche de Diaconia 2013 et ce que nous vous invitons instamment  à suivre pour le 1er Dimanche de l’Avent, à savoir : échanger sur les expériences de partage vécues au niveau des quartiers, de la paroisse et de la ville et mettre en lumière les points forts et les faiblesses rencontrées en matière de solidarité et de vie fraternelle.
Appartenir à la vérité, n’est-ce pas chercher à faire la vérité dans sa vie et finalement trouver Dieu ? Que nos messes dominicales deviennent des moments privilégiés pour l’écoute de la Parole, la rencontre avec Celui qui nous parle au cœur et avec nos frères qui font la même démarche. Ainsi, tout au long de la semaine, le Christ règnera à sa manière, pour notre bien, celui de nos proches et par extension celui de notre humanité. AMEN !