JOSEPH, modèle pour les prêtres, les consacrés et leurs parents,
face à la vocation de leurs enfants.
Présentation de Joseph dans les Évangiles
Joseph est d’abord mentionné dans les deux généalogies de Jésus données, l’une par Mathieu (Mt 1,16) :
« Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ » l’autre par Luc l’autre par Luc (Lc 3,23) :
« Jésus à ses débuts avait environ 30 ans. Il était fils, croyait-on de Joseph, fils de Héli… ».
Il est ensuite présenté par Matthieu, tout de suite après la généalogie de Jésus, comme le fiancé de Marie (Mt 1,18-20) « Voici quelle fut l’origine de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph ; or avant qu’ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit Saint ».
Lorsqu’il apprend la nouvelle, Joseph résolut de la répudier secrètement, mais un ange lui apparaît en songe et lui dit de prendre Marie comme épouse et de donner à son fils le nom de Jésus. Ce qu’il fit.
Obéissant à un décret de César « pour recenser le monde entier », Joseph se rend avec Marie à Bethléem, car il était de la famille de la descendance de David. C’est là que naîtra Jésus. 40 jours après, ils se rendent au Temple de Jérusalem pour présenter Jésus au Seigneur (Lc 2,22). Puis Joseph, avertit une nouvelle fois par un ange, (Mt 2,13) se retire avec Marie et Jésus en Égypte pour, averti par un nouveau songe (Mt 2,19.23), retourner définitivement à Nazareth exercer son métier de charpentier.
Lorsque Jésus aura 12 ans, ses parents montent à Jérusalem pour la fête de la Pâque. (Lc 2,41). Ils retrouvent leur enfant dans le Temple, « assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger » (Lc 2,46).
Les Évangélistes n’ont retenu aucune parole de Joseph. Parfois même, à propos de Jésus, il n’est désigné que par son métier : (Mc 6,3-Mt 13,55) « N’est-ce pas le fils du charpentier ». (Lc 4,22) « N’est-ce pas là le fils de Joseph ». Par contre Jean le cite bien, en référence à Jésus : (Jn 1,45) « Jésus le fils de Joseph, celui de Nazareth » (cf. aussi Jn 6,42). [Cette absence de généalogie, mentionnant Joseph, dans l’Évangile de Marc pourrait s’expliquer par le fait qu’un charpentier, vivant à Nazareth en dehors de sa tribu, n’a pas le droit héréditaire à la terre, et que les généalogies servaient surtout à observer ces droits dans les familles et les clans. Dictionnaire Biblique Universel, p. 390]
Le culte de Joseph dans l’Église
La dévotion à St Joseph est très ancienne dans l’Église, les évangiles apocryphes (protévangile de Jacques vers 150 et surtout l’histoire de Joseph le charpentier entre 300 et 600) viennent combler la discrétion des Évangiles sur sa personne. Bien que diffusés d’abord en Orient, puis par l’Irlande en Occident, l’Église ne leur reconnût aucune authenticité.
Le culte de Joseph n’apparaît qu’au XV° siècle grâce à Jean Gerson (1363-1429 et surtout saint Bernardin de Sienne (1380-1444) et leurs efforts aboutirent à la création de la fête de St Joseph le 19 mars 1479 : elle est obligatoire et chômée
De multiples saints et de multiples papes furent d’ardents propagateurs de sa dévotion dont Ste Thérèse d’Avila, St François de Sales. Pie IX le déclare patron de l’Église universelle (1870); Léon XIII le place parmi les saints, juste après la Vierge Marie ; Benoît XV le désigne comme patron des ouvriers (1920) ; Pie XII le fait célébrer le 1er mai, fête des travailleurs et Jean XIII introduit son nom dans le Canon romain de la messe. [THEO p. 920 c]
Qui est St Joseph ?
Son nom biblique signifie en hébreu : « Que [Dieu] ajoute » sous-entendu, d’autres enfants à celui qui vient de naître.
Dans l’Évangile de Matthieu, Joseph "était juste " Mt 1,19.
En grec, Dikaios dikaioV; en hébreu, Tsadik qYIRaC ;
Est "juste" celui qui veut ce que Dieu veut qu’il soit, c’est-à-dire être dans l’Alliance grâce à une vie conforme à la volonté divine exprimée dans cette Alliance.
Joseph le montre bien lorsqu’il apprend que sa fiancée est enceinte. Fidèle à la loi juive, il doit répudier sa future femme (Dt 24,1). Mais connaissant la pureté et la droiture de Marie lui annonçant sa conception par le fait de l’Esprit Saint, il en refuse la disgrâce et décide de la répudier secrètement. Peut-être aussi, devant le mystère de cette conception, il ne veut pas se faire passer pour le père de cet enfant divin et qu’il n’a plus de droit sur sa mère. C’est alors que l’ange lui fait comprendre en songe confirme ce que lui avait révélé Marie et lui donne mission, non seulement de l’accueillir comme fils, mais de lui donner son nom, Jésus.
En cela, Joseph se montre pleinement juste, "totalement ajusté à la volonté de Dieu" qui va s’exprimer dans une obéissance totale à ce que Dieu va lui demander. Il rejoint les justes de la Bible ; Abel le juste, frère de Caïn, dont l’offrande est agrée par Dieu ( Gn 4,4 cité par Mt 23,35) ; Zacharie et Elisabeth, parent de Jean le Baptiste, « qui étaient justes devant Dieu et suivaient d’une manière irréprochable tous les commandements et ordonnances du Seigneur » ; Ceux qui lors du jugement dernier se découvrent "justes" car ils ont répondus aux besoins de leurs frères dans leurs détresses (Mt 25, 37-46) et bien sûr, Jésus Lui-même, qui lors de son procès est déclaré "juste" de façon tout à fait inattendue par la femme de Pilate. (Mt 27,19).
« Joseph est honoré par l’Église pour la manière dont il ‘a cessé de se conformer avec foi à la parole de Dieu et pour la coopération, que ce faisant, il a apporté à la réalisation du plan de Dieu pour le salut des hommes. » (THEO p.91)
Enfin, voici comment Saint Bernardin de Sienne, franciscain du XV° siècle, [propagateur de la dévotion au saint nom de Jésus symbolisé par les trois lettre I.H.S., initiales de l’expression latine de « Jesus Hominum Salvator » (Jésus Sauveur des hommes)] présentait ainsi St Joseph dans une homélie :
« Comment un esprit clairvoyant peut-il penser que l’Esprit-Saint ait uni d’une union si étroite à l’âme d’une vierge si grande quelque autre âme, sans que celle-ci lui fût très semblable par la pratique de ses vertus ? Je crois que St Joseph fut le plus pur des hommes en virginité, le plus profond en humilité, le plus ardent en amour de Dieu et en charité, le plus élevé en contemplation » (THEO p. 91)
Joseph, modèle pour les prêtres, les consacrés et pour leurs parents, face au mystère de leur vocation ?
La vocation de vos enfants ont certainement pu vous interroger face à l’aventure humaine et spirituelle dans les engagements qu’ils auront à prendre pour bien les mettre en pratique, y être fidèles et heureux.
Ne pas oublier d’abord qu’en général, ces engagements ont été précédés par une vie droite, vécue dans la foi ou un évènement de profonde conversion, suivi par la perception plus ou moins éclairée à être davantage uni à Dieu et à le servir, qui se précise comme un appel de Dieu. Il faudra parfois du temps pour qu’il soit confirmé par un accompagnateur ou son entourage et reçu par les responsables d’une Église diocésaine et de son pasteur l’évêque ou le supérieur religieux.
Forts de ces encouragements, avant les engagements définitifs, grandissant dans la foi en la Trinité Sainte, Père, Fils et Esprit-Saint, ils s’appuieront davantage sur Elle et tout ce qu’Elle nous a fait connaître par les Paroles exprimées dans les Saintes Écritures mais aussi, par les témoignages de ceux qui en vivent. En cela, ils peuvent s’en référer à la personne de St Joseph.
En quoi vos enfants vous feraient-ils penser à St Joseph ?
En quoi leur ressembleraient-ils ?
En quoi sont-ils différents ? Que leur manqueraient-ils ?
Quelques critères :
ü Sa foi totale
ü Sa "justice", ajustement à la volonté de Dieu.
ü Son ouverture aux projets de Dieu à travers les dispositions pastorales de son Église : Concile, Synode, année jubilaire, encycliques…
ü Son obéissance [de l’étymologie : ob-audire, écouter et comprendre]
ü Sa force et son courage face à la réalité et aux évènements.
ü Sa grande humilité [il n’intervient pas comme Marie dans la vie publique]
ü Sa sensibilité et son affection que l’on devine vis-à-vis de Marie et de Jésus [Il refuse sa disgrâce ; il s’inquiète avec elle sur la fugue de son fil]
Et enfin, comment en ce lieu, ne pas imiter sa bienveillance, vertu qui nous est si utile et importante pour accueillir avec écoute et respect tous ceux qui, au nom de notre vocation presbytérale ou religieuse, s’adresseront à eux en toute confiance !