jeudi 7 février 2019

HOMELIE 5ème Dimanche Ordinaire C – Vocation des 1ers Apôtres - Lc 5,1-11 - 10 Février 2019 – Journée des malades.


HOMELIE 5ème  Dimanche Ordinaire  C – Lc 5,1-11
10 Février 2019 – Journée des malades.


« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ! ». Désagréable impression de capturer ou de faire du  prosélytisme malveillant ? Le verbe “prendre” a une connotation possessive qui s’accommode mal avec l’infinie considération que le Christ invite à avoir envers toute personne, dans le respect de sa liberté et de sa conscience.
En fait, le mot “prendre”, dans le texte grec, n’a pas le sens de “s’approprier”. Il signifie “prendre vivant” [zoégrèo contient le mot zoé, qui signifie la “vie” non pas biologique qui se dirait « bios » mais celle qui anime un être]. Et même, il peut signifier : “rendre la vie, ranimer”. Ainsi, Jésus dit à Pierre : « Ne crains pas, désormais ce sont des hommes que tu rendras à la vie ! ». Tâche magnifique que Jésus confie à Pierre et ses compagnons : pas étonnant qu’ils le suivent aussitôt, “quittant tout”.

La scène qui précède est pleine de sens concernant la manière de faire de Jésus. Tout d’abord, il s’adresse à des hommes en plein travail, au cœur de leur activité humaine. Il leur demande un service : « Prête-moi ta barque ». Simon le fait volontiers. Puis s’adressant aux foules restées sur le rivage, Jésus les enseigne. Ayant achevé de parler, il s’adresse à Simon et l’invite à aller pêcher en profondeur : Bathos->bathiscaphe.
Qui est-il ce charpentier pour s’adresser à des pêcheurs professionnels et  les envoyer en plein jour de nouveau pêcher, eux qui n’ont rien pris de toute la nuit ? Simon, qui a dû écouter le Rabbi Jésus, est sans doute frappé par son enseignement et lui répond : « Sur Ta Parole, je vais jeter les filets ». C’est la pêche miraculeuse !
Simon en est tout bouleversé ; son nom même en est changé : il devient “Simon-Pierre” et lui-même ne s’adresse plus à Jésus comme  “Maître” mais comme “Seigneur”.
Quel parcours !
Jésus demande : « Prête –moi ta barque »
Simon la met à sa disposition.
Jésus enseigne, puis les envoie en eau profonde
Simon, qui malgré son expérience, l’écoute.
Simon-Pierre prend conscience de l’écart entre lui et Celui qu’il découvre comme son Seigneur. Jésus l’invite à ne pas craindre et à aller “rendre vie à d’autres hommes”

Simon-Pierre et les compagnons qui quittent tout et partent à la suite de Jésus.

Jésus est-Il aujourd’hui encore pour nous ce Seigneur qui nous demande : « Prête-moi tes oreilles, ta voix, tes mains, tes jambes, ta santé, ton intelligence, ton art, ton cœur, ta foi, ta maladie et ta vieillesse, bref tous tes talents et ta situation de vie, pour communiquer… pour que Je puisse aller au large vers les gens de tous horizons et particulièrement, pour que Je puisse “rendre vie, ranimer” ceux qui en ont le plus besoin, marqués par les épreuves, la maladie, la vieillesse et les pauvretés de tout genre ? »

« Ne crains pas : Je suis avec toi ! » 


                    


. AMEN !

jeudi 31 janvier 2019

HOMELIE 4ème Dimanche Ordinaire C – Lc 4,21-30 3 Février 2019


HOMELIE 4ème  Dimanche Ordinaire  C – Lc 4,21-30
3 Février 2019

« Mais Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ».

 Phrase bien énigmatique face à l’agressivité déchaînée des habitants de son village. Cela ne vous fait pas penser à une autre situation où Jésus va être conduit en-dehors de la ville, jusqu’à un escarpement, pour être précipité en bas ? Jérusalem, le rocher du Golgotha où il sera précipité dans la mort. Mais Jésus n’est qu’au début de son ministère et tout au long, Il va essayer de faire comprendre à son peuple que Dieu son Père aime tous les hommes, ceux qui lui sont proches grâce à sa Révélation, et ceux qui sont loin et n’ont pas reçu cette Révélation, la majorité aujourd’hui dans notre pays.
Les habitants de Nazareth, familiers de Jésus, refusent de voir en Lui plus que le « fils de Joseph, le charpentier ». Et bien même qu’ils aient entendu parler des signes merveilleux qu’Il a opérés à Capharnaüm et dans d’autres villages, ils restent insensibles à la Parole que Jésus vient de lire et qu’Il annonce s’accomplir dans leur “aujourd’hui”, nous l’entendions dimanche dernier : « L’Esprit de Dieu est sur moi… Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres…»
Trop proches ? Sans doute. Aveuglés par les années que Jésus a passées à Nazareth au milieu d’eux et où Il n’a rien dévoilé de ce qu’il était. Alors Jésus va leur rappeler que 800 ans avant lui, les prophètes Elie et Elisée, avaient été envoyés par Dieu auprès de la veuve de Sarepta, près de Tyr, au Liban, pour la secourir miraculeusement de la famine ou auprès de Naâman, le syrien, pour le guérir de la lèpre. Et ces païens crurent au Dieu d’Israël qui s’était manifesté bon et miséricordieux envers ceux qui n’étaient pas de son peuple.

Comment accueillons-nous ce Dieu qui veut se donner à tous ? Qui nous connaît avant même que nous soyons venus au monde, nous le disait Jérémie dans la 1ère Lecture (Jr 1,4) ! Et comment faisons-nous savoir qu’Il veut se donner à tous ? Comment le présenter à ceux qui ne le connaissent pas ?
                   Je me servirais bien volontiers de ce très beau texte de St Paul aux Corinthiens que nous avons entendu aujourd’hui dans la 2ème Lecture (1 Co13,1-13) et que tant de fiancés choisissent pour célébrer leur mariage. Remplaçons le mot amour, “agapè” en grec, par Jésus ou par Dieu : « Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque Jésus, cela ne me sert de rien.

                   Jésus prend patience; Jésus est serviable; Il ne jalouse pas; Jésus ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; Il ne fait rien de malhonnête, ne cherche pas son intérêt, Il ne s’emporte pas, n’entretient pas de rancune; Il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais Il trouve sa joie dans ce qui est vrai. Il excuse tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout. Jésus ne passera jamais ».
                  
                   Paul nous invite à le suivre, Lui qui n’est qu’amour. En gardant sa Parole, en le recevant, Il demeure en nous et il sera possible de parler de Lui, non seulement avec des mots, mais avec des gestes, des actes qui Lui ressemble.
        
                   Je reprends des paroles du pape François qu’il adressait aux jeunes, dimanche dernier au JMJ de Panama : « Etre jeune n’est pas synonyme de salle d’attente de celui qui attend son heure » et « Crois-tu en cet amour de Dieu ? Crois-tu à l’appel de Dieu ? ».
                  
                   Paroles qui ne s’adressent pas qu’aux jeunes mais à nous tous, jeunes de cœur et de foi : alors, accueillons Le Seigneur et présentons-Le à ceux qui sont loin : ne sommes-nous pas tous « le maintenant de Dieu » ?  leur disait-il encore.
AMEN !

jeudi 24 janvier 2019

HOMELIE 3ème Dimanche du Temps Ordinaire C – Début Evangile de St Luc - Lc 1, 1-4 ; 4,14-21 27 Janvier 2019


HOMELIE 3ème Dimanche du Temps  Ordinaire  C –
Lc 1, 1-4 ; 4,14-21
27  Janvier 2019

L’Évangile d’aujourd’hui est fait d’un montage scripturaire qu’autorise la liturgie de l’Église : il commence par le chapitre 1 de l’Évangile de St Luc qui est une introduction. Puis il continue par un passage du 4ème chapitre qui introduit le ministère de Jésus et présente le programme de sa mission. Quel est-il ? « Porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ». Lc 4,18-19

         Voilà son programme : toute l’énergie de Jésus et son attention vont être consacrées à le réaliser jusqu’au dernier souffle sur la Croix. Et Luc a bien fait son enquête, rassemblé les éléments auprès de témoins oculaires, qu’il a lui-même vérifiés et non pas comme ces environ 70 évangiles qui ont proliféré plusieurs dizaines d’années voire de siècles par la suite, que l’on remet régulièrement au goût du jour, prétextant que l’Église les avaient cachés. On les a d’ailleurs désignés par apocryphes de  "apokrupto” caché->crypté.  Nos quatre évangiles ont été retenus en raison du sérieux de leur composition et surtout, parce qu’ils ont été accueillis et gardés par toutes les communautés chrétiennes naissantes.

         Ce programme n’a rien d’un programme pour attirer les suffrages. Il est Parole de Dieu, reprise du prophète Isaïe, célébrée à la synagogue dans le contexte de prière hebdomadaire d’un peuple en attente de son Dieu, ce Dieu qui lui a promis depuis très longtemps sa visite en la personne de son Messie. Et voilà que cette prophétie s’accomplit en la personne de Jésus. Elle n’est plus faite de mots, d’idées : elle est une personne, Jésus. C’est de la personne de Jésus qu’aujourd’hui se réclament les chrétiens de toutes les Églises et Communautés, dont la nôtre, de par le monde. Qu’est-ce qui peut bien nous rassembler malgré nos désunions ?

         Écoutée et partagée entre nous, la Parole de Jésus est notre trésor commun que nous n’avons pas fini de découvrir  et de mettre en pratique. Ensemble, elle nous fait avancer vers notre unité au sein de nos familles, de nos communautés et de nos Églises encore séparées.
         Elle nous donne des points de repères solides dans un monde déboussolé, en particulier lorsqu’il oublie et ne tient pas compte des petits, des opprimés de tous genres et des sans voix.
         Elle change notre regard sur les frères et sœurs moins gâtés par la vie et comme l’exprimait si bien St Paul dans la deuxième lecture, elle nous les font découvrir comme les membres de notre Corps. Elle nous conduit, à travers eux, vers Celui qui s’est fait l’un d’entre eux, le Seigneur Lui-même.
         Cette Parole nous aide encore à nous ouvrir aux autres…qui sont « autres » que nous. Et c’est pourquoi je me réjouis de ces moments où nous pourrons nous retrouver dans une ambiance conviviale dans les grandes fêtes liturgiques ou les temps forts paroissiaux.

         Que ces dimanches, où semaines après semaines, nous entendons la Parole de Dieu et pouvons accueillir le Verbe de Dieu, Jésus, qui s’est fait Pain de Vie pour nous nourrir de son Corps, nous réjouissent et nous fortifient pour marcher vers l’unité.

« Ce jour consacré à notre Dieu est un jour de joie : alors, que la joie du Seigneur soit votre rempart ! »

AMEN !

vendredi 18 janvier 2019

HOMELIE 2ème Dimanche du Temps Ordinaire C Les Noces de Cana : cherchez la mariée !– (Jn 2, 1-11) 20 Janvier 2019


HOMELIE 2ème Dimanche du Temps  Ordinaire  C – (Jn 2, 1-11)
20  Janvier 2019

Les Noces de Cana : cherchez la mariée !

La première démarche de Jésus lorsqu’il inaugure sa vie publique, c’est de se rendre à des Noces, là où se dessinent les plus grands espoirs d’amour, mais aussi les plus grandes déceptions, là où Il compte bien sanctifier le don réciproque qu’est l’amour conjugal.

Qui est présent à ces Noces ? La « mère de Jésus » qui, dans l’évangile de Jean, n’est jamais appelée Marie ; et elle n’est mentionnée qu’ici et au pied de la Croix. Jésus est invité, avec ses récents disciples. Il y a aussi les serviteurs, le maître du repas et l’époux : mais où donc est la mariée ? Qui d’entre nous parlant du dernier mariage auquel il a été invité n’évoque-t-il pas la mariée ?

Marie, voyant le drame que va provoquer le manque de vin à ces noces, intervient auprès de Jésus. Celui-ci lui répond de façon énigmatique, annonçant que son heure n’est pas encore venue, mais exécute la demande confiante de Marie.

Il va se servir de six jarres de pierre d’environ 100 litres, qui servaient aux rituels de pureté des juifs de son temps, pour marquer sans doute le passage et la continuité de la Nouvelle Alliance qu’il va inaugurer un jour avec cette première Alliance voulue par son Père.
Que dit Jésus ?  « Remplissez… Puisez… Portez … ». Il ne dira rien de plus, discret.

Tout se passe ensuite entre l’époux et le maître du repas  qui s’étonne qu’il ait gardé le bon vin après que les gens aient bien bu. Aucun émerveillement de sa part, pas plus que d’enquête pour savoir d’où venait ce vin. Les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé les 600 litres ! Mais cela n’a pas échappé également à d’autres témoins : ce sont les disciples. Ils ont vu cet évènement comme un signe : ils croient en Lui.

Ces noces de Cana sont donc le premier miracle/signe de Jésus. Il inaugure toute Sa vie et  Ses paroles, bref, l’Evangile. Notre réponse en est la foi/confiance en Lui et c’est elle qui nous fait grandir et vivre.

Ce repas de Noces n’annonce-t-il pas encore d’autres Noces qui nous concernent tout autant ?
Celui des Noces de la Nouvelle Alliance, annoncées  par le prophète Isaïe dans notre première lecture d’aujourd’hui. Je cite : « Toi (Jérusalem), tu seras appelée "Ma Préférence", cette terre se nommera "L’Épousée". Car le Seigneur t’a préférée et cette terre deviendra "L’Épousée" … Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu » Is 62,4-5.

En effet, quand l’heure sera venue, le Fils de Dieu épousera la “mariée” (la voilà !), l’humanité en la personne de ceux  qui croiront en Lui, ses disciples. Ils deviendront en même temps les enfants de la mère de  Jésus, au pied de la Croix, mais aussi, Marie, mère de l’Église.

Notre Eucharistie, où le vin cette fois-ci est changé en son sang, fait mémoire de ces Noces avec son Église et nous y participons en mettant notre foi dans ce signe actuel qu’est la communion au Corps du Christ et en essayant de le suivre tous les jours.

En cette semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, prions pour qu’un jour nous puissions partager la même Eucharistie avec tous nos frères et sœurs chrétiens.


AMEN !