jeudi 26 décembre 2024

HOMÉLIE du Dimanche de la SAINTE FAMILLE- C. Lc 2,41-52 - 29 Décembre 2024

 

HOMÉLIE du Dimanche de la SAINTE FAMILLE- C.

29  Décembre 2024 – Lc 2,41-52

         Pourquoi la liturgie de ce Dimanche, présentant en exemple la Sainte Famille, a-t-elle choisi ce récit de l’Évangile où il est question, si ce n’est d’une fugue du Seigneur du moins d’un comportement qui aurait lieu d’inquiéter bien des parents ?

         Est-ce bien l’intention de l’évangéliste St Luc ? Si l’on y regarde bien, son Évangile commence au Temple de Jérusalem, avec Zacharie, prêtre officiant ce jour-là, qui deviendra, à la suite de l’intervention de l’ange Gabriel, père de Jean-Baptiste. Ce même Évangile se termine au Temple, où les Apôtres, le Christ les ayant quittés définitivement à l’Ascension, « étaient continuellement dans le Temple bénissant Dieu » Lc 24,53.

         Le Temple est au cœur de la foi juive. Jésus y est chez Lui. Présenté 40 jours après sa naissance (fêtée au 2 février), il y est présent de nouveau à la “Bar Mitzva”, âge où le jeune juif devient “un fils du précepte”. Il y chassera les vendeurs qui ont dénaturés sa destination : espace de prière pour le peuple et les païens et de rencontre avec Dieu. C’est autour du Temple que trois fois par an, à Pâques, Pentecôte et Soukkot (fête des Tentes) se réunit le peuple juif : c’est leur « Maison de famille ».

Venons-en aux pauvres parents. Le retour à Nazareth, distante de 110 kms, prenait trois jours. Il se faisait par groupe de marcheurs : hommes, femmes, enfants. Ils se retrouvaient aux étapes pour les repas et la nuit. Ne l’ayant pas retrouvé, Marie et Joseph retournent à Jérusalem, angoissés : c’est leur enfant et, de plus, Dieu leur a confié la mission de l’élever.

Vous rappelez-vous ceux qui, en d’autres circonstances, attendront le troisième jour pour retrouver ce même Jésus ? Les Apôtres, bien sûr, et sans doute Marie. Luc n’annonce-t-il pas la Pâque à venir où Jésus, après s’être donné Pain de Vie à la Sainte Cène, donnera sa vie pour ressusciter le troisième jour ? Ne manifestera-t-Il pas alors sa nature humaine, par sa mort, et sa nature divine, par sa résurrection ?

Ce passage d’Évangile ne nous manifeste-t-il pas la même intention ?

Quelle est la question de Marie à son Fils Jésus ?  « Enfant, pourquoi as-tu agi ainsi envers nous ? Vois, ton père et moi nous te cherchions angoissés ? » De quel père s’agit-il ? De Joseph.  Et que répond Jésus ? « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ! » De quel père s’agit-il ? De Dieu. En deux phrases, Luc exprime le merveilleux mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu : homme par sa mère et son père adoptif, Joseph; Dieu par son Père céleste.

Marie ne comprend pas tout, mais devine le mystère auquel elle avait accepté de participer plus de 12 ans auparavant. Elle n’a pas fini de le comprendre. Il faudra encore qu’elle passe par la mort de son Fils pour découvrir sa Résurrection et comprendre définitivement le dessein miséricordieux de Dieu. Pour l’heure, elle garde tout cela en son cœur.

Marie, Joseph et Jésus sont repartis pour Nazareth où jusqu’à environ 30 ans, Jésus restera auprès d’eux, dans le cadre quotidien de la vie en famille, grandissant en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes. N’est-ce pas la vocation de toute famille qu’un père et une mère accompagnent ainsi les enfants qui leur sont donnés ?

Nous prierons pour les familles douloureusement affectées par le décès d’un père ou d’une mère, d’un enfant ou par le départ de l’un ou l’autre, qui a quitté la vie familiale. Nous prierons pour nos sociétés à l’échelon mondial, où toutes sortes de déviations matérielles, égoïstes, culturelles plongent nombre de familles dans la misère et la pauvreté spirituelle. Cela ne doit pas nous faire oublier le dessein premier et merveilleux de Dieu vis-à-vis des familles et la foi et la joie de ceux qui veulent en fonder une avec son aide pleine d’amour.

AMEN !

samedi 21 décembre 2024

HOMÉLIE 4ème Dimanche de l’AVENT- C. "La Visitation "Lc 1, 39-45 - 22 Décembre 2024

 

HOMÉLIE 4ème Dimanche de l’AVENT- C. Lc 1, 39-45

22  Décembre 2024

 

La Visitation

 

         En ce dernier dimanche avant Noël, l’Église nous présente le récit de la rencontre de deux femmes à la fois semblables et différentes. Elles sont profondément croyantes et attendent toute deux un enfant ; elles sont bien différentes : l’une est âgée, l’autre jeune ; l’une était stérile, l’autre vierge.

         Ce récit, déjà plein de fraîcheur et de joie, n’est pas seulement celui d’une rencontre familiale entre deux générations. Il présente la réalisation déjà commencée de la venue du Seigneur dans notre humanité. Cette bonne nouvelle, annoncée par l’ange Gabriel à Zacharie puis à la vierge Marie, a reçu toute la confiance de ces deux femmes et nous voyons que le Seigneur les a comblées de joie.

         Ces deux femmes portent en leur propre corps  deux petits d’homme, et pas n’importe lesquels. Jean-Baptiste, le "Précurseur", et Jésus," Dieu Sauveur". Toutes deux, remplies par leur foi en l’Esprit Saint, vivent un temps d’engendrement : comme toutes les mères, temps de joie et de souffrance en vue de la mise au monde, d’une naissance.   

Dans l’Histoire du Salut, nous sommes à une charnière : celle de la Première Alliance avec la Nouvelle Alliance. Élisabeth et Zacharie représentent la Première Alliance. Ils sont âgés. Ils ont vécu longtemps avec le désir d’enfant qui semblait ne pouvoir se réaliser. Il y a en eux comme la longue attente messianique soutenue par les prophètes tout au long de la Première Alliance. Avec la venue de Jean-Baptiste, leur attente est comblée, signe que cette Première Alliance trouve son accomplissement.

         Marie est jeune et vive. Elle porte en elle le Seigneur. Elle vient l’annoncer à sa cousine et préfigure la Communauté chrétienne, l’Église, qui porte aussi en elle son Seigneur.

         N’y a-t-il pas, dans notre vie, notre propre temps d’engendrement à la volonté de Dieu et comment se fait-il ?

         Il se ferait, comme pour ces deux femmes, par la grâce  du Seigneur donnée par l’Esprit-Saint,

esprit de sagesse et de discernement,

esprit de conseil et de force,

esprit de connaissance et de crainte du Seigneur

Qui inspirera la crainte du Seigneur. (Is, 11,2)

 

Sagesse qui donne la capacité de diriger sa vie,

   et Discernement qui aide à la pratiquer dans des situations difficiles.

Conseil qui permet de prendre des décisions

   et Force qui soutient leurs exécutions.

Connaissance qui est la science de Dieu

   et Crainte du Seigneur qui est le respect filial envers Dieu

   Toutes ces vertus, qu’il faut demander et mettre en valeur dans nos vies, construisent une vie chrétienne éclairée, forte de l’Esprit-Saint qui en est à l’origine.

      Depuis notre Baptême, suivi de notre Confirmation, nous sommes devenus "Temple de l’Esprit-Saint: « Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Cor 3,16).                                                                                      

Avec Marie et Élisabeth, qui l’avaient si bien accueilli, prenons davantage conscience de Sa présence en nous, et en nous approchant, avec les bergers et bientôt les roi-mages, de Celui qui s’est fait pain dans une mangeoire la nuit de Noël, communions avec joie à sa Vie.

AMEN !

mercredi 11 décembre 2024

HOMÉLIE 3ème Dimanche de l’AVENT- C. – "Gaudete" réjouissez-vous ! Dimanche de la Joie ! - Lc 3, 10-18 - 15 Décembre 2024

 

HOMÉLIE 3ème Dimanche de l’AVENT C. – Lc 3, 10-18

15 Décembre 2024 

 

"Gaudete",  Réjouissez-vous ! Dimanche de la Joie !

               Les deux magnifiques textes des premières lectures de ce 3ème Dimanche de l’Avent donnent le ton vers l’approche de la fête de la Nativité : « Soyez toujours dans la joie !" (Ph 4,4).  Et quelle en est la source ? « Le Seigneur ton Dieu est en toi » (So 3,17).

               L’Évangile vient à point pour nous faire garder les pieds sur terre, et, à l’époque, les gens en recherche de Dieu qui viennent trouver Jean-Baptiste vont lui demander : « Que devons-nous faire ? ». Va –t-il leur demander de tout quitter pour le suivre et vivre comme lui dans l’attente du Messie ?  Va-t-il demander aux fonctionnaires des impôts de quitter leur métier malhonnête ? Va-t-il dire aux soldats de déserter ? Rien de tout cela, mais à tous, il demande d’être compatissants, de partager avec ceux qui manquent de l’essentiel ; aux fonctionnaires des impôts, d’être juste, de ne pas abuser de leur fonction par cupidité ; aux soldats, de respecter toute personne. Rien qui ne soit hors de portée ou héroïque. Simplement se convertir : incarner simplement la Parole de Dieu dans leurs vies ;  suivre attentivement la Loi donnée par Dieu : bref, si l’on y regarde bien, pour accueillir Dieu, il leur demande simplement d’être “humain”, profondément humain, c'est-à-dire d’être ce qu’ils sont par création, par nature : image, « icône » de Dieu. Cette « icône », notre « icône » n’est-elle pas bien souvent salie par nos égoïsmes, nos orgueils, nos injustices, nos erreurs, nos violences… Il faut la laver et la purifier et c’est bien le baptême d’eau que Jean-Baptiste donnait en demandant à ceux qui venaient l’interroger de retrouver ce qui était profondément humain en eux. N’est-ce pas la première démarche à faire pour revenir vers le Père, le Créateur ?

Le Messie vient apporter un autre baptême : « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » De l’être humain que nous sommes, Il vient en faire un fils ou une fille de Dieu. Cela ne peut se faire que par le don de Dieu Lui-même, par l’Esprit Saint. Il vient habiter en nous pour nous apprendre à aimer et pour brûler tout ce qui en nous résiste à cet amour pour Lui et pour les autres. Par la foi vécue selon l’Évangile, Il nous transforme petit à petit en filles et fils bien-aimés du Père, essayant, bien qu’imparfaits, de ressembler au Fils bien-aimé.

         La véritable source de joie, parce que le Seigneur est en nous ne vient-elle pas à la fois de vivre en profondeur notre humanité et de vivre du don de l’Esprit Saint en nous qui nous fait comprendre combien le Seigneur nous aime et combien Il nous apprend à aimer à notre tour.

         Mais prenons garde ! Jean-Baptiste insiste vigoureusement sur l’urgence de prendre position. A l’aide d’images empruntées au monde rural de son temps, Jean évoque la séparation du grain et de la paille, la distinction entre les « bons » et les « méchants ». Nous savons bien que cette ligne de partage passe au milieu de chacun de nous, entre ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur. Par ces paroles tranchantes, Jean-Baptiste place chacun de nous face à sa propre vie, ses propres choix. Loin de nous attrister, cela nous conduit tout droit vers Celui qui nous aime mieux que tous et nous permet d’aimer en vérité pour notre plus grande joie et notre plus grand bonheur.

Cherchons donc à être pleinement “humains”, avec ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine. Jésus ne l’a-t-Il pas sanctifiée en passant la plupart de sa vie humblement  parmi nous, à Nazareth ? Mais demandons-lui aussi, jour après jour le don de l’Esprit-Saint du Père qu’Il nous  “divinise” dans le feu de son amour et le don de nous-mêmes. 

AMEN !

jeudi 5 décembre 2024

HOMÉLIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C. “ Toute chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3, 1-6 - 8 Décembre 2024

 

HOMÉLIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C.  Lc 3, 1-6

8 Décembre 2024

 

Toute chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3,6

 

        Le début solennel de cet évangile manifeste l’irruption de la Parole de Dieu dans l’Histoire. C’était au début de notre millénaire, vers l’an 28, au temps de l’empereur Tibère, du gouverneur Ponce Pilate, des princes Hérode, Philippe et Lysanias, des grands prêtres Hanne et Caïphe, bref du beau monde. Alors, “il y eut une parole de Dieu sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert”. La foi chrétienne repose non pas sur des idées mais sur quelqu’un : Dieu qui nous parle. C’est pourquoi, les chrétiens ne sont pas les gens du Livre mais de la Parole vivante.

        Et justement, dans cet évangile, on ne parle pas de Jésus, mais quelque chose se prépare, annoncée par une Parole, qui va bouleverser le monde. Et Jean-Baptiste se met en mouvement : il parcourt la région fertile du Jourdain, en bordure du désert, proclamant un “plongeon” (c’est ce que signifie le mot « Baptême ») plongeon de conversion, de retournement pour le pardon des péchés. Ainsi s’accomplit la prophétie d’Isaïe. Dieu est fidèle et sa parole réalise toujours ce qu’elle dit.

        Tous les textes de ce 2ème dimanche de l’Avent sont tournés vers l’avenir. Ils annoncent un évènement qui vient, qui sera joyeux parce que le peuple, proclamait Baruch, sera conduit par Dieu à la lumière de sa gloire et escorté de sa miséricorde et de sa justice.

        Oui, c’est bien beau tout çà, mais çà tarde à venir car le monde est loin d’être transformé et il est bien souvent en pleine souffrance ! Ce n’est que trop vrai aujourd’hui encore. Par son ministère, par sa mort sur la Croix et par sa Résurrection, le Christ a inauguré le Royaume de Dieu ; Il en a donné les signes, mais ce ne sont encore précisément que des  arrhes, comme un début du Royaume (en effet, un acompte, c’est une somme d’argent que l’on avance quand on achète quelque chose et qui garantit pour l’avenir le versement total). Jésus a bien vaincu le mal et la mort, mais le mal et la mort sont encore à l’œuvre dans ce monde. Il n’empêche que des signes encourageants sont également à l’œuvre.

Voici le temps de la foi où il ne tient souvent qu’à nous et à l’aide que nous apporte l’Esprit du Seigneur de voir se manifester ces signes et même d’être appelés à en être acteurs.

Ces temps de préparation à Noël sont particulièrement favorables : solidarité, partage, mobilisation contre toutes formes de maux que sont les maladies, le chômage, les précarités… Ainsi, toutes les initiatives prises par les associations confessionnelles ou non, visite aux malades dans les hôpitaux, visites aux séniors dans les EHPAD ; aux prisonniers et colis de Noël à leurs enfants ;  visites aux personnes isolées, repas de Noël réveillons de fin d’année; bref, vous pourriez en trouver d’autres. Face aux découragements de tous ordres ou même à la déprime qui frappent notre pays, il y a une réponse à cet appel à la conversion et à la vie fraternelle.

L’année Jubilaire qui s’annonce pour le monde entier invite à l’Espérance, à ne pas confondre à nos espoirs immédiats qui font les bienvenus, mais à la grâce d’Espérance que Dieu Lui-même donne à ceux qui Lui demande et qui change totalement le regard sur l’Avenir

Que Dieu seul puisse établir définitivement le Royaume ne doit pas nous démobiliser. Paul nous encourage à progresser dans l’amour et dans le discernement de ce qui est essentiel. Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ? Des personnes ou des choses ? Avec ou sans Dieu ? Pour moi ou pour d’autres aussi ? Pour tout de suite ou pour plus longtemps ?  

        L’Évangile d’aujourd’hui se termine par une parole pleine d’espérance et ouverte à toute l’humanité : « Toute chair verra le salut de Dieu ». Puissions-nous, par notre foi et notre charité hâter la venue du Règne de Dieu et que nous, chrétiens ensemble, puissions témoigner de cet amour universel et total de Dieu pour tous.

AMEN !